Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !14 avril 2021
témoignage bel accouchement

Récit d’accouchement d’Elisabeth « Je n’ai jamais été aussi connectée à mon corps »

Elisabeth a accouché sans péridurale dans une salle de naissance physiologique de la maternité des Bluets à Paris. Elle nous raconte la naissance si intense et douce à la fois de son premier bébé, comment elle s’y est préparée et comment elle s’est laissée guider par son corps pour accoucher. Attention, frissons !

« Quand je suis tombée enceinte, plusieurs de mes copines avaient déjà un voire deux enfants.

Toutes avaient laissé entendre que leur accouchement avait été très dur, et qu’elles n’en gardaient pas un bon souvenir.

Du peu qu’elles racontaient, j’ai entendu qu’elles s’étaient senties complètement dépossédées de leur expérience, paniquées, et qu’en quelque sorte, elles avaient beaucoup “subi”. 

J’ai tout de suite su que je voulais l’inverse de cela. Que je voulais être actrice de mon accouchement. Que ça se passe bien. Que ce soit un beau moment.

Pour moi la meilleure manière de le garantir était de bien me préparer. En plus du yoga prénatal et des cours théoriques de la maternité, j’ai donc commencé très tôt à lire et à me renseigner.

Sur internet, je suis tombée sur beaucoup de ressources faisant un lien entre accouchement épanouissant, accouchement naturel, et absence de péridurale.

Malgré mon tempérament plutôt anxieux, et le fait que je me croie assez douillette, a germé en moi l’idée d’opter pour un accouchement naturel, si possible dans l’eau, en tous cas sans péridurale.

C’est à ce moment là que j’ai découvert le site Naturelle Maman, et que j’ai commandé le programme Enceinte & Sereine qui a confirmé mon intuition : sans péridurale, on sent mieux, et donc on maîtrise mieux.

Cela peut paraître paradoxal, mais j’étais aussi persuadée que la péridurale ralentissait l’accouchement, et comme j’avais très peur d’avoir mal, je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour un accouchement rapide et efficace. 

Parisienne, j’ai choisi d’accoucher aux Bluets, une maternité de type 1 réputée “cool” et respectueuse des mamans et des bébés (pas de protocoles médicaux non nécessaires, pro-allaitement, etc), conforme à mes valeurs et à mon projet, et possédant une baignoire de naissance. 

J’avais décidé d’être souple avec mon projet d’accouchement

Car je sais que beaucoup d’imprévus peuvent se produire, j’avais décidé d’être souple avec mon projet d’accouchement, je ne me mettais pas de pression et ne fermais la porte à rien.

Il n’y avait qu’une baignoire, sa disponibilité le jour J ne pouvait être garantie, je me disais donc qu’on verrait bien sur le moment si j’accoucherais dans l’eau ou pas.

Pareil pour la péridurale : je m’autorisais à “craquer” si vraiment j’en avais besoin.

Le papa était bien briefé pour me soutenir et me rappeler le moment venu que tout a une fin!

C’était la phrase que je lui avais demandé de me dire si je commençais à perdre espoir.

Les conseils de Naturelle Maman m’avaient déjà bien aidée pendant la grossesse, j’ai donc tout naturellement intégré ceux concernant l’accouchement : dattes et tisane de framboisier le dernier mois, et surtout, mobilité à fond quand le travail commencerait pour faire descendre le bébé. J’avais à cette fin acheté un gros ballon chez Décathlon. 

Le début du travail à la maison

Le jeudi 20 septembre 2018 (soit deux semaines pile avant mon terme) vers 11h du matin j’ai commencé à avoir une ou deux contractions, comme des douleurs de règles mais franchement supportables.

Je me dis que je vais prendre une douche et voir si ça passe avec l’eau chaude. J’en ai encore quelques unes…

Vers 13h, nous déjeunons et je commence à m’interroger. J’ai eu pas mal de contractions de “faux travail” en fin de grossesse, et les sages-femmes de la préparation à l’accouchement ont été formelles :

“Quand ce sera l’accouchement, vous le saurez, vous ne pourrez plus parler pendant les contractions.” – ce qui n’est pas du tout mon cas, je les supporte très bien.

