La vitamine D augmente considérablement votre fertilité

Saviez-vous que dans les pays du Nord, où les hivers sont sombres et froids, les couples ont moins de chances de concevoir un bébé pendant l’hiver, alors que les taux de conception sont en très forte hausse l’été ? Si on était mauvaise langue, on pourrait dire que les Suédois et Finlandais sont plus frileux sous la couette quand ils se caillent les miches… Mais une étude médicale récente (1) a désigné  la vitamine D comme l’une des variables importantes de ce mystère de la reproduction.

La vitamine D, qu’est ce que c’est ?

La vitamine D est une hormone qui influence pratiquement toutes les cellules de notre corps. Une carence en vitamine D peut être liée à des maladies graves comme le cancer et certains problèmes cardiaques (2).

Depuis peu, nous savons aussi qu’elle peut considérablement augmenter la fertilité chez les hommes et les femmes.

Si vous souffrez de problèmes d’infertilité, vérifiez votre taux de vitamine D

La vitamine D est si crucial pour la santé (3) que je vous exhorte tous à faire en sorte que votre taux soit le plus haut possible, même si vous n’avez jamais eu de problèmes d’infertilité. C’est extrêmement important pour votre santé.

L’étude qui a mis en lien la vitamine D et la fertilité, menée par des chercheurs autrichiens et publiée dans le European Journal of Endocrinology, a montré que l’exposition à la lumière du soleil stimulait la fertilité chez les hommes et les femmes en augmentant leurs niveaux de vitamine D. Un bénéfice qui semble fonctionner à plusieurs niveaux :

Parmi les résultats de cette étude, les chercheurs ont prouvé que :

  • Chez les femmes, la vitamine D semble avoir un impact sur les résultats d’une fécondation in vitro (FIV), mais aussi sur l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques. Un bon taux de vitamine D permettrait aussi de réguler les niveaux de progestérone et d’oestrogènes, qui régulent les cycles menstruels et améliorent ainsi les chances de concevoir un bébé.
  • Chez les hommes, la vitamine D est essentielle pour le bon développement des cellules du spermatozoïde, et contribue aussi à maintenir la qualité du sperme et la numération des spermatozoïdes. La vitamine D augmente aussi les niveaux de testostérone, ce qui peut stimuler la libido.

Les chercheurs concluent par cette note, qui apportera certainement de l’espoir à tous ceux qui se battent contre des problèmes d’infertilité :

Compte tenu de la forte prévalence de l’infertilité chez les jeunes femmes et hommes en bonne santé qui souffrent d’une insuffisance en vitamine D, et le rôle possible de la vitamine D dans la reproduction humaine, la recherche pourrait conduire à de nouvelles approches thérapeutiques comme une supplémentation en vitamine D dans le traitement des femmes et des hommes qui souffrent de troubles de la reproduction.

D’autres études avaient déjà relié un faible taux de vitamine D à l’infertilité

Ce n’est pas la première fois que le manque de “vitamine du soleil” est lié à l’infertilité.

En 2008, une spécialiste de la fertilité australienne, le docteur Anne Clark, avait prouvé que près d’un tiers des hommes infertiles inclus dans son étude (4) avaient un taux de vitamine D en dessous de la normale. La chercheuse en avait conclu que :

  1. La vitamine D et la carence en folates sont connus pour être associés à l’infertilité chez les femmes, mais les résultats du dépistage chez les hommes infertiles dans notre groupe d’études a été une surprise complète.
  1. Parmi ces hommes, ceux qui ont accepté de faire des changements de style de vie et de prendre des compléments alimentaires à base de vitamine D ont vu leur fertilité s’accroître considérablement. En fait, parmi les cent hommes qui ont accepté de changer certaines habitudes dans leur style de vie (l’arrêt du tabac, la réduction de leur consommation de caféine et d’alcool, la perte de poids et une supplémentation en vitamine D et antioxydants) pendant trois mois avant de suivre un traitement contre l’infertilité, 11 d’entre eux ont réussi à concevoir un bébé naturellement, sans traitement ni FIV (fécondation in vitro).

Des études antérieures, comme celle publiée par l’École de médecine de l’Université de Yale (5), ont aussi démontré le rôle important de la vitamine D dans la fertilité féminine.

