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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !16 avril 2024
Si vous ressentez l’envie de crier pendant votre accouchement, n’hésitez pas à vous laisser aller ! C’est votre corps qui vous guide et qui sait ce qui est bon pour vous et votre bébé - Naturelle maman

Crier pendant l’accouchement : un besoin physiologique de la femme qui accouche qu’il faut respecter !

Crier pendant l’accouchement peut aider à surmonter la douleur, à gagner en force et en confiance et à favoriser la dilatation du col et le passage du bébé. C’est aussi un moyen de surmonter la douleur scientifiquement prouvé. Découvrez dans cet article pourquoi vous ne devriez jamais vous retenir de crier ou laisser sortir n’importe quel autre son de votre bouche pendant votre accouchement.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur : le besoin de crier pendant l’accouchement.

Vous savez, ce son puissant et primal qui sort de votre gorge quand vous poussez votre bébé hors de vous.

Ce cri qui peut vous faire beaucoup de bien, notamment pendant les poussées.

Ce cri qui peut aussi malheureusement être jugé et encore trop souvent réprimé par les soignants à l’hôpital.

Crier pendant l’accouchement est un phénomène naturel et physiologique, qui a des fonctions importantes pour la femme en travail.

Ce n’est pas le signe d’une faiblesse ou d’une souffrance, mais au contraire d’une force et d’une libération.

Il n’est pas à taire ou à contrôler, mais au contraire à laisser sortir comme il vient, sans jamais juger une femme qui a besoin de crier pour faire naître son bébé.

Comme en témoigne Anaïs, ce besoin de crier est bien souvent incontrôlable et peut étonner aussi bien la femme qui le pousse que son entourage : « Tout l’hôpital a du m’entendre ! Mon mari a demandé aux sages-femmes si c’était normal que je crie ainsi et elles lui ont dit « oui oui monsieur, toutes les femmes qui accouchent sans péridurale crient, c’est normal ». Il était ébahi et c’est un des trucs qu’il retient le plus de mon accouchement c’est rigolo ! »

Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi crier pendant l’accouchement est un besoin physiologique qui comporte de nombreux bienfaits, en m’appuyant sur des études scientifiques et des témoignages de femmes qui ont ressenti ce besoin pendant leur accouchement.

Je vais aussi vous donner des conseils pour laisser pleinement sortir ces cris pendant votre accouchement s’ils viennent, sans gêne ni peur du jugement.

Les bienfaits du cri pendant l’accouchement

Crier est donc un besoin physiologique qui aide la femme à accoucher plus facilement et plus rapidement - Naturelle Maman
Crier pendant l’accouchement favorise la sécrétion d’ocytocine, l’hormone de l’amour, qui stimule les contractions – Naturelle maman

Le cri pendant l’accouchement a plusieurs fonctions physiques et psychologiques, qui sont bénéfiques pour la mère et le bébé.

Le cri aide à dilater le col de l’utérus et à expulser le bébé. Quand une femme en travail se met à crier, elle contracte les muscles du diaphragme, de son périnée, ce qui augmente la pression intra-abdominale et facilite l’expulsion de son bébé pendant les poussées 1.

Crier permet aussi de libérer des endorphines, des hormones naturelles qui ont un effet antalgique (contre la douleur) et euphorisant 2.

Le cri permet d’exprimer ses émotions et de se libérer du stress. L’accouchement est un moment intense et bouleversant, qui peut susciter de la peur, de la colère, de la joie, ou encore de la surprise.

Crier est une façon de verbaliser ces émotions, comme en témoigne Krystel : « Je me suis laissée aller pour mon accouchement ! Dans les aigüs, dans les graves, fort, doucement, des blagues, des rires, du désespoir, de la joie… Je suis passée par tous les bruits et toutes les émotions ! C’était trop cool. »

Le cri diminue aussi le taux de cortisol, l’hormone du stress, qui peut avoir des effets néfastes sur le déroulement de l’accouchement 4 et déclenche la production d’ocytocine, l’hormone de l’amour, qui facilite l’attachement avec votre bébé 6.

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Un besoin physiologique encore trop souvent réprimé

Malgré les fonctions et les bienfaits du cri pendant l’accouchement, il n’est pas toujours facile ni possible de crier librement.

