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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !4 décembre 2021

Accouchement : se mettre sur la pointe des pieds favorise la descente de votre bébé

Se mettre sur la pointe de pied fait partie des astuces que chaque femme enceinte devrait connaître pour bien vivre son accouchement. Cette position permet non seulement de favoriser la bonne position de votre bébé pour l’aider à s’engager dans votre bassin, mais aussi d’ouvrir votre bassin de façon optimale pour diminuer le temps de la descente de votre bébé. Voici comment la pratiquer.

Quand on laisse une femme qui accouche bouger comme elle l’entend et le ressent,

Quand on lui donne la possibilité de se laisser guider par son instinct et qu’on l’observe attentivement et discrètement,

Il est possible de la voir se mettre spontanément sur la pointe des pieds pendant une contraction.

Les sages-femmes qui accompagnent les accouchements physiologiques le savent : pendant le travail actif, beaucoup de femmes se mettent instinctivement sur la pointe des pieds lorsqu’elles atteignent 8 à 10 cm de dilatation.

Que vous soyez debout, assise, accroupie ou en suspension, vous pouvez vous mettre sur la pointe des pieds pendant le travail.

Cette position favorise l’ouverture de la partie supérieure de votre bassin, au niveau du sacrum, et aide votre bébé à s’y engager lorsque vous êtes à dilatation complète.

En vous mettant sur la pointe des pieds, vous allez aussi favoriser l’étirement de votre colonne vertébrale et diminuer la pression vers le haut sur le diaphragme pour faire de la place à votre bébé et l’aider à prendre la position optimale pour s’engager dans votre bassin.


Sans entraînement, la majorité des femmes ne peuvent rester en position accroupie sur la pointe des pieds plus de 10 minutes. Vous pouvez vous appuyer sur un ballon, vous tenir en suspension ou tout simplement vous tenir à un montant du lit.
© Marc Arcens, étudiant en médecine à l’Université de Genève.

Les bienfaits de la position sur la pointe des pieds pendant l’accouchement prouvés par une étude récente

Une étude publiée en 2019 par le Docteur David Desseauve, médecin obstétricien au CHUV à Lausanne (1) a comparé des femmes accouchant en position accroupie les pieds à plat avec d’autres qui accouchent en position accroupie sur la pointe des pieds.

Les résultats montrent notamment que :

  • 85% des femmes suivies se mettent spontanément accroupies sur la pointe des pieds pendant le travail actif
  • La position acroupie sur la pointe des pieds permet de favoriser l’ouverture du détroit supérieur du bassin et d’améliorer la lordose lombaire (creux dans le bas du dos)
  • Cette position aide aussi à « s’affranchir de la pression abdominale souvent gênante »
  • La flexion des cuisses joue un rôle majeur sur le positionnement du bassin et la lordose lombaire

Ses résultats encourageants permettent au docteur Desseauve de conclure que : « Dans la mesure où la position accroupie semble être une position qui est prise assez naturellement, et que la majorité des femmes se mettent sur la pointe des pieds lorsqu’elles sont accroupies, nos résultats pourraient conduire à mieux conseiller les femmes sur la posture des pieds à prendre pour, au final, optimiser l’accouchement.« 

© Nicole Hamic

Sur la pointe des pieds : une position optimale pendant le travail actif pour diminuer les risques de césarienne d’urgence

Au fur et à mesure du travail, votre bébé descend, poussé vers le bas par les contractions.

A la toute fin de la dilatation du col de l’utérus, il entame sa progression dans le détroit supérieur de votre bassin.

Etape clé de l’accouchement, l’engagement de votre bébé dans le bassin est la dernière ligne droite avant sa naissance.

Ce processus de descente du bébé dans votre bassin varie beaucoup d’une femme à l’autre.

Il peut durer environ 30 minutes pour les accouchements les plus rapides, jusqu’à plusieurs heures dans les cas les plus compliqués ou pour un premier accouchement.

Une fois dans le détroit inférieur, votre bébé n’a plus qu’à franchir le canal vaginal pour naître, aidé par les dernières contractions et guidé par vos poussées spontanées.

Mais si votre bébé ne s’est pas bien positionné ou si la dilatation de votre col s’est bloquée, il peut arriver que votre bébé ne s’engage pas.

A la maternité, on parle alors de « dystocie d’engagement » après deux heures de dilatation qui stagne à 9 ou 10 centimètres, sans que le bébé ne s’engage.

Cette dystocie d’engagement est malheureusement la cause de nombreuses césariennes d’urgence qui pourraient être évitées si les femmes étaient invitées à s’installer dans des positions plus appropriées à la descente de leur bébé (3, 4, 5).

La position debout ou accroupie sur la pointe des pieds fait partie des positions qui peuvent encourager la progression de votre bébé, mais il y en a d’autres que j’aimerais évoquer.

Les autres positions qui favorisent l’engagement de votre bébé en fin d’accouchement

Votre bassin est une structure mobile.

Vous pouvez l’imaginer comme un entonnoir inversé dans lequel votre bébé doit s’engager.

Grâce à ses articulations et ligaments, il peut bouger et offrir plus ou moins de place à votre bébé pour entamer sa descente à la fin du travail actif.

Et il existe plusieurs façons d’élargir la partie haute – la plus étroite – pour aider votre bébé à s’engager :

Position couchée sur le côté

La position couchée sur le côté simplifie vraiment la trajectoire du bébé ainsi que sa sortie. Cela permet notamment à votre bébé d’effectuer plus facilement sa rotation avant de s’engager dans votre bassin.

