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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !18 janvier 2022
Récit d'AVAC sur naturelle maman

Accouchement de Juliette « Mon AVAC, ce moment parfait et hors du temps »

Le premier accouchement de Juliette, la naissance de ses jumeaux, ne ressemblait en rien à ce qu’elle espérait et s’est terminée par une césarienne d’urgence. Alors pour réussir à vivre un AVAC (accouchement par voie basse après une césarienne) elle a dû abandonner ses peurs, bien s’entourer et faire pleinement confiance au processus de la naissance en restant présente dans l’instant. Son histoire d’accouchement puissante nous montre qu’il est possible, même après une césarienne d’urgence, de se donner une seconde chance pour se réapproprier son corps, ses sensations et la naissance de son enfant.

Le récit d'AVAC de Juliette sur Naturelle Maman
Juliette et son mari avec leurs jumeaux © Maylis Fortune Photographie

« J’ai eu une expérience d’accouchement complètement traumatisante en 2013 avec une césarienne d’urgence pour mes jumeaux.

Le traitement que j’ai reçu à l’hôpital était épouvantable…

Pour vous en donner un aperçu : je suis restée 6 heures seule sans mon mari, sans mon téléphone, sans AUCUNE nouvelle de mes bébés.

Et ce n’était que le début des mauvais traitements et des erreurs médicales en cascade !

Pour ce bébé arc-en-ciel, j’ai attendu 4 ans.

Après 3 années d’essais infructueux et une fausse couche, je me suis tournée vers la micronutrition pour optimiser mes chances de conception.

Trois mois après avoir commencé le programme et après le premier essai bébé, j’ai vu un petit plus apparaître sur un test de grossesse le 8 avril !

Tout, depuis la conception de cet enfant, avait été naturel et même surnaturel.

Récit d'accouchement inspirant sur Naturelle Maman
Juliette et leur mari attendent leur 3ème enfant. © Maylis Fortune Photographie

J’ai découvert la puissance des alternatives naturelles, de la médecine douce

Et je voulais que ma grossesse continue sur la même voie.

Je voulais éviter de revivre ce que j’avais vécu et ai cherché des alternatives.

C’est comme cela que j’ai découvert le programme Naissance douce de Naturelle Maman.

Je voulais vivre un accouchement à domicile mais ce n’était pas possible en raison de la réglementation des assurances en Suisse.

J’ai donc planifié un AVAC (accouchement par voie basse après une césarienne) non médicalisé à l’hôpital.

J’ai changé de gynécologue à 34 semaines de grossesse pour me tourner vers quelqu’un partant pour soutenir mon projet de naissance.

Et il était prévu que je reste à la maison avec une sage-femme jusqu’à ce que je sois dilatée à 4-5 cm.

Voici l’histoire de mon accouchement

J’ai commencé à avoir des contractions de Braxton-Hicks à 18 semaines de grossesse.

J’ai dû aller à l’hôpital pour un contrôle et j’ai arrêté de travailler à 28 semaines de grossesse.

Les contractions faisaient donc partie intégrante de mon quotidien !

Le lundi 6 décembre, j’étais en faux travail toute la journée avec des contractions régulières toutes les 5 minutes, mais ce n’était pas la première fois que cela arrivait !

Pendant la nuit du 8 au 9 décembre, bébé bougeait tellement que je ne pouvais pas m’endormir.

À 2h30 du matin, j’ai allumé mon application d’hypnonaissance chrétienne pour me détendre profondément et j’ai réussi à dormir trois heures.

Je me suis réveillée à 5h30 en écoutant toujours l’application et j’ai senti bébé bouger comme jamais auparavant.

Je me suis dit que la poche des eaux allait se rompre avec autant de mouvements…

Et à 5h35, j’ai effectivement senti quelque chose couler entre mes jambes et j’ai compris.

Mon cœur s’est mis à battre la chamade.

J’ai pris une douche pour me détendre.

Je savais que cela pouvait prendre du temps avant que le travail ne commence, alors j’ai essayé de me reposer. Puis à 7h du matin, j’ai préparé les jumeaux pour l’école et comme je n’avais pas de contraction j’ai dit à mon mari d’aller travailler.

J’ai envoyé un message à Elisabeth, ma sage-femme, pour la prévenir et je me suis recouchée jusqu’à 11h.

