Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !12 décembre 2019
remède naturel mycose femme enceinte

Pourquoi devriez-vous dormir sans culotte ?

Vous êtes nombreuses à m’écrire pour me demander des remèdes naturels contre les mycoses pendant la grossesse.

Alors permettez-moi de vous rappeler quelque chose qui ne va peut-être pas vous rassurer, mais au moins vous prouver que vous êtes loin d’être la seule à en souffrir : être enceinte augmente de 50% les risques de mycose vaginale. (1)

Première cause : l’augmentation des taux d’œstrogène et de progestérone qui dérègle votre flore vaginale et modifie les parois de votre vagin.

Plus fragiles, elles laissent passer plus facilement un champignon microscopique naturellement présent dans la flore, le Candida Albicans.

Deuxième cause de vos mycoses : des quantités plus importantes de glycogène dans votre vagin, un glucide complexe polymère du glucose qui envahit le vagin et qui est très favorable à la prolifération des germes pathogènes et des levures.

Pour les soigner au plus vite et éviter qu’elles ne se propagent, découvrez les 4 remèdes naturels les plus efficaces pour les faire partir, et toutes les bonnes habitudes à prendre pour qu’elles ne reviennent plus jamais pendant neuf mois, et même après.

Remède n°1 : l’huile essentielle de tea tree

L’huile essentielle de tea tree est une précieuse alliée anti-mycose vaginale.

L’huile essentielle de tea tree (Melaleuca alternifolia) peut être utilisée sans danger à partir de votre quatrième mois de grossesse.

Plusieurs études ont prouvé qu’elle avait un action germicide sur plusieurs souches pathogènes présentes dans le milieu vaginal, notamment les Trichomonas vaginalis et le fameux Candida albicans (2, 3).

En 1962 déjà, un gynécologue avait publié une série d’études portant sur 130 femmes dont les infections vaginales avaient été traitées avec de l’huile essentielle de tea tree (douches vaginales avec une solution à 1 % d’huile essentielle et tampons vaginaux imbibés d’une solution à 20 %, gardés en place pendant 24 heures). (4)

Après avoir comparé les résultats de ces interventions à ceux obtenus dans un groupe témoin traité à l’aide de suppositoires renfermant un germicide de synthèse, le médecin a conclu que les deux traitements étaient d’efficacité semblable.

Une autre étude publiée en 1991 rapportait que sa patiente, ayant refusé le traitement classique au métronidazole, avait soigné avec succès sa vaginite bactérienne à l’aide de tampons imbibés d’huile essentielle de tea tree. (5)

Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît l’efficacité de l’huile essentielle de tea tree pour soulager les symptômes des infections vaginales, urinaires et du col de l’utérus.

Comment l’utiliser ?

Mélangez 2 gouttes d’huile essentielle de tea tree dans une cuillère à café d’huile végétale, idéalement d’huile de coco réputée pour ses propriétés antifongiques, enduisez délicatement la zone irritée, puis massez doucement. Répétez matin et soir jusqu’à disparition de la mycose.


Remède n°2 : l’huile de cocoP

L’huile de coco est un puissant anti-mycose naturel. Antifongique, antibactérienne et anti-inflammatoire, elle permet en plus de stimuler le système immunitaire.

Grâce à plusieurs de ses constituants, notamment les vitamines E, K et l’acide laurique, l’huile de coco nourrit, hydrate et apaise les peaux irritées.

Grâce à son action anti-inflammatoire, elle permet de calmer les démangeaisons de la vulve en cas de mycose vulvaire mais pas seulement. De plus, l’huile de coco a d’intéressantes propriétés antifongiques. Autrement dit, elle ne soulage pas seulement les démangeaisons : elle combat aussi les levures responsables de la mycose vulvaire !

Comment l’utiliser ?

Diluez 2 gouttes d’huile essentielle de tea tree dans une cuillère à café d’huile de coco et imbibez les parties infectées à l’aide d’un coton 2 à 3 fois par jour jusqu’à la disparition de la mycose.


Remède n°3 : les ovules de calendula

En complément de vos massages d’huile de coco et d’huile essentielle de tea tree, je vous conseille d’ajouter à votre traitement naturel un ovule de calendula la nuit par voie vaginale.

