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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !19 mai 2024
Que dit le code du travail sur l'allaitement au travail ? Les conseils de Naturelle Maman

Allaiter au travail, ce que vous devez savoir avant de vous décider

Vous allaitez votre bébé mais vous devez bientôt reprendre le travail ? Vous vous demandez comment concilier votre allaitement et votre activité professionnelle ? Voici quelques points clés à connaître avant de décider si vous souhaitez continuer à allaiter.

Pour mes trois enfants, j’ai pris un congé parental pour allaiter.

J’ai fait le choix de ne plus être payée parce que je savais que je n’arriverais pas à quitter mes bébés deux mois et demi seulement.

Honnêtement, je ne me serai pas vue tirer mon lait dans les entreprises où j’ai bossé.

Rien n’était aménagé pour. Et personne ne l’avait fait avant moi.

Pourtant, je connais pleins de femmes qui ont fait ce choix courageux et si bénéfique pour leur bébé. J’en profite pour leur dire toute mon admiration !

Alors si vous allaitez et que vous hésitez à continuer ou à arrêter d’allaiter au moment de la reprise du travail, voici quelques éléments a connaître qui vous aideront peut-être à vous décider.

Le congé maternité, un facteur clé

La durée du congé maternité est un élément déterminant pour la réussite de l’allaitement. Plus il est long, plus il vous permet de vous adapter à la demande de votre bébé et de réguler votre production de lait.

Les études le montrent : les pays qui offrent un congé maternité généreux ont des taux d’allaitement plus élevés que ceux qui le limitent.

Par exemple, en Scandinavie, où les mères bénéficient de plusieurs mois de congé payé et d’un soutien social fort, l’allaitement est très répandu et dure longtemps (1,2).

A l’inverse, aux Etats-Unis, où le congé maternité n’est que de 12 semaines non rémunérées, l’allaitement est souvent abandonné dès la reprise du travail .

En France, le congé maternité est de 16 semaines pour le premier enfant, et peut être prolongé en cas de pathologie ou de naissance multiple. C’est mieux que rien, mais c’est encore insuffisant pour beaucoup de femmes qui souhaitent allaiter.

Selon une enquête de l’Inpes réalisée en 2009 , la plupart des femmes interrogées estiment que la durée du congé maternité est importante dans la décision d’allaiter son enfant, et qu’elles auraient continué si le congé avait été plus long.

Les données de la cohorte Eden confirment cette tendance : plus les femmes doivent retourner au travail tôt et moins l’allaitement est maintenu à 4 mois. (3)

Le travail, un obstacle à l’allaitement ?

Le retour au travail représente donc un frein majeur à l’allaitement. Il est souvent invoqué comme une cause principale du sevrage (4,5,6).

Mais est-ce une fatalité ? Est-ce que travailler signifie forcément arrêter d’allaiter ? Pas forcément. Il existe des solutions pour concilier les deux, à condition d’être motivée, informée et soutenue.

La première solution consiste à tirer son lait au travail, et à le conserver au frais pour le donner à votre bébé le lendemain.

Cela permet de maintenir la lactation, d’éviter les engorgements, et de continuer à nourrir son enfant avec son propre lait.

Pour cela, il faut s’équiper d’un tire-lait efficace et confortable, se trouver un endroit calme et discret pour tirer son lait (idéalement une salle dédiée), et prévoir des biberons ou des sachets adaptés pour la conservation de votre lait.

La deuxième solution consiste à pratiquer l’allaitement mixte, c’est-à-dire alterner entre le lait maternel et le lait artificiel. Cela permet de réduire la fréquence des tétées sans arrêter complètement l’allaitement. Pour cela, il faut introduire progressivement le lait artificiel quelques semaines avant la reprise du travail, en commençant par une tétée par jour, puis en augmentant selon les besoins. Il faut aussi continuer à allaiter le matin et le soir, voire la nuit si le bébé en a envie.

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Allaitement au travail : Que dit le code du travail ?

