Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !27 septembre 2021
Récit d'accouchement sans péridurale

Tiphaine « Mon accouchement express sans péridurale »

Tiphaine a accouché d’un premier bébé pressé de faire son entrée ! Seulement quelques heures après l’apparition des premières douleurs, elle a donné naissance à son petit garçon à la maternité. Elle nous raconte comment elle a vécu cet accouchement express.

« Le soir du 16 octobre, premier jour du couvre feu à minuit, nous sommes chez des amis, je sens mon ventre qui se contracte.

Je ne m’inquiète pas car je ne ressens aucune douleur (contractions récurrentes durant ma grossesse) et parce que nos amis avaient concocté un apéro bien épicé !

En réalité, je comprendrai plus tard que c’était le début du travail qui s’annonçait !

Le lendemain, je suis réveillée à 4h du matin par cette même sensation gênante.

Je dis tout de même à mon conjoint d’aller travailler car je n’ai toujours pas mal.

J’installe une application pour calculer les contractions, elles reviennent toutes les 5 min mais aucune douleur et aucun autre signe.

Je me rendors et me réveille à 11h30 (oui oui, 2h après j’avais mon fils dans mes bras) je prends mon petit-déjeuner, le petit dej’ c’est sacré !

A 12h15, je fissure la poche des eaux.

Bon clairement, je crois simplement au début que je me suis fait pipi dessus.

Les douleurs finissent par arriver mais ce que je ressens est encore loin de mes douleurs de règles… et surtout on est bien loin des douleurs atroces d’accouchement que j’ai imaginées.

J’appelle la maternité mais on me dit que comme je suis une primipare, (c’est le nom un peu barbare et pas très sexy pour dire que c’est mon premier enfant) et que je ne suis pas porteuse du streptocoque… j’ai largement le temps de venir.

Je prends ma douche et je romps à 12h30 la poche des eaux.

Les douleurs s’intensifient de plus en plus…

A ce moment-là, je me dis que c’est parti, le début du travail est bien là et je vais devoir prendre sur moi, mettre en place tout ce que j’ai appris, pour tenir plusieurs heures et peut-être accoucher seulement le lendemain… que ce n’est que le début.

Je reçois des messages positifs de mes proches et de mes amis qui me disent que j’en suis capable.

A 12h45, mon conjoint rentre. Je lui dis de prendre sa douche mais de ne pas trop traîner, parce que j’ai mal.

Le départ à la maternité

A 13h, on part à la maternité.

Sur la route là ça y est, je suis dans le bain, j’ai vraiment très mal, et mon conjoint s’inquiète en voyant à quel point les contractions sont rapprochées.

Si c’est votre premier bébé et que vous vous demandez à quoi ressemble la douleur des contractions, voici ce que j’ai ressenti.

C’est comme une énorme crampe dont la douleur vous soulève et vous coupe la respiration, qui arrive sous forme de vague.

Cela veut aussi dire qu’entre chaque contraction, il n’y a plus aucune douleur, tout se relâche.

Ainsi, il ne faut pas rester focaliser sur la douleur passée et ne pas anticiper celle qui arrive… mais vivre dans l’instant présent où il n’y a plus de douleur, même si c’est pour une seconde, souffler et surtout se dire que comme une vague qui arrive, elle va finir par repartir.

C’est facile à dire, je sais… je vous rassure je disais à mon conjoint « Aide moi, j’ai mal…  » mais gardez ça dans un coin de votre tête.

13h30 on arrive sur le parking extérieur (j’avais pris l’habitude de me garer là donc j’ai persisté comme une vieille dans mes habitudes ) et à 13h35 on est dans le hall… vide… et on ne sait pas où se trouve la salle d’accouchement.

Clairement, c’est la panique !

Je finis enfin par repérer en gros et en rouge l’indication de la salle de naissance.

On sonne et on nous dit de patienter 5 minutes (je viens juste d’arriver et pour un premier bébé je suis clairement pas leur urgence…).