Le calendula, qu’on connaît dans nos jardins sous le nom de souci, est connu pour ses propriétés cicatrisantes, antiseptiques, antimicrobiennes et anti-inflammatoires. (6)

Comment l’utiliser ?

Vous en trouverez facilement en pharmacie. À ma connaissance, les marques Weleda et Boiron (ovules Hydrastis) sont les seules à en fabriquer.

L’ovule doit être introduit profondément dans le vagin, de préférence le soir au coucher. Introduisez l’ovule avant de vous coucher pour le laisser agir toute la nuit. En fondant dans le vagin, l’ovule peut être à l’origine d’un écoulement gênant : il est conseillé de porter une protection.

Vous pouvez en mettre pendant trois jours, sans trop prolonger le traitement qui peut irriter la flore vaginale.


Remède n°4 : une cure de probiotiques

Remède pour prévenir les mycoses vaginales à répétition pendant la grossesse : les souches de probiotiques les plus efficaces en cas de mycose vaginale 
sont celles de type Lactobacillus acidophilus.
Les souches de probiotiques les plus efficaces en cas de mycose vaginale
sont celles de type Lactobacillus acidophilus.

La flore vaginale normale est principalement constituée de bactéries bénéfiques de type Lactobacillus acidophilus qui contrent la prolifération de micro-organismes nuisibles. L’administration vaginale de ces « bonnes » bactéries, les probiotiques, pourrait donc constituer un moyen de prévenir les infections vaginales récurrentes. (7)

L’administration vaginale de probiotiques permet de lutter efficacement contre la vaginose bactérienne. Ainsi, un essai clinique mené en 2010 auprès d’une centaine de femmes sujettes aux vaginoses bactériennes récurrentes a montré que l’administration vaginale quotidienne de capsules de probiotiques (Probaclac Vaginal®) a réduit d’environ 75 % le taux de récurrence des infections (pendant 11 mois). Les capsules étaient administrées pendant 2 semaines, avec une pause d’une semaine entre chaque période de traitement. (8)


Les bonnes habitudes à prendre pour prévenir l’apparition des mycoses

Réduisez votre consommation de sucre

Si vous êtes sujettes aux mycoses ou en cas de crises, évitez les aliments qui sont favorables à la prolifération du candida albicans : les glucides à fort index glycémique. Pain, pâtes, céréales du petit déjeuner, produits à base de farine blanche, gâteaux, pâtisseries, confiture, miel, soda, jus de fruits… Le soir notamment, car ils risquent de favoriser la colonisation des intestins par les champignons.

À éviter aussi, les aliments riches en moisissures et levures : viandes et charcuteries fumées, fromages à moisissures, fruits trop mûrs ou secs, melon, noix de coco, arachides et jus de fruits industriels (tout au long de votre grossesse).

Adoptez une alimentation riche en pré et probiotiques

Consommez d’autres aliments riches en probiotiques comme les yaourts. Favoriser les aliments anti-moisissures : avocat, brocoli, poivron, choux verts, frisés, citron frais, l’huile d’olive, de lin, la cannelle, l’origan, le curcuma. Augmentez la part des prébiotiques : artichaut, poireau, asperge, soja, tomate, banane, seigle…

Consommez préférentiellement et régulièrement le riz, le quinoa, le sarrasin, les œufs, les volailles (poulet, dinde, canard), les poissons frais (surtout les poissons gras), les légumineuses, les légumes (sauf ceux trop sucrés), le lait de riz et d’amande, l’ail, les aromates.

Dormez sans culotte !

Vous êtes peut être habituée à dormir avec une culotte et un tee-shirt ?

Au risque de vous décevoir, je dois vous dire que c’est la meilleure manière de laisser les mycoses proliférer dans votre vagin.

Si votre culotte est synthétique, elle maintient votre vagin humide et chaud.

Si elle est en coton, elle provoque des sécheresses (le coton absorbe l’humidité), ce qui n’est pas bon non plus.

Pire, en plus du risque de mycoses, la culotte transmet des germes de l’intestin vers les voies urinaires, augmentant le risque d’infection (cystite).

Les futures mamans qui ont des mycoses vaginales ou des infections urinaires à répétition doivent prendre conscience qu’elles ne se protègent pas en portant une culotte la nuit. C’est le contraire !