Il existe en effet des obstacles culturels, sociaux ou médicaux qui peuvent empêcher ou limiter le cri pendant l’accouchement.

Depuis que la grande majorité des femmes accouchent sous péridurale, le cri est souvent associé à quelque chose de négatif : une douleur insupportable, une perte de contrôle, une agression… On attend des femmes qu’elles accouchent dans le silence et la discrétion, comme si c’était une preuve de courage ou de dignité. On leur fait croire que crier est inutile ou nuisible 7.

C’est ce que souligne le docteur Michel Briex, gynécologue-obstétricien au centre hospitalier de Libourne : « Les cris de douleur sont devenus rares, à tel point que lorsque des accouchées éprouvent le besoin de crier, beaucoup de soignants sont désemparés et considèrent la situation comme anormale ou au moins inhabituelle, et recherchent un éventuel problème. Sur les forums médicaux la majorité des mamans qui racontent leur accouchement sans péridurale décrivent une expérience où la douleur est présente mais où les cris sont absents. »

Certaines pratiques médicales peuvent aussi entraver ou supprimer le cri pendant l’accouchement. Par exemple, la péridurale, qui bloque la sensation de douleur, mais aussi la perception du corps et des contractions.

De nombreuses femmes témoignent aussi d’injonctions à se taire qu’elles ont subi, qui vont à l’encontre du rythme et des besoins de la femme en travail 9.

C’est ce qu’a vécu Audrey pour son premier accouchement : « La sage-femme m’a dit « Madame, taisez-vous » parce que j’ai crié au moment de la sortie de ma fille. Cette phrase m’a tellement traumatisée que pour moi c’était un échec d’avoir crié. »

Même expérience traumatisante pour Pauline : « Pour mon accouchement qui était prévu en maison de naissance, les sages-femmes m’avaient dit de m’exprimer ! Mais mon bébé ne se mettant pas dans la bonne position, j’ai été transférée à la maternité où on m’a demandé de me taire parce que je faisais peur. L’anesthésiste a même dit à la sage-femme « Mais faites-la taire, je peux pas travailler dans ces conditions. » J’ai beaucoup souffert de ne pas pouvoir m’exprimer. »

Ou encore Jessica : « La sage-femme de mon premier accouchement m’a fait vivre un enfer mais pas pire que celle de mon second qui m’a dit de me taire parce que je la déconcentrais. »

Comme Audrey, Pauline et Jessica, de nombreuses femmes se sentent jugées ou incomprises quand elles crient pendant leur accouchement.

D’autres, comme Isabelle ont peur de déranger les autres femmes en salle d’accouchement, le personnel soignant ou leur accompagnant : « Je me suis retenue de crier et mes poussées étaient de moins en moins efficaces. Et quand j’ai décidé de rugir (oui, un gros cri bien primaire), mon bébé a trouvé son chemin. »

A cause de la pression sociale, elles ont honte de se montrer vulnérables ou bruyantes et se censurent ou se retiennent de crier pour ne pas faire de vagues.

Pourtant, le besoin de crier, même s’il ne se manifeste pas chez toutes les femmes en travail, est un besoin physiologique qui a toute son utilité et qui ne devrait jamais être réprimé.

Mes conseils pour vocaliser pendant votre accouchement

Vous n’avez pas à avoir honte ou peur du regard des autres.
Ne vous retenez pas de crier si vous en avez envie pendant votre accouchement, c’est votre corps qui vous guide et qui sait ce qui est bon pour vous et votre bébé – Naturelle Maman

Si vous souhaitez crier pendant l’accouchement, voici quelques conseils pour vous aider à vivre pleinement votre cri, sans peur ni honte.