Le Code du travail français prévoit des mesures pour vous aider à concilier votre vie professionnelle et votre vie de maman, mais vous allez voir qu’elles ne sont malheureusement pas toutes en votre faveur, notamment en ce qui concerne la rémunération des temps de pause consacrées à l’allaitement…

Un local adapté pour allaiter

L’article L. 224-3 du Code du travail pose le principe général selon lequel « la mère peut toujours allaiter son enfant dans l’établissement », à condition qu’il y ait un local spécialement aménagé pour cela.

Cet espace doit être séparé des autres espaces de travail, propre, chauffé, et équipé d’un point d’eau et de sièges confortables. Vous ne pouvez y laisser votre enfant que le temps nécessaire pour l’allaiter.

Si votre entreprise emploie plus de cent femmes, elle peut être obligée de mettre en place une “chambre d’allaitement” selon l’article L. 224-4, qui ressemble plus à une crèche qu’à un simple local. Dans ce cas, pas moins de 20 articles du Code du travail détaillent les normes à respecter en termes d’aménagement et d’équipement.

Des pauses allaitement d’une heure par jour à répartir en deux fois

La loi vous accorde également du temps pour allaiter pendant vos heures de travail. Selon l’article L. 224-2, vous avez droit à une heure par jour… mais seulement pendant la première année de votre enfant.

Cette heure est répartie en deux pauses de trente minutes, une le matin et une l’après-midi. Vous devez vous mettre d’accord avec votre employeur sur le moment où vous prenez ces pauses. Si vous n’arrivez pas à trouver un arrangement, les pauses sont placées au milieu de chaque demi-journée de travail.

Une rémunération maintenue ?

La mauvaise nouvelle, c’est que les pauses pour allaiter ne sont pas considérées comme du temps de travail effectif. Cela signifie que vous n’êtes pas payée pour ces pauses, sauf si votre convention collective le prévoit.

Vous pouvez donc voir votre salaire diminuer si vous choisissez d’allaiter au travail…

Allaiter au travail, un droit à faire valoir

Allaiter au travail est un droit reconnu par la loi française, mais il est souvent méconnu ou ignoré par les employeurs et les salariés. Si vous souhaitez bénéficier de ce droit, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des services compétents, à dialoguer avec votre employeur, et à demander conseil à des associations ou des professionnels de santé pour bénéficier d’aménagements adaptés à vos besoins.

Quelques conseils pour faciliter votre allaitement si vous recommencez à travailler

Si votre choix est fait et que vous souhaitez allaiter et travailler, voici quelques astuces qui devraient vous faciliter la vie.

Louez un tire-lait électrique double à la pharmacie

Peu de femmes le savent mais avec une simple ordonnance de votre sage-femme, vous pouvez louer un super tire-lait électrique double à la pharmacie qui vous sera intégralement remboursé par la sécurité sociale.

Les avantages d’un tire-lait électrique double commencent par un gain de temps. C’est un calcul simple (et évident) : Il faut 10 à 15 minutes pour tirer le lait de chaque sein, ce qui réduit de moitié le temps nécessaire pour tirer le lait des deux seins.

Mais il ne s’agit pas seulement d’un gain de temps. C’est aussi une question de productivité.

Le fait de stimuler vos deux seins en même temps augmente la quantité de lait exprimée.

Il est également plus facile (et moins fatiguant pour les bras) d’utiliser un soutien-gorge adapté pour le tire-lait comme le soutien-gorge d’allaitement et d’expression de lait 3-en-1 chez Medela.

Cela vous permettra de continuer à travailler si vous en avez envie, ou simplement de vous reposer sans avoir à tenir le tire-lait.

Respectez un emploi du temps régulier pour tirer votre lait

À quelle fréquence devriez-vous tirer votre lait pendant votre journée de travail ? Cela dépend de la fréquence à laquelle votre bébé est nourri à la maison. Mais dans l’idéal, essayez de respecter le même horaire chaque jour.