Je prends tout de même quelques photos de moi avec mon gros ventre, au cas où ce seraient les dernières. 

Après le déjeuner, les contractions s’accélèrent et je commence à en avoir toutes les dix minutes, puis rapidement toutes les 5 minutes.

Comme tous les jeudis, notre femme de ménage arrive à 15h30, et nous sortons de l’appartement pour la laisser travailler tranquille.

Il fait beau et chaud, nous partons à pied prendre un verre en terrasse dans notre quartier.

A ce stade, on chronomètre et j’en ai toutes les 5 minutes, mais elles sont toujours supportables, je peux parler.

Je commence à me dire que c’est peut être bien le vrai travail mais je suis étonnée que mes contractions soient si supportables et continue à douter.

Nous terminons notre verre et marchons jusqu’au Monoprix du coin pour faire quelques courses.

J’ai l’impression que les contractions s’accélèrent : je laisse mon chéri faire les courses et me dirige tranquillement vers la maison. Je marche tellement lentement, que le temps que j’arrive, il a déjà terminé et il est 17h quand nous arrivons tous les deux chez nous.

Je mange un gros bol de muesli au chocolat pendant que mon chéri me fait couler un bain.

Rétrospectivement, cela me paraît dingue, mais à ce moment-là je suis encore en train de me dire que c’est peut-être un faux travail.

Non seulement le bain ne stoppe pas les contractions, mais elles s’accélèrent et ont maintenant lieu toutes les 3 minutes.

Je sors et m’installe sur mon ballon, je fais des huit avec le bassin, et, spontanément, commence à accompagner les contractions d’un chant de sons graves.

Une sorte de “öm” de yoga, mais version ours des cavernes, qui fait énormément rire mon compagnon.

Moi, je suis complètement dans ma bulle.

Je me sens bien. Mes sons sont très efficaces pour aider à supporter les contractions, ça me calme et me distrait, elles passent très vite et c’est tout à fait supportable. 

En allant aux toilettes, je découvre un petit filet de sang.

Je me dis qu’il n’y a plus de doute, que ces contractions sont efficaces sur le col. Je termine tranquillement ma petite valise pendant que mon chéri sort en urgence m’acheter des briquettes de jus de fruit pour la maternité. Dès son retour, nous commandons un Uber. 

L’arrivée à la maternité

Il est 19h45 quand on arrive à la maternité. Une infirmière nous ouvre la porte du service, je lance un souriant “Bonjour, je crois que je suis en train d’accoucher!”. Elle hoche la tête et me dit que je vais être examinée.

Je demande si la salle avec baignoire est dispo, elle me répond que oui mais qu’on ne va pas l’immobiliser dès maintenant pour moi (j’ai l’air tellement en forme qu’elle est persuadée que c’est une fausse alerte).

Ce n’est pas mon tempérament naturel, mais je suis comme en pilote automatique : très calmement, j’insiste, et suis donc installée dans la “salle nature”. 

Coup de chance, la maternité est déserte, très calme, il n’y a qu’un seul autre accouchement déjà en cours. Je m’installe et commence à faire du ballon et mes chants.

La sage femme m’examine à 20h20 :

« Vous voulez une bonne nouvelle ? C’est bien le travail et vous êtes déjà à 5 cm ».

Elle me félicite d’avoir géré seule jusque là, puis quitte la pièce en me disant qu’elle a terminé sa permanence.

Je tamise la lumière et j’allume mon diffuseur d’huile essentielle de jasmin, pendant que mon chéri met de la musique. 

Vers 21h, la relève arrive : pas une, mais deux sages-femmes, dont une étudiante stagiaire. Toutes les deux s’appellent Anaïs, et sont très douces et très sympa.

Je me sens en confiance. Je leur dis que je veux accoucher sans péridurale, si possible dans l’eau, elles acquiescent et me font tout de suite couler un bain. Je m’installe dans la baignoire. L’eau chaude me soulage bien. 