Ces chercheurs ont mené une étude sur 67 femmes stériles. Ils ont découvert que seulement 7% d’entre elles avaient un taux suffisant en vitamine D. Le reste des femmes avaient, soit un taux de vitamine D trop bas, soit une véritable carence en vitamine D.


L’un des chercheurs de Yale, le Docteur Lubna Pal, qui est aussi le directeur du programme pour le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) au sein du Centre de fertilité de Yale, a été citée pour ses conclusions :

Il convient de noter, que pas une seule des patientes qui souffraient de perturbations ovulatoires ou du syndrome des ovaires polykystiques n’avaient un niveau de vitamine D suffisant ; 39% des personnes avec des perturbations ovulatoires et 38% des personnes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques avaient des niveaux de 25OHD sériques compatibles avec une carence importante en vitamine D.

C’est la 25OHD, qui représente le stock de vitamine D dans notre corps. Elle doit être dosée pour savoir si un patient a ou non une insuffisance en vitamine D.

Compte tenu de la pandémie de carence en vitamine D, si nos observations sont fondées, un traitement de complémentation en vitamine D peut apparaître comme une approche alternative pour faciliter la reprise de l’ovulation avec peu ou pas de risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne ou de grossesses multiples.

Sur la base de cette étude, près de 40% des femmes qui ont eu un dysfonctionnement ovulatoire ont également eu une carence clinique en vitamine D.

Par conséquent, il est facile de comprendre l’importance de la vitamine D pour la fertilité d’une femme.

Quels autres facteurs peuvent être nocifs pour votre fertilité ?

On estime qu’un couple sur quatre se bat pour concevoir un bébé chaque année en France (6), et il existe de plus en plus de preuves qui mettent en cause notre mode de vie, notre alimentation et les changements environnementaux dus à la pollution dans ces dysfonctionnements.

Non seulement vous êtes exposés à des centaines (voire des milliers) de toxines chaque jour, mais certains des médicaments les plus couramment prescrits, une mauvaise alimentation, et les carences en vitamines ont également été liés à la réduction de la fertilité (7, 8).

Iva Keene, médecin spécialiste de la fertilité et auteur de l’ordonnance de fertilité naturelle aux États-Unis, affirme à ce sujet :

Les traitements par fécondation in vitro (FIV) et les autres technologies de reproduction assistée (ART) ne traitent pas les causes profondes de l’infertilité. Parmi ces causes, il y a : les carences nutritionnelles, l’exposition aux toxines, le stress, les intolérances alimentaires, les allergies et les déficits immunitaires. Ces facteurs subtils mais cruciaux interagissent de façon synergique pour influer sur la qualité de vos ovules et du sperme, affectant votre capacité à concevoir et la santé de votre embryon.
… Lors de la génération et de la maturation des cellules de gamètes – sperme et ovule – qui forment un embryon (une période de 120 jours), tout ce que vous et votre partenaire mangez, inspirez ou êtes exposés va influencer la santé de l’embryon pour le meilleur ou le pire. Voilà pourquoi il est essentiel de suivre un bon plan de préconception pour un minimum de 4 mois avant la conception. Un bébé est un produit fait à 50-50 par ses parents – donc l’optimisation de la qualité des ovules et du sperme est d’une importance primordiale.”

Pour appliquer les recommandations de cette grande spécialiste des traitements naturels de la fertilité aux États-Unis, voici quelques conseils de base à prendre en considération :

– Les aliments génétiquement modifiés (OGM), en particulier le maïs et le soja, contiennent des concentrations importantes d’herbicide glyphosate (l’ingrédient actif dans le Roundup), qui a été lié à l’infertilité dans un grand nombre d’études.

– Consommez une alimentation saine, riche en graisses saines, en antioxydants sains, et faible en sucre.

– Identifiez une potentielle intolérance au gluten. La maladie cœliaque (intolérance au gluten) a été liée à des problèmes de fertilité chez les deux sexes. Chez les hommes, il est associé à des anomalies du sperme, comme une faible numération de sperme, une forme des spermatozoïdes modifiée, et une fonction réduite. Les hommes atteints de la maladie cœliaque non traitée peuvent également avoir un faible niveau de testostérone.