Position en suspension

Se mettre en suspension permet de soulager le périnée et peut aussi améliorer votre respiration abdominale pour favoriser la détente et le lâcher-prise.

Jambes fléchies, vous pouvez vous suspendre à des lianes, aux épaules de votre partenaire ou à la barre fixée au-dessus de la table d’accouchement.

Position à genoux ou à quatre pattes

Ces deux positions permettent une liberté complète de mouvement du sacrum et diminuent les douleurs lombaires.

Si vous ressentez des contractions fortes dans le dos, cette position pourrait vous faire le plus grand bien.

Elle facilite aussi la descente des bébés placés en position postérieure.

Rester à quatre pattes trop longtemps peut être fatigant pour les mains et les poignets. Vous pourrez alterner en vous mettant à genoux, bras en appui sur une chaise ou un ballon.

Si vous choisissez cette posture, pensez à mettre votre poids vers l’avant du corps, sur vos mains.

En toute fin de travail, vous pouvez aussi effectuer des mouvements de balancement du bassin pour aider votre bébé à effectuer le mouvement de rotation qui lui permet d’engager ses épaules dans votre bassin.

Et le meilleur pour la fin… la position du «chasse-neige»

Si les contractions deviennent insoutenables et que votre bébé reste haut, vous pouvez ouvrir vos jambes en position du «chasse-neige».

C’est une position préconisée par le Dr Bernadette De Gasquet qui consiste à rapprocher légèrement les genoux tout en gardant un angle fémur-hanche de 90 degrés pour permettre une meilleure ouverture du bassin.

Il faut rechercher en même temps un maximum d’extension et d’étirement du dos (à plat) donc vers l’arrière mais sans cambrer le dos.

Faites-vous confiance : Vous trouverez les positions qui vous conviennent le mieux

Chaque femme a un corps, un bassin, un bébé et des besoins différents.

Il n’y a donc pas vraiment de position idéale pour le travail ou l’accouchement.

L’essentiel est de les connaître toutes en vous informant, comme vous le faîtes aujourd’hui en me lisant, et de les pratiquer régulièrement pendant votre grossesse pour pouvoir changer de position de façon instinctive, sans réfléchir, pendant le travail.

Plus vous serez à l’écoute de vos sensations, plus votre accouchement sera facile et spontané.

Faites-vous confiance ! Vous avez tout ce qu’il faut en vous pour y arriver.

Et vous ? Est-ce que vous vous êtes mise sur la pointe des pieds, accroupie ou debout pendant votre accouchement ? Connaissiez-vous les bienfaits de cette position ? Est-ce qu’une sage-femme vous en a parlé ? Partagez votre expérience avec la communauté des naturelles mamans dans les commentaires ci-dessous !

Anne-Laure Brunelle


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Sources

(1) Desseauve, D., Fradet, L., Lacouture, P. et al. Is there an impact of feet position on squatting birth position? An innovative biomechanical pilot studyBMC Pregnancy Childbirth 19, 251 (2019). https://doi.org/10.1186/s12884-019-2408-2

(2) Gupta JK, Sood A, Hofmeyr G, Vogel JP. Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews 2017, Issue 5. Art. No.: CD002006. DOI: 10.1002/14651858.CD002006.pub4

(3) American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). Committee Opinion: Approaches to limit intervention during labor and birth. Published 2019. 

(4) Hemmerich A, et al. (2019). The effects of squatting while pregnant on pelvic dimensions: A computational situation to understand childbirth.

(5) Lawrence A, et al. (2013). Maternal positions and mobility during first stage labour.
cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD003934.pub3/full


5 Comments

  1. Anne-Catherine D. Reply

    Je n’en avais jamais entendu parlé mais ça semble logique quand on y pense puisqu’on nous conseille aussi de relever les jambes et de mettre les pieds sur un petit tabouret pour aller à la selle si on est constipé. On ne le dit pas assez souvent mais le col de l’utérus est aussi un sphincter, comme l’anus, et le réflexe d’éjection pour accoucher est aussi involontaire que celui de faire caca. Merci pour le partage des études aussi, je vais aller regarder.

  2. Minamona Reply

    Oh ben ça alors c’est intéressant ! Je vais carrément me le noter dans mon projet de naissance et en parler avec la sage-femme à la maternité, je n’en avais jamais entendu parler !

  3. LisaLouise Reply

    J’aurais aimé savoir ça avant mon accouchement, j’ai fini en césarienne d’urgence parce que mon bébé ne s’engageait pas dans le bassin et restait trop haut. J’ai été traumatisée et me suis beaucoup informée et j’ai compris après coup que ça pouvait être du au fait que j’ai été mise en position gynécologique sous monito avec la peri et qu’on ne m’a jamais proposé de changer de position… Il y a encore du chemin à faire dans certaines maternités et les dommages collatéraux ce sont les femmes qui les paient sans se plaindre.

  4. Cyrille Reply

    Merci pour cet article, étonnant mais intéressant!
    Pour ma part, j’ai accouché sans péridurale pour mon deuxième enfant. J’étais à quatre pattes (pourtant, je sentais les contractions dans le ventre, pas dans le dos), et je mettais mes orteils en extension pendant les contractions. Dans l’idéal, je me serais mise en position pour faire des pompes, mais j’étais trop fatiguée pour tenir ainsi… Tout s’est quand même bien passé!

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