Comme je n’arrivais pas à dormir, j’ai décidé de nettoyer la maison et de faire la lessive !

J’ai mis ma playlist de musique que j’avais préparée pour me mettre de bonne humeur.

À ce moment-là, ma sage-femme m’a rappelée et je lui ai dit que rien n’avait changé !

Vers 13h, elle me rappelle à nouveau pour voir comment je vais puisque je suis seule à la maison.

Je lui ai dit que je n’avais pas de vraies contractions mais que je sentais quelques légères contractions de Braxton et surtout que j’avais la sensation que mon dos et mon sacrum étaient un peu tendus.

Elle a dit qu’elle assistait un autre accouchement à ce moment-là et a demandé à Marie, la deuxième sage-femme, qu’elle passe me voir, me fasse un massage et discute un peu avec moi de la suite.

Juste après cela, mon mari m’a appelée pour dire qu’il avait trouvé un collègue pour le remplacer et qu’il rentrait à la maison.

Je lui ai dit que ce n’était pas nécessaire mais il a insisté.

Alors je lui ai dit d’aller au supermarché chercher des steaks pour se cuisiner un bon repas avant le début du marathon.

J’ai commencé à cuisiner. Mon mari est rentré à 14h10, la maison était propre et le repas était prêt.

Je lui ai dit de faire griller les steaks pendant que j’allais aux toilettes.

Alors que j’étais assise sur les toilettes, trois longues contractions très fortes m’ont frappées presque coup sur coup, sans interruption.

Mon mari est venu me voir et m’a demandé pourquoi je prenais autant de temps.

Je lui ai dit que j’avais eu trois contractions à la suite et que je ne me sentais pas bien.

Je me suis levée et je me suis évanouie.

Mon mari m’a rattrapée, m’a reposée sur les toilettes et est retourné dans la cuisine pour arrêter le four.

A ce moment précis, la sage-femme est entrée et m’a dit : « Juliette, c’est super que tu trouves ça confortable d’être en travail sur les toilettes. »

Et je lui ai répondu « Je ne suis pas à l’aise, je suis juste incapable de bouger et de sortir d’ici et je ne tiens plus sur mes jambes. »

J’avais une douleur très vive dans la région du sacrum et m’asseoir était un cauchemar.

Elle m’a relevée et je suis allée m’installer dans le salon.

Je me suis mise à quatre pattes, elle m’a massée le dos, m’a aidée à respirer et m’a encouragée à faire des sons.

J’ai dit à mon mari de manger sans moi.

La sage-femme m’a dit que je devais aussi essayer de manger un peu pour arrêter les vertiges.

Il était 14h40, et à ce moment-là je lui ai dit que je ne pouvais pas manger, je tremblais et n’arrêtais pas de dire que j’avais besoin de vomir.

J’avais tous les signes de transition mais je dilatais pour la première fois et les contractions n’avaient commencé que 30 minutes plus tôt donc je n’y croyais pas.

Je pensais juste que je n’étais pas assez forte et que je n’y arriverais jamais.

Je ne supportais pas de rester à quatre pattes malgré le massage et je me suis levée.

Je me suis accrochée à mon mari, je me suis suspendue à la porte afin de m’étirer le dos désespérément et de soulager les douleurs.

Les contractions se superposaient et je n’avais pas de répit !

J’ai dit à la sage-femme que je ne pouvais pas le faire.

Je lui ai dit que je voulais aller à l’hôpital, que je voulais une péridurale.

Je tremblais toujours comme une feuille et ma vision était brouillée par la douleur.

Marie m’a dit qu’elle voulait m’examiner avant de partir à l’hôpital.

J’étais dilatée à 4-5 centimètres et je me suis sentie complètement désespérée à ce moment-là parce que j’avais atteint mon seuil maximal de tolérance à la douleur.

Nous avons pris nos affaires et j’ai couru vers la voiture de ma sage-femme parce que je savais que les pauses entre les contractions étaient très courtes, entre 30 à 60 secondes.

L’hôpital n’est qu’à 6 km de chez nous mais en raison de la circulation, il a fallu 30 minutes pour nous y rendre.

Marie m’a encouragée et m’a aidée à naviguer à travers les contractions dans la voiture en faisant des sons.