– Soyez conscients des ondes électromagnétiques, comme la recherche le suggère, les téléphones portables peuvent influer sur la qualité du sperme. Une étude a révélé que les hommes qui passaient plus de quatre heures par jour sur un téléphone portable avaient les plus faibles taux moyens de spermatozoïdes (50 millions par millilitre) et un sperme en moins bonne santé. (9)

Êtes vous prêts à relever votre taux de vitamine D ?

Ceci est une étape incontournable pour toutes celles et ceux qui envisagent une grossesse, non seulement pour augmenter vos chances de concevoir un bébé, mais aussi pour les avantages qu’il offre pendant la grossesse. Comme chez nos amis du Nord, la carence en vitamine D est chose courante en Europe et dans beaucoup d’autres régions du monde. Ceci en grande partie parce que nous ne passons pas assez de temps au soleil, qui facilite le processus de production de vitamine D.

Pour connaître votre taux de vitamine D, il vous suffit d’aller faire une prise de sang dans un laboratoire d’analyses biologiques. Deux formes de vitamine D peuvent être mesurées par les laboratoires, mais seule l’une d’elles est dosée en routine : la « 25 OH vitamine D » ou calcifédiol. Ce dosage est remboursé par la Sécurité Sociale s’il est prescrit par un médecin.

Comment interpréter les résultats :

Conformément aux indications sur votre feuille d’analyse, le taux de 25-hydroxyvitamine D (lorsque la vitamine D a été métabolisée par le foie) doit être supérieur à 75 nmol/L (soit 30 ng/mL).

Les normes officielles sont les suivantes :

  • Carence : 25 (OH) D inférieure à 25 nmol/l (10 ng/ml)
  • Déficit : 25 (OH) D entre 25 et 75 nmol/l (10-30 ng/ml)
  • Concentrations normales : 25 (OH) D entre 75 et 250 nmol/l (30-100 ng/ml)
Les sources de vitamine D
1/ L’exposition au soleil :

Pour obtenir un bon niveau de vitamine D, l’exposition au soleil reste le meilleur moyen, qui vous apportera de 80 % à 90 % de la vitamine D dont vous avez besoin pour être en bonne santé. Une simple exposition (sans crème solaire) des mains, des avant-bras et du visage pendant 10 à 15 minutes entre 11 h et 14 h, à raison de 2 ou 3 fois par semaine, suffirait à assurer un apport adéquat à un adulte en bonne santé (10), d’avril à octobre environ. Ceci est une moyenne : la durée d’exposition nécessaire pour obtenir suffisamment de vitamine D dépend aussi du type de peau, de l’intensité des rayons du soleil, et de votre taux de vitamine D dans le sang. Par exemple, les personnes à la peau foncée, celles qui s’exposent avant 11 h ou après 14 h, celles qui utilisent systématiquement de la crème solaire et celles qui habitent sous des latitudes plus nordiques doivent s’exposer plus longtemps, ou plus souvent, pour obtenir un apport adéquat en vitamine D.

 

2/ Les aliments les plus riches en vitamine D :

Pour compléter l’effet de vos séances de bronzage, vous pouvez commencer à inclure plus d’aliments riches en vitamine D dans votre alimentation.

Les poissons gras : optez pour des poissons riches en acides gras et en oméga 3, mais à faible teneur en mercure, comme les sardines, le saumon sauvage et le thon blanc germon. Un pavé de saumon sauvage vous fournira plus de 120% de vos besoins quotidiens en vitamine D.

Les produits laitiers : si vous aimez boire du lait, dans un verre ou avec des céréales, vous allez vous régaler car un verre de 25cl de lait contient plus de 15% de votre besoin quotidien en vitamine D.

 Les œufs : si vous n’avez rien contre le salé, pourquoi ne pas commencer la journée par une omelette au petit-déjeuner ? Un seul œuf contient plus de 10% de vos besoins quotidiens en vitamine D.

Les champignons : ajoutez régulièrement quelques champignons de Paris dans vos pâtes ou votre soupe et vous recevrez 5% de la vitamine D dont vous avez besoin chaque jour.