Pomper à heure fixe est également essentiel pour maintenir votre production de lait. Si votre corps reçoit le message qu’un de vos seins n’a pas été vidé, il regulera automatiquement la production de lait qui diminuera pour éviter un engorgement.

Autre conseil ? Si vous laissez votre bébé à la crèche ou chez une nounou, essayez d’organiser votre emploi du temps de manière à l’allaiter au moment où vous le déposez et le récupérez. Cela vous permettra d’augmenter les tétées avec lui avec tout en diminuant les séances de tire-lait au travail.

Choisissez bien l’endroit où vous allez tirer votre lait

Tirer votre lait au travail peut vous mettre mal à l’aise. Vous n’aurez aucune envie de le faire dans un endroit où on pourrait vous entendre ou dans une salle de bains où la propreté et l’intimité ne sont pas garanties.

Dans l’idéal, cet espace devrait être équipé au moins :

✅ d’une porte qui se ferme à clé pour s’assurer que personne ne puisse vous déranger.
✅ d’un fauteuil confortable près d’une prise électrique pour brancher votre tire-lait.
✅ d’une table où poser votre tire-lait et les autres accessoires dont vous avez besoin pour conserver votre lait.

Regardez des photos ou des vidéos de votre bébé

Il n’y a rien de tel que de tenir son bébé dans ses bras pour enclencher le réflexe d’éjection du lait.

Alors si votre lait tarde à sortir quand vous êtes au travail, trompez vos sens pour faire croire à votre cerveau que votre bébé est là.

Une fois le tire-lait bien en place, vous pouvez regarder des vidéos ou des photos de votre bébé ou bien sentir un petit vêtement ou un doudou qui sent l’odeur de votre bébé.

Au bout de quelques secondes, vous devriez sentir un fourmillement qui annonce votre réflexe d’éjection du lait.

Et vous ? Est-ce que vous avez continué à allaiter votre bébé après la reprise du travail ? Comment ça s’est passé ? Est-ce que votre employeur vous a soutenue et accompagnée ? Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite continuer à allaiter en travaillant ? Partagez votre expérience avec la communauté des naturelles mamans !

Anne-Laure Wright

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Sources

(1) Gudny Bjork Eydal. « Politiques de la petite enfance dans les pays nordiques« , Lien social et
Politiques n° 50, 2003, p. 165- 184

(2) Lande B et al. « Infant feeding practices and associated factors in the first six months of life:
the Norwegian infant nutrition survey
« , Acta Paediatr 2003, 92 : 152-161

(3) Bonet M, Marchand L et al. « Breastfeeding duration, social and occupational characteristics
of mothers in the French « EDEN mother-child » cohort
. Matern Child Health J. 2013;17(4):714-22.

(4) Gielen AC et al. « Maternal employment during the early postpartum period: effects on
initiation and continuation of breast-feeding
« . Pediatrics. 1991;87(3):298–305.

(5) Kurinij N et al. « Does maternal employment affect breastfeeding? » Am J Public Health.
1989;79(9):1247–50.

(6) Ryan AS et al. « Breast-feeding and the working mother : a profile« , Pediatrics.
1989;83(4):524–31.

2 Comments

  1. Ludivine Reply

    Pour ma part je travaille dans une petite entreprise de revente et je dois m’enfermer dans la réserve pour tirer mon lait et pire, mettre mes sachets de lait au frigo à côté du repas de mes collègues, je trouve ça très gênant. Mais à côté de ça je n’ai aucune envie d’arrêter un allaitement qui dure depuis 6 mois et se passe à merveille. Mais c’est vrai que c’est loin d’être facile et encouragé..

  2. Evita G. Reply

    Merci naturelle maman pour cet article que je lis alors que j’ai repris le travail cette semaine… Mon boss m’a proposé les toilettes pour tirer mon lait et averti que mes pauses ne devaient pas excéder 30 minutes deux fois par jour et devaient être rattrapées… Je vais devoir rester une heure de plus au boulot alors que ma fille vient d’entrer à la crèche c’est inhumain je suis dégoûtée…

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