Vers 22h, ça commence à devenir intense. Je demande à être examinée. Anaïs (l’étudiante) regarde, retire le bouchon muqueux, et me dit que je suis à 7cm.

Je suis contente que ça avance bien.

J’ai une petite barre à laquelle me suspendre au dessus de la baignoire, et cela m’aide beaucoup d’allonger ma cage thoracique pendant les contractions.

J’alterne des phases où je m’allonge dans l’eau pour souffler, et où je me mets à genoux, suspendue à la barre. 

1h30 plus tard, les contractions deviennent vraiment très intenses et je commence à avoir des envies de pousser.

Mais je suis toujours à 7cm et elles me disent que j’ai envie de pousser parce que le bébé regarde vers le ciel (au lieu de regarder vers le bas) et qu’il appuie sur mes intestins.

Il ne faut pas pousser pour ne pas risquer de déchirer le col mais c’est super dur de lutter contre !

La poche des eaux n’est toujours pas rompue à ce stade.

Elles me disent qu’à minuit, si ça n’a pas avancé, elles viendront rompre la poche, et que si le bébé ne s’est pas retourné il faudra le faire manuellement.

Là, je commence à m’inquiéter un peu. Les contractions me font très mal, et surtout, j’ai peur de cette fameuse manipulation pour retourner le bébé. Je sais que ça fait mal.

Je me demande s’il faut que je demande une péridurale au cas où. Mais j’attends.

Les sages-femmes me font faire du 4 pattes dans la baignoire pour encourager le bébé à se retourner tout seul, pendant que le papa me passe une douchette d’eau chaude sur le bas du dos, ça soulage bien.

Je vais aux toilettes et là…

J’ai deux grosses poussées spontanées et la poche explose littéralement 

La douleur devient si intense que je suis dans un état presque second, et je ne trouve pas les forces de me lever seule des toilettes, mon chéri court chercher les sages-femmes qui me relèvent et me font marcher jusqu’à ma baignoire où elle remettent de l’eau chaude. 

Une heure plus tard, à minuit, le col est presque complètement effacé mais bébé appuie tellement bien que sa tête force déjà le passage.

Je suis toujours inquiète au sujet du positionnement du bébé, et je demande une écho qui confirme qu’il ne s’est toujours pas retourné.

Je commence à franchement stresser. 

J’ai trop chaud et ne suis plus à l’aise dans mon bain. Les sages-femmes me proposent de m’installer sur la table, à 4 pattes avec le haut du corps en appui sur un gros ballon. Elles essaient de me laisser mais je leur demande de rester.

Je pose beaucoup de questions en permanence, leur dis ce que je ressens, et leur présence me rassure.

Elles sont sympa, il y en a toujours au moins une avec moi et elles font tout pour m’encourager et me soulager.

Je ne m’en souviens pas, mais le papa m’a raconté après que je parle beaucoup au bébé, je lui demande de se retourner, je lui dis d’y aller quand il est prêt. Et heureusement, il finit par se retourner tout seul. 

Après un moment, la descente dans le bassin commence. Les contractions sont intenses et je pousse en soufflant, toujours en faisant mes râles musicaux.

Je sens bien le moment des épines avec bébé qui remonte entre chaque contraction.

Je commence à pousser plus fort.

Certaines fois je bloque la respiration et d’autres non, pour ne pas trop me fatiguer.

Les sages-femmes me disent de faire comme je le sens, et me rassurent régulièrement en me disant que le monitoring montre que mon bébé va très bien.

L’une d’elle tient une bouillotte sur mon dos. Je commence à être crevée et je m’affale complètement sur le ballon, j’y repose ma tête.  

Je sens bien quand le bébé arrive en bas parce que je sens sa tête dans le vagin, puis de plus  en plus près du périnée, et j’ai énormément envie de pousser.

Je me mets en mode “je donne tout”.

Je suis crevée et c’est dur de trouver la force de faire de très longues poussées mais la sensation en soi n’est pas désagréable, en tous cas pas douloureuse, presque du soulagement. 