Pour en savoir plus sur les aliments riches en vitamine D, vous pouvez consulter ce tableau réalisé par le site médical Passeport Santé : http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/PalmaresNutriments/Fiche.aspx?doc=vitamine_d_nu

3/ Les compléments alimentaires :

En dernier recours, un complément de vitamine D3 peut être pris par voie orale. Cependant, avant de prendre un supplément de vitamine, en particulier la vitamine D, vous devrez consulter votre médecin. C’est lui qui déterminera la dose que vous devez prendre chaque jour en fonction de votre condition spécifique. Certaines personnes ne doivent pas prendre de compléments à base de vitamine D, comme les personnes qui ont une maladie rénale, un lymphome ou une athérosclérose et dans certains cas, les femmes enceintes.

L’infertilité peut être un problème très difficile à vivre, dû à de multiples facteurs. Mais vous n’avez rien à perdre et tout à gagner en optimisant vos niveaux de vitamine D. Ce sera totalement gratuit si vous le faites en vous exposant au soleil, et peu coûteux si vous modifiez légèrement votre régime alimentaire ou prenez de la vitamine D3 en toute sécurité.

C’est une étape simple qui peut avoir un impact profond sur votre santé, même si la conception d’un bébé n’est pas votre objectif principal.

Et vous ?

Est-ce que vous rencontrez ou avez rencontré des problèmes de fertilité ? Avez vous déjà testé votre taux de vitamine D ? Vous a-t-on déjà conseillé de le faire ? Partagez votre expérience avec nous dans les commentaires ci-dessous !

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Sources

  1. Lerchbaum E, Obermayer-Pietsch BM, “Vitamin D and fertility – a systematic review”, European Journal of Endocrinology, publié en ligne en janvier 2012. Trouvé sur : http://www.eje-online.org/content/early/2012/01/24/EJE-11-0984.abstract?sid=51cb625d-faa6-4807-99f0-96562fffaf82
  1. “Vitamine D, 80% des occidentaux concernés”, Trouvé sur Passeport Santé : http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=manque_vitamined_page1_1_do
  1. Rapport “Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D”, Académie Nationale de Médecine, juin 2012.
  1. http://www.abc.net.au/science/articles/2008/10/21/2396765.htm
  1. Pal, L., Berry, A., Coraluzzi, L., Kustan, E., Danton, C., Shaw, J., & Taylor, H., 2012, “Therapeutic implications of vitamin D and calcium in overweight women with polycystic ovary syndrome”, Gynecological Endocrinology, Obstetrics, Gynecology & Reproductive Sciences, Yale University School of Medicine, USA. Trouvé sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22780885
  1. Selon l’enquête nationale périnatale 2003 et l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France 2007-2008, entre 18% et 24 % des couples ne parviennent pas à avoir un enfant après 12 mois sans contraception. Trouvé sur : http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/apres-un-an-d-essais-pres-d-un-quart-des-couples-infertiles
  1. “Comparison of lifestyle in fertile and infertile couples in Kermanshah during 2013”, Department of Midwifery, Shahid Beheshti University of Medical Sciences, Tehran, Iran. Trouvé sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26568759
  1. “How important is health promotion in the lifestyle of infertile couples?”, Department of Obstetrics and Gynecology, College of Medicine, University of Saskatchewan, Saskatoon, Canada. Trouvé sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9478313
  1. Jessica A. Adams, Tamara S. Gallowaya, Debapriya Mondal, Sandro C. Esteves,  Fiona Mathews, “Effect of mobile telephones on sperm quality: A systematic review and meta-analysis”, College of Life and Environmental Sciences, Hatherly Laboratories, Prince of Wales Road, University of Exeter, 2014. Trouvé sur : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412014001354
  1. Chen TC, Chimeh F, et al., “Factors that influence the cutaneous synthesis and dietary sources of vitamin D”, Department of Medicine, Boston University School of Medicine, Boston, 2007. Trouvé sur : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2698590/
  1. Kain, E., “Vitamin D: The Wonder Vitamin That May Help Me Conceive”, Decembre 2009. Trouvé sur Health.com: living.health.com/2009/10/07/vitamin-d-conception/
  1. Smith, R., “Vitamin D can aid fertility”, Decembre 2009, Trouvé sur le site du Telegraph: telegraph.co.uk/health/women_shealth/3434420/Vitamin-D-can-aid-fertility.html

 

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