Un papa dans le couloir nous dit de nous asseoir, que ça peut être long.

Et là, une contraction qui est arrivée de je ne sais où… de l’espace sûrement, il faut bien ça pour faire naitre une étoile !

Le destin veut que mon cri interpelle une sage femme et je lui dis :

« Je vous en supplie, aidez-moi…« 

Je me souviendrais toujours de l’intensité de nos regards.

Cette puissance d’échange entre une soignante et une patiente… La vision de mon métier en sera d’autant plus teintée, j’en suis persuadée.

Elle demande à sa collègue pourquoi on ne m’ausculte pas, qu’elle devrait vérifier tout de même.

Toutes les salles de naissances sont prises.

On m’installe donc sur un grand canapé où la sage-femme m’examine et me dit :

« Dilatation à 10, bébé est là ! »

Comment ça bébé est là ??

Il y a deux heures, je mangeais mes princes devant la télé…

Je suis pas prête psychologiquement !

On fait revenir le papa et on me dit de pousser.

Je dis : « Ok, mais je veux la péridurale. »

On m’explique que ce n’est plus possible et là je touche le fond, je me sens seule et démunie face à la douleur.

Heureusement, je suis accompagnée, rassurée et soutenue par une équipe de femmes exceptionnelles, de véritables coachs, des anges gardiens.

Et mon conjoint, le merveilleux papa de mon fils, est aussi extraordinaire par sa présence et son soutien.

Finalement, je ne suis pas si seule.

Une force qu’on ne soupçonne pas fait alors surface et un véritable instinct animal prend le relais.

En quelques poussées, je donne tout car on me dit que ça va soulager mes douleurs, et à 13h44, mon bébé est là.

C’est magique, indescriptible… Je sens sa chaleur, j’entends ses cris…

Tout prend une autre dimension, un nouveau sens.

C’est un moment suspendu pour l’éternité.

Mais c’est pas fini, il y a la délivrance du placenta et quelques points de suture.

Même si juste après l’accouchement, on n’a vraiment plus envie qu’on nous touche, on veut juste être tranquille. On a fait le job après tout !

Pour ma part, j’ai eu de la chance une délivrance plutôt en « douceur « .

L’avantage de ne pas avoir de péridurale c’est que j’ai pu me lever et 2h après avoir donné la vie, là encore grâce à l’aide d’une femme, j’ai pu prendre une douche.

Un moment de bonheur, un geste simple d’une femme à une autre, des paroles réconfortantes quand à ce nouveau corps et ces saignements.

Le post-partum immédiat

On ne parle pas de ce qu’on appelle les tranchées, ces contractions qui permettent à l’utérus de retrouver sa taille initiale et qui surviennent notamment lorsque le bébé tète.

Le corps de la femme est tellement impressionnant.

On ne m’avait pas parlé de ces douleurs et je me suis vraiment demandé :

« Mais c’est quoi ce deuxième accouchement qui arrive ?? »

Heureusement ces douleurs passent en 15 jours environ.

Pendant l’hospitalisation, j’ai également reçu l’aide et le soutien de toute une équipe de soignantes attentives et vraiment formidables.

Je suis tombée sur des personnes très bienveillantes en passant de la pédiatre à l’ASH (agent de service hospitalier, ndlr).

Sauf une personne, il faut toujours une méchante dans l’histoire non ?

Mais on oublie vite les gens néfastes et on garde en tête qu’on est LA maman.

Pour ceux qui penseraient que j’ai vécu un accouchement de rêve, je fois dire que ça été assez difficile physiquement mais surtout psychologiquement.

Finalement cet accouchement correspond bien à ma personnalité.

C’était cet accouchement que je devais vivre et il fait maintenant partie de notre histoire à tous les trois.

Il subsiste toujours une certaine culpabilité en moi de ne pas avoir vraiment réussi à déchiffrer l’apparition de mes contractions comme étant le signe que j’étais en travail.