  • Préparez-vous à crier. Pendant votre grossesse, vous pouvez vous familiariser avec votre cri, en le pratiquant chez vous ou lors d’ateliers de chant prénatal. Vous pouvez aussi vous informer sur les fonctions et les bienfaits du cri pendant l’accouchement, en lisant des livres, des articles ou des témoignages de femmes qui ont crié.
  • Choisissez un lieu et un accompagnement adaptés. Pour crier pendant l’accouchement, il est important de se sentir en confiance et en sécurité. Vous pouvez opter pour un lieu qui respecte votre intimité et votre liberté, comme votre domicile, une maison de naissance ou une maternité à taille humaine. Vous pouvez aussi choisir un accompagnement qui soutient et encourage votre cri, comme une sage-femme libérale, une doula ou votre partenaire.
  • Laissez-vous aller à crier si vous en ressentez le besoin. Pendant l’accouchement, écoutez votre corps et vos sensations, et laissez sortir le son qui vient naturellement. Ne vous souciez pas du regard ou du jugement des autres, ni de la forme ou du volume de votre cri. Criez comme vous le sentez, quand vous le sentez, et autant que vous le sentez. C’est votre cri, et il n’y a pas de bon ou de mauvais cri.

Crier pendant l’accouchement est un droit et un bienfait pour la mère et le bébé. Il n’est pas à taire ou à contrôler, mais au contraire à écouter et à respecter. Il est l’expression de votre force et de votre libération, un des signes de l’immense puissance qui se cache en chaque femme pour faire naître son bébé.

Et vous, avez-vous crié pendant votre accouchement ? Comment avez-vous vécu ces cris ? Quels sont les effets que vous avez ressentis ? N’hésitez pas à partager vos témoignages et vos questions dans les commentaires avec la communauté des naturelles mamans !

Anne-Laure Wright

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Références scientifiques

(1) Neta JN, Amorim MM, Guendler J, Delgado A, Lemos A, Katz L. Vocalization during the second stage of labor to prevent perineal trauma: A randomized controlled trial. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2022 Aug;275:46-53. doi: 10.1016/j.ejogrb.2022.06.007. Epub 2022 Jun 15. PMID: 35728488.

(2) Navarro-Prado S, Sánchez-Ojeda MA, Marmolejo-Martín J, Kapravelou G, Fernández-Gómez E, Martín-Salvador A. Cultural influence on the expression of labour-associated pain. BMC Pregnancy Childbirth. 2022 Nov 14;22(1):836. doi: 10.1186/s12884-022-05173-1. PMID: 36376827; PMCID: PMC9664611.

(3) Christiaens W, Verhaeghe M, Bracke P. Pain acceptance and personal control in pain relief in two maternity care models: a cross-national comparison of Belgium and the Netherlands. BMC Health Serv Res. 2010 Sep 10;10:268. doi: 10.1186/1472-6963-10-268. PMID: 20831798; PMCID: PMC2944275.

(4) Van der Gucht N, Lewis K. Women’s experiences of coping with pain during childbirth: a critical review of qualitative research. Midwifery. 2015 Mar;31(3):349-58. doi: 10.1016/j.midw.2014.12.005. Epub 2014 Dec 31. PMID: 25600326.

3 Comments

  1. Romane Reply

    J’ai crié pendant mon accouchement (poussées) et les sages femmes sont arrivées paniquées en me disant que je risquais de réveiller les autres femmes qui accouchaient à côté… je les ai clairement envoyé bouler et j’ai continuer de crier jusqu’à la fin ! De toute façon c’était plus fort que moi et incontrôlable, il fallait que je crie…

  2. Alexandra Reply

    Ça me rappelle beaucoup mon accouchement car moi aussi j’ai crié. Je ne sais pas d’où ces sons sont sortis parce que je n’ai jamais crié comme ça auparavant. C’était des sons très graves, presque animaux, qui ont fait penser à mon mari que je souffrais terriblement alors qu’en fait c’est le moment où je me suis sentie le mieux de mon accouchement. C’était libérateur et puissant et quelque sminutes après seulement ma puce était dans mes bras pour le plus beau moment de ma vie.

  3. Sky64 Reply

    Crier n’est pas une nécessité pour toutes les femmes c’est bien aussi de le préciser parce que sinon certaines vont se sentir pas normales si elles ont pas envie de crier pendant leur accouchement. Moi j’ai poussé quelques vocalises très graves mais assez douces pour pousser mais je n’ai pas crié donc voilà c’est différent pour chacune, on a pas toutes les mêmes besoins pour accoucher !

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