Au bout de quelques minutes, nous étions tous en train de brailler dans la voiture.

Si on avait filmé ça, on aurait fait le buzz sur Tik Tok je crois ! Je dis ça alors que je n’ai même pas Tik Tok…

J’ai dit que je ressentais le besoin de pousser et elle s’est arrêtée sur le bas-côté.

Je lui ai dit que je ne voulais pas accoucher dans la voiture car nous n’étions qu’à 1 kilomètre de l’hôpital alors elle est vite repartie.

Nous sommes arrivés devant la maternité à 15h55 et tout s’est passé comme dans un film !

Mon mari qui sort en courant de la voiture pour aller chercher un fauteuil roulant, les sage-femmes qui courent vers nous… C’est comme si tout autour de moi était au ralenti.

Je pouvais m’entendre émettre des sons primaires très forts.

Les sensations étaient intenses mais à ce moment-là, ce n’était plus de la douleur.

Je ne me suis plus dit que j’étais incapable de le faire.

J’étais en confiance et laissais mon corps faire ce qu’il avait à faire.

C’est comme si mon cerveau s’était mis en veille !

Tout au long du travail, entre les contractions, j’étais complètement cohérente et je demandais si les jumeaux étaient pris en charge par mes parents.

Je m’excusais d’être si bruyante. Je m’excusais par avance au cas où des selles viendraient.

J’ai même rappelé à mon mari de prendre des photos juste avant l’arrivée du bébé puisque nous n’avions pas eu le temps d’installer des caméras ou quoi que ce soit…

C’était comme si je naviguais entre deux dimensions.

Je suis entrée dans la salle d’accouchement. J’ai jeté ma robe parce que je mourais de chaud à cet instant, j’ai grimpé sur le lit, j’ai attrapé le dossier du lit qui était complètement redressé et j’ai continué à m’étirer le dos tant que possible.

La sage-femme m’a dit que j’étais complètement dilatée et que je pouvais commencer à pousser quand j’en avais envie.

J’ai poussé une première fois et c’est à ce moment-là que le gynécologue est arrivé.

Mon mari a versé de l’eau sur mon cou et mon visage et ça m’a fait un bien fou.

Il n’arrêtait pas de me dire à quel point j’étais forte et belle et je n’ai jamais été aussi amoureuse de lui !

J’ai poussé encore trois fois. A la 5ème poussée, le médecin m’a dit d’arrêter (j’ai appris par la suite que mon bébé était venu avec une main sur sa nuque) et j’ai soudainement vu mon fils entre mes jambes à 16h17.

J’étais abasourdie et je n’arrivais pas croire qu’il était déjà sorti parce que je ne l’avais pas senti passer pas à travers le bassin.

Je n’avais pas ressenti le cercle de feu et je pensais que bébé était encore vraiment loin de sortir.

Les sensations avaient été exclusivement localisées dans mon dos, autour du sacrum.

Récit d'AVAC sur Naturelle Maman

Mais il était là, en moins de deux heures, expulsé sans douleur ni aucune déchirure. Malgré sa petite main.

La sage-femme m’a aidée à l’attraper et à le mettre sur ma poitrine pendant quelques minutes.

Ca a été la plus belle des rencontres.

Mais j’ai commencé à trembler et j’ai donné mon fils à mon mari.

C’était si intense et si rapide que mon corps était en état de choc !

J’ai délivré le placenta quelques minutes plus tard et les tremblements ont cessé 30 minutes après.

C’est à ce moment-là que j’ai réalisé ce qui s’était passé et nous avons commencé à rire avec mon mari !

Nous avions convenu que c’était notre dernier bébé mais 1h après l’accouchement, je lui ai dit que je voulais recommencer et avoir un autre enfant !

Il m’a demandé si j’étais folle et si je m’étais entendue crier un peu plus tôt.

Il m’a dit que je pouvais faire carrière dans le heavy metal et nous avons continué à rire de cette naissance toute la nuit, en nous repassant le film de ce qui s’était passé alors que la neige recouvrait doucement Genève !

C’était un moment parfait et hors du temps.

Je n’arrive pas à réaliser à quel point ça a été facile et beau.

Ce n’était pas sans douleur mais c’était surnaturel en tous points de vue ! »

Juliette


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