Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !6 décembre 2020
Récit d'accouchement de Marianne

Récit d’accouchement de Marianne : « J’ai eu mon accouchement rêvé »

Après un premier accouchement très médicalisé contre sa volonté et dont elle a peiné à se remettre, Marianne nous raconte comment elle a réussi à vivre l’accouchement dont elle rêvait pour la naissance de son deuxième bébé.

« En 2015, alors enceinte de ma fille, je prévoyais déjà un accouchement physiologique et sans péridurale mais, naïve, j’ai pensé que mon corps saurait me guider.

Je n’avais donc pas préparé mon accouchement, ni par le biais de cours, ni par le biais de lectures.

Le travail a commencé à 41 semaines + 5 jours et après 24 heures de contractions, les médecins ont décidé qu’il était temps d’intervenir (alors que mon bébé allait bien !).

S’en est suivi plusieurs perfusions d’ocytocine de synthèse (que mon bébé ne supportait pas), puis la rupture de la poche des eaux par la sage-femme.

À aucun moment, je ne me suis sentie écoutée

Il fallait suivre les consignes et rester dans les positions imposées par les médecins et la sage-femme m’a fortement incitée à prendre la péridurale.

Du coup, je n’ai jamais vraiment « compris » comment pousser et n’y arrivais pas allongée – et cette position m’avait été imposée, soi disant à cause de la péridurale.

Au final, après 70h de travail, ma fille est sortie avec la ventouse et moi j’ai mis plus d’un an à me remettre de l’épisiotomie et de toute cette aventure violente au cours de laquelle je me suis sentie comme obligée de « produire » un bébé selon les règles établies par le corps médical.

9 mois après la naissance de ma fille, j’ai aussi été diagnostiquée d’un lichen scléreux et le médecin, très diplomate, m’a alors annoncé que si je voulais un deuxième enfant, il me faudrait accoucher par césarienne.

Je ne voulais pas revivre l’arrivée de mon enfant comme un traumatisme pour mon corps.

5 ans plus tard, enceinte de mon deuxième enfant, je n’arrivais pas à me résoudre à ce diagnostic et ne voulais pas revivre l’arrivée de mon enfant comme un traumatisme pour mon corps.

J’ai donc fait pas mal de lobbiysme auprès du corps médical. Je vis en Norvège et pour accéder aux gynécologues reliés à la maternité, il faut passer par son médecin traitant ou par une sage-femme.

Et après de nombreuses discussions et examens, j’ai reçu le feu vert pour un accouchement par voie basse.

J’ai donc choisi d’accoucher dans le service « naturel » de ma maternité. Je voulais avoir la possibilité d’accueillir mon deuxième enfant comme bon me semblait et dans le respect de mon corps, sans médicaments ou autres interventions.

Cette décision a été super bien accueillie et félicitée dans mon entourage et une de mes copines, enceinte en même temps que moi planifiait alors son accouchement à domicile.

Alors qu’elle lisait beaucoup sur les techniques d’auto-hypnose, je me suis plus concentrée sur des techniques de méditation et relaxation à l’aide de podcasts.

Le meilleur conseil qui m’a été donné alors, c’était de me préparer !

Car même si on veut un accouchement naturel, même si le corps sait faire, le mental doit suivre.

J’ai eu une grossesse très facile, sans nausée ou maux quels qu’ils soient.

Cependant, lors d’un contrôle au cours de ma 36ème semaine de grossesse, la sage-femme me dit que bébé ne grandit plus assez, générant un milliard d’inquiétudes et d’interrogations. Est-ce que bébé va bien ? Est-ce qu’il est normal ?

Et puis, le samedi qui suit ce contrôle chez la sage-femme, je me suis réveillée dans la nuit (vers 3h du matin) avec des contractions.

Comme ma date de terme n’était que 3 semaines plus tard, je n’ai au départ ni pris au sérieux ni réalisé ce qu’il se passait et après une heure à tourner dans mon lit sans trouver de position confortable, je me suis levée pour aller faire du ballon.

Vers 5h30, et comme les contractions se rapprochent je pars prendre une douche et le bruit réveille mon mari, qui lui non plus ne prend pas les choses au sérieux et me dit de retourner me coucher (!).

Ma grande se réveille aussi et vient se coucher à nos côtés, mais impossible de dormir pour moi – ni pour elle qui sent bien que quelque chose est en train de se passer.

Finalement je me lève à 6h30 et commence à préparer mon sac d’hôpital – car rien n’était prêt.

Consciente que je vais avoir besoin d’énergie, je demande à mon mari de préparer un petit déjeuner – que je dévore entre deux contractions et assise sur mon ballon.

Puis, à 7h30, je décide d’appeler la maternité. Mes contractions sont alors espacées de 3 à 4 minutes mais très supportables et je me sens solide et capable.

Nous prenons un taxi et mon mari et ma fille aînée me déposent à la maternité à 8h.

Pour l’anecdote, dans le taxi mon mari me dit qu’il ne pense pas que je vais accoucher puisque je n’ai plus de contractions !

En réalité, je gérais tellement bien la douleur qu’il ne se rendait pas compte que je contractais toutes les 2 à 3 minutes ! Après contrôle à la maternité, le col est ouvert à 3 cm… bébé arrive !

Le travail à la maternité

Comme on doit trouver quelqu’un pour garder la grande, je reste seule en salle d’accouchement et je me sens extrêmement concentrée – dans ma bulle.

J’écoute des mantras de méditation et me concentre sur ma respiration, et je gère la douleur avec soit le ballon, soit en marchant. Il y a dans cette attente une certaine plénitude. Je suis une force tranquille.

La sage-femme m’interrompt à peine, vient écouter le cœur du bébé sans trop me déranger et repart, m’apporte à manger vers 10h30 pour que je puisse prendre des forces mais ne s’attarde jamais. Je ne ressens pas le besoin d’aller dans le bassin, je gère.

Mon mari arrive finalement vers 11h et les contractions sont à ce moment-là particulièrement intenses. Nous parlons quelques minutes, puis une contraction particulièrement forte arrive et je me retrouve à quatre pattes au pieds du lit.

La poche des eaux se rompt, il est 11h10 et je sens tout de suite que le moment est arrivé, l’envie de pousser se fait sentir. Comme je suis têtue, je demande à rejoindre le bassin pour pouvoir accoucher dans l’eau – et j’y arrive entre deux contractions.

Le contact de l’eau me donne quelques minutes de répit avant que la contraction suivante n’arrive. Je pousse, et en 3 poussées, mon bébé est là. Il est alors 11h24.

Je n’en reviens pas de le voir, le sentir, il est tout petit – 2,272 kg – mais en bonne santé.

Accouchement dans l'eau à la maternité
Kenzo, quelques heures après sa naissance dans l’eau à la maternité.

Nous restons un petit moment dans l’eau en peau à peau avant de sortir.

J’ai eu deux petits points de suture pour une petite déchirure, mais après cet accouchement express, j’aurais pu courir un marathon !

Je ne pense pas m’être sentie aussi forte de toute ma vie – j’étais / je suis une déesse, une guerrière, j’ai créé et nourri cet enfant, puis par la puissance de mon corps, je l’ai amené sur notre terre.

J’ai donc eu, comme vous l’avez compris, mon accouchement rêvé. »

Marianne


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