Et vous ? Avez-vous souffert de mycoses vaginales pendant votre grossesse ? Comment les avez-vous soignées ? Quel remède naturel vous a-t-on conseillés ? Partagez votre expérience avec la communauté des naturelles mamans ! 

Anne-Laure Brunelle


Sources

(1) Fari A., Vulvo-Vaginite et grossesse, Encyclopédie médicale chirurgicale, 1995.

(2) Cox SD, Mann CM, et al. The mode of antimicrobial action of the essential oil of Melaleuca alternifolia (tea tree oil). J Appl Microb 2000 ; 88 : 170-5. Étude décrite dans : Van Kessel K, Assefi N, Marrazo J and Eckert L. Common Complementary and Alternative Therapies for Yeast Vaginitis and Bacterial Vaginosis : A Systematic ReviewObstetrical and Gynecological Survey. 2003 ; 58(5) : 351-8.

(3) Hammer KA, Carson CF, Riley TV. In vitro activity of essential oils, in particular Melaleuca alternifolia (tea tree) oil and tea tree oil products, against Candida sppJ Antimicrob Chemother 1998 ; 42 :591-5.

(4) Peña EF. Melaleuca alternifolia oil. Its use for trichomonal vaginitis and other vaginal infections. Obstet Gynecol 1962;19(6):793-795. Article décrit dans : Natural Standard (Ed). Herbs & Supplements – Tea Tree Oil, Nature Medicine Quality Standard. www.naturalstandard.com

(5) Blackwell AL. Tea tree oil and anaerobic (bacterial) vaginosis. Lancet 1991;337(8736):300. Article décrit dans : Van Kessel K, Assefi N, Marrazo J and Eckert L. Common Complementary and Alternative Therapies for Yeast Vaginitis and Bacterial Vaginosis : A Systematic ReviewObstetrical and Gynecological Survey. 2003 ; 58(5) : 351-8.

(6) Della Loggia R, Tubaro A, et alThe role of triterpenoids in the topical anti-inflammatory activity of Calendula officinalis flowers.Planta Med 1994 Dec;60(6):516-20

(7) La candidose vulvovaginale : revue. I. Amouri, S. Abbes, H. Sellami, et alJournal de Mycologie Médicale (2010) 20, 108—115.

(8) Efficacy of vaginal probiotic capsules for recurrent bacterial vaginosis: a double-blind, randomized, placebo-controlled study. Ya W, Reifer C, Miller LE. Am J Obstet Gynecol. 2010 Aug;203(2):120.e1-6.

(9) The role of lactobacillus probiotics in the treatment or prevention of urogenital infections–a systematic review. Abad CL, Safdar N. J Chemother. 2009 Jun;21(3):243-52. Review.

5 Comments

  1. AvatarVanillinina Reply

    Ah ben ça alors on en apprend décidément tous les jours quand on regarde le site de naturelle maman !! Je suis enceinte et j’aime beaucoup vous lire, merci pour toutes ces bonnes infos qui font du bien !

  2. AvatarMathou Reply

    Je vais tester l’astuce car je suis enceinte de 6 mois et j’en suis à ma troisième mycose depuis le début de ma grossesse.

  3. AvatarJuinete Reply

    Je suis sujette aux mycoses, surtout quand je vais a la piscine et encore plus quand je vais a la piscine enceinte ! Et pourtant j’adore nager ça me fait un bien fou. Je vais essayer de dormir sans culotte avec peut être une chemise de nuit un peu plus longue que d’habitude on verra bien !

  4. AvatarChadou Reply

    Merci pour cet article je vais tester les petites recettes car je suis a mois de grossesse donc bientôt la fin mais les mycoses vaginales et ce fichu Candida le pourrissent la vie et la fin de ma grossesse depuis déjà plusieurs mois.. après avoir essayé 3 ovules + des crèmes apaisantes et antifongiques ainsi que des savons, rien y fait et je désespère… Mon gynéco aussi!
    J’ai surtout peur car le terme approche et je n’en guéri pas. Je ne voudrais pas que mon bébé attrape ces microbes lors de l’accouchement.
    Bon courage a toutes !

    1. AvatarGAELLE ST MARTIN Reply

      Salut Chadou.. Bah moi jen suis a mon 6 mois de grossesse…. Et tout comme toi je desespere…. Je me blesse a force a de me gratter…. Si par hasard tu trouve un remede moi signe stp…

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