Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !25 novembre 2020

Infertilité féminine : si c’était dû à une intolérance au gluten ?

De plus en plus de femmes souffrent d’infertilité inexpliquée. Des chercheurs espagnols pourraient en avoir trouvé une des causes cachées : l’intolérance au gluten.

Plusieurs études avaient déjà démontré que les femmes qui souffrent d’intolérance au gluten sont plus à risque de souffrir d’infertilité.

Mais cette nouvelle étude parue dans la revue Human Reproduction Update va plus loin encore : les auteurs affirment qu’une femme qui souffre de problème d’infertilité est jusqu’à huit fois plus susceptible d’être atteinte d’intolérance au gluten.

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Inversement, les patientes déjà diagnostiquées pour une intolérance au gluten ont un risque plus élevé de fausses couches, retard de croissance in-utero et d’accouchement prématuré.

La maladie cœliaque ou intolérance au gluten est une maladie digestive caractérisée par une intolérance à une ou plusieurs fractions protéiques du gluten. Elle provoque une destruction des villosités de l’intestin grêle (l’intestin devient donc perméable et des molécules insuffisamment digérées peuvent se retrouver dans le sang) et se manifeste le plus souvent par des symptômes digestifs. Le seul traitement est un régime alimentaire strict sans gluten à vie.

En raison de l’hétérogénéité des symptômes, beaucoup de cas de maladie cœliaque ne sont pas diagnostiqués ce qui peut entraîner des complications à long terme. Parmi les symptômes « atypiques » se trouvent les troubles de la fertilité (ménopause précoce, infertilité, complications lors de la grossesse…).

Dans cette étude, les auteurs ont fait une analyse des articles scientifiques disponibles et ont étudié l’impact de la maladie cœliaque sur les troubles de la fertilité mais également l’incidence de la maladie cœliaque (chez des patientes non diagnostiquées) dans des populations de femmes ayant un passif de troubles obstétriques.

24 articles ont été conservés pour l’analyse. Les résultats montrent que, par rapport à la population générale, le risque de diagnostiquer une maladie cœliaque est environ 5 fois plus élevé chez les patientes souffrant d’infertilité inexpliquée, près de 6 fois plus élevé chez celles ayant connu des fausses couches à répétition et 8 fois plus élevé chez les femmes avec des expériences de retard de croissance intra-utérin.

Chez les femmes déjà diagnostiquées intolérantes au gluten, les risques de fausse couche, de retard de croissance intra-utérin, de faible poids de naissance et de naissance prématurée sont respectivement augmentés de 39%, 54%, 75% et 37% par rapport à la population générale. Les risques sont fortement diminués par l’adoption d’un régime sans gluten.

Des hypothèses ont été proposées pour expliquer les troubles de la reproduction chez les patientes intolérantes au gluten. Elles sont basées soit sur des carences nutritives, soit sur des mécanismes d’autoimmunité.

La structure anormale des villosités de l’intestin grêle, caractéristique de la maladie cœliaque, provoque une malabsorption et peut conduire à des anomalies hématologiques mineures, de l’anémie et des carences nutritives notamment en zinc, sélénium et acide folique qui jouent des rôles importants dans le déroulement de la grossesse et le développement du fœtus. Mais cette hypothèse ne peut expliquer à elle seule les troubles de la reproduction chez les femmes intolérantes au gluten.

Il se peut également, que chez les femmes qui souffrent d’intolérance au gluten, le système immunitaire joue un rôle central dans l’apparition des complications lors de la grossesse notamment en raison d’une détérioration des processus physiologiques qui surviennent pendant l’implantation de l’embryon et le développement du placenta. C’est l’exposition au gluten qui provoque des réponses immunitaires susceptibles d’être à l’origine des troubles de la reproduction.

Les auteurs suggèrent que les médecins envisagent plus systématiquement une possible intolérance au gluten chez des femmes présentant une infertilité inexpliquée ou des fausses couches à répétition.

Si vous suspectez une intolérance au gluten, vous pouvez réaliser un bilan Imupro, qui est un simple test sanguin à réaliser soi-même à la maison. Son seul défaut est qu’il coûte un peu cher (aux alentours de 100 euros) et qu’il n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

Anne-Laure Brunelle


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Sources

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One Comment

  1. AvatarPauline Reply

    Merci naturelle maman, je souffre de la maladie cœliaque depuis 3 ans et également d’infertilité « inexpliquée »… Apparemment tout est lié.

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