La phase de véritables poussées dure à peine 10-15 minutes. Au moment du périnée, je pousse à nouveau en soufflant.

Les sages-femmes me mettent de l’huile et des compresses chaudes, ça fait du bien.

La tête passe, ça brûle un peu mais rien de comparable avec l’idée que je m’étais faite de ce « cercle de feu », je trouve ça tout à fait supportable.

Puis les épaules arrivent. On me propose de l’attraper moi-même pour le faire sortir mais je me sens incapable de bouger le haut de mon corps et refuse.

Je sens le liquide chaud jaillir en même temps que le bébé sort. 

Il est 1h25, bébé est sorti. A ma demande, on m’aide à m’installer sur le dos, et on le pose sur moi.

Je suis envahie d’un sentiment de soulagement et de gratitude immense. Je me dis “ça y est, il est là, c’est fini et tout s’est bien passé”.

Je suis si heureuse d’avoir mon bébé avec moi. 

Pendant ce temps, on injecte de l’ocytocine dans mon cathéter et à peine 2 minutes plus tard, on me dit de pousser avec la contraction pour le placenta, qui sort tout seul.

Comme je suis curieuse, elles me le montrent et m’expliquent tout. 

J’ai toujours mon bébé sur moi, la sage femme me donne un anesthésiant local en spray, et le gaz hilarant que le papa me tient pendant qu’elle me recoud.

Je n’ai pas eu d’épisiotomie mais une déchirure qui nécessite 5 points. Je sens l’aiguille piquer mais c’est supportable.

Le gaz me fait un peu tourner la tête alors on ralentit. 

On attend que le cordon arrête de battre pour le couper.

Après deux heures dans la salle de réveil, on fait les premiers soins du bébé puis je peux enfin regagner ma chambre.

Il est 5h du matin, on m’apporte un rôti de porc aux lentilles et un viennois que je dévore et dont je me souviendrai toute ma vie comme mon meilleur repas ! 

Je suis tellement heureuse de la façon dont s’est passé mon accouchement. C’était une expérience incroyable.

Pour moi qui suis d’habitude plutôt cérébrale et anxieuse, je n’ai jamais été aussi dans l’instant, aussi connectée à mon corps, autant à son écoute. Il a su faire tout seul.

Il m’a montré le chemin à suivre. J’étais complètement à ce que je faisais, dans ma bulle, sans hésitation.

Je savais quoi faire, je disais exactement ce que je ressentais et ce que je voulais.

Je savais ce qui me faisait du bien ou pas. Je n’avais pas peur. Je me suis sentie en totale possession de l’instant, vraiment actrice de mon accouchement.

C’était extrêmement intense et libérateur. J’en suis ressortie avec une immense satisfaction, une grande fierté et une profonde gratitude.

Jusqu’à ce jour j’y repense avec plaisir et suis reconnaissante à Anne-Laure et Naturelle Maman de m’avoir fourni des ressources si précieuses pour arriver à vivre l’accouchement dont je rêvais. »

Elisabeth


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3 Comments

  1. AvatarCéline T. Reply

    Merci Elisabeth d’avoir partagé ce beau récit avec nous, c’est très émouvant et inspirant. Je me sens rassurée pour un prochain accouchement ! Tu avais fait quoi comme préparation à la naissance ?

    1. AvatarÉlisabeth Reply

      Bonjour Céline, j’avais suivi les cours théoriques de la maternité, lu les docs de naturelle maman (le programme de préparation n’était pas encore lancé à l’époque), fait du yoga prénatal qui m’a beaucoup appris à me calmer et considérer la douleur comme quelque chose d’utile, de positif et à ouvrir le bassin, et vers la fin je faisais un peu de sophrologie spéciale accouchement via une appli (petit bambou)

  2. AvatarShantali34 Reply

    C’est l’accouchement qu’on rêverait toutes d’avoir et qu’on croit impossible alors le fait de lire ça me fait beaucoup de bien. Merci pour le partage.

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