D’être passée en seulement 10 minutes de la voiture à la délivrance de mon bébé, c’est très difficile à réaliser.

Est-ce que c’est mon corps ou mon esprit qui a voulu occulter ça ?

Pour une psychomotricienne, c’est le comble…

Surtout que je n’ai même pas senti l’engagement de mon fils dans mon bassin…

A moins qu’il se soit engagé seulement au dernier moment quand j’ai eu des douleurs terribles…

Autant de questions auxquelles je n’ai pas de réponse.

Et finalement je me dis qu’il faut lâcher prise et accepter que certaines questions doivent rester sans réponse.

C’est peut-être ça la vie de maman, accepter de perdre le contrôle sur certaines choses.

Quant à la douleur, ça serait mentir de dire que ça ne fait pas mal, c’est une douleur qu’il est difficile de décrire avec des mots.

Pourtant, j’aimerais vous dire que c’est une douleur qui est supportable car elle a un sens, un réel sens… et pour celles qui ont des règles très douloureuses je pense que vous avez un bon entraînement.

Le seul conseil que j’aimerais vraiment vous donner c’est de ne pas trop vous imprégner des discours de chacun, il en va de même du mien.

Chaque accouchement et chaque femme sont différents.

Comme disait la sage-femme au cours de la préparation à l’accouchement que j’ai suivie :

« Plaquez cette douleur au sol, ancrez vous, ne perdez pas pieds vous avez toutes les ressources en vous.« 

Et pour ce qui est de l’après… j’ai la chance d’avoir un bébé plutôt  » facile  » et je suis bien entourée.

Pour tout le reste, comme disait Winnicott : « Il n’y pas de bonne mère, il y a des mères suffisamment bonnes. »

Vous faites de votre mieux et c’est l’essentiel.

Plongez votre regard dans les yeux de votre enfant… c’est ça la magie de la vie. Il n’y a rien de plus important.

Merci à toutes ces femmes d’avoir rendu ces moments encore plus uniques. »

Tiphaine Grasa


Votre accouchement approche et vous n’êtes pas prête ?

Rejoignez le programme Naissance douce et profitez des meilleurs conseils pour vivre l’accouchement dont vous rêvez en cliquant sur l’image ci-dessous

4 Comments

  1. Alice Reply

    Moi qui ait été en travail pendant les 18 plus longues heures de ma vie pour mon premier j’avoue que cet accouchement me fait vraiment rêver. Mais je comprends que ce soit un traumatisme, on est tellement conditionné pour que ce soit long pour un premier que ça doit être vraiment difficile à réaliser, surtout si vous ne vous étiez pas préparée pour le faire sans peri.

  2. Annaelle Reply

    J’ai accouché à 38 SA d’un bébé aussi pressé de naître que le vôtre et je confirme, ça a beau être chouette et puissant, c’est aussi violent et compliqué à réaliser une fois que l’accouchement est passé. J’ai d’ailleurs fait une dépression du post-partum aux 3 mois de mon fils et je pense que ceci explique cela. Merci pour ce beau témoignage, ça fait du bien de vous lire !

  3. Loueva Reply

    Bonjour, j’avais choisi d’accoucher en maison de naissance mais après 32 heures de travail j’ai été transférée à la maternité et ai reçu de l’ocytocine et du prendre la péridurale alors que je ne l’a voulais pas. Je vous épargne les détails de mon accouchement qui a vraiment viré à la catastrophe mais juste pour dire que c’est vrai que quand je vous lis votre accouchement a l’air si facile que j’ai du mal à comprendre pourquoi vous dites que vous en êtes traumatisée. Je veux bien que ça ait été rapide mais parole d’une femme qui a mis plus de 40heures à accoucher, vous pouvez vous en réjouir.

  4. Stephy Reply

    C’est très beau, ça m’inspire vraiment beaucoup de forces et de courage pour mon accouchement. merci de partager votre expérience et de nous donner tout cet espoir que ça aille vite !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *