Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !29 juillet 2021
Manon raconte son accouchement dans l'eau

Récit d’accouchement de Manon « C’est l’animal en moi qui est finalement ressorti »

Manon est praticienne en hypnose périnatale. Elle nous raconte comment cette pratique l’a aidée à aller jusqu’au bout de son projet de naissance dans l’eau et sans péridurale à la maternité pour la naissance de sa première fille, Nine. Un récit puissant, riche en émotions, empli de sagesse, d’amour et d’excellents conseils si vous vous préparez à accoucher.

Choisir de donner naissance à notre fille sans péridurale était, pour moi, une évidence depuis avant même la grossesse.

Je me sens profondément animale, mammifère, j’avais la sensation d’être faite pour accoucher.

Je crois que la nature est bien faite, alors je ne voyais pas pourquoi je n’y arriverai pas, sans médication.

Et puis j’avais ce besoin de réaliser ce chemin initiatique, comme si c’était ce voyage au cœur de mon corps qui ferait de moi une femme et une mère.

Bien évidemment, ce n’est valable que pour moi, c’est ma vision, je ne jugerai jamais aucune femme qui fait le choix de prendre la péridurale.

Comment je me suis préparée à accouchement sans péridurale

Je suis hypnothérapeute de métier, et je me suis spécialisée dans la périnatalité.

Je souhaitais donc me préparer par l’hypnose, autant pour me connecter avec ma fille, que pour accueillir la douleur au moment où elle se présenterait.

J’ai lu les livres « J’accouche sans péridurale », « Hypnonaissance » et « Hypnonatal », mais finalement ce sont les vidéos de préparation de Naturelle maman qui m’ont le plus aidée ainsi que la lecture de nombreux témoignages de mamans sur les réseaux sociaux.

J’ai choisi d’accoucher au CHU Arnaud de Villeneuve à Montpellier, pourtant une maternité de niveau 3, parce que je savais qu’elle était très axée physiologie.

Son chef de service est un pro accouchement physiologique et lorsque je leur ai présenté mon projet de naissance, tout a été reçu comme si c’était évident.

J’étais très rassurée d’accoucher à cet endroit, à la fois physiologique et hyper sécuritaire en cas de problème.

Si je devais accoucher à nouveau, j’y retournerai avec joie et les yeux fermés.

Tout a commencé le 4 octobre à 1h du matin quand j’ai senti que ma poche des eaux se fissurait.

De nature très peu anxieuse, j’ai fait le choix de rester à la maison, de découvrir les premières sensations des petites contractions, d’essayer de dormir un peu et puis…

« On verra quand il fera jour ».

Avant de partir à la maternité, j’ai eu besoin de me remplir d’amour et de joie, alors, quoi de mieux que de regarder le film de notre mariage avec mon mari. J’étais alors pleine d’ocytocine.

Je me suis présentée à 12h à la maternité, où l’on m’a fait un peu les gros yeux de m’être présentée si tard.

La poche ayant bien été fissurée, j’avais donc jusqu’à 1h du matin pour commencer le travail à la maternité.

Les contractions se sont intensifiées d’heure en heure à partir de 17h.

Je les ai gérées au début en fermant les yeux et en respirant, je plongeais dans ma bulle pour 1 minute, au calme, tranquille.

Lorsqu’elles sont devenues beaucoup plus intenses, j’ai mis en route mes audios d’hypnose.

Une minute de paroles très rapides d’une hypnothérapeute, toujours les mêmes mots, que je réécoutais à chaque contraction.

Ces mots qui me disaient de me focaliser sur ma douleur ont été salvateurs.

Ne pas chercher à minimiser sa douleur, ni à la maximiser, juste l’accueillir, la ressentir, la décrire.

Et finalement, bien plus que la respiration, c’est cette technique qui m’a beaucoup aidée.

Entre chaque contraction, je me concentrais sur ma fille, sur l’idée que j’allais bientôt la rencontrer.

Je lui parlais aussi, en lui expliquant ce qui était en train de nous arriver.

Tout ce temps, nous n’étions que tous les trois, mon mari, ma fille et moi, dans une chambre.

Aucune sage femme n’est venue nous déranger, aucun examen jusqu’à ce que je le demande et c’était très appréciable.

Lorsque j’ai eu besoin de le demander, j’étais déjà à un peu plus de 4 cm et je pouvais rejoindre la salle nature et sa baignoire bien chaude.

L’installation en salle nature

Accouchement dans l'eau à la maternité

Arriver dans la salle nature a été pour moi très riche en émotions.

Je savais que c’était dans cette pièce que notre fille verrait le jour.

Je regardais l’endroit où on lui ferait ses premiers examens, en me disant que dans quelques heures, nous serions enfin réunis. Je laissais couler quelques larmes de bonheur à cette idée, bien blottie dans les bras de mon mari.

La sage femme qui nous a accueillis dans cette salle a été très bienveillante, à tout moment on pouvait appeler, mais ils ne viendraient pas nous déranger.

Pas de monitoring, pas de touchers vaginaux, c’est nous qui demandions quand nous le sentions.

Je me suis alors plongée dans le bain, qui m’a été d’une grande aide.

Ici, plus besoin des audios d’hypnose, j’étais dans un état de transe constante, aucune idée du temps qui passe, je ne sais pas si je suis restée dans l’eau 20min ou 3h.

Toute à l’intérieure de moi, à souffler longuement et profondément sur les contractions.

La dernière phase des poussées

Au moment où j’ai ressenti ce fameux besoin de pousser, nous avons appelé. Et j’étais à 8-9 cm, il devait être 6h du matin environ.

J’ai choisi de poursuivre le travail sur le lit, et avec le recul je ne sais pas si c’était la meilleure idée. Les contractions se sont très nettement intensifiées.

La sage femme m’a encouragée à exprimer ma douleur, à sortir de moi, alors que jusqu’à présent je restais « à l’intérieur de moi ».

Et c’est là que j’ai commencé à crier sur les contractions.

Ce n’est pas du tout comme ça que je voyais mon accouchement, je l’imaginais silencieux, presque religieusement silencieux.

Et c’est l’animal en moi qui est finalement ressorti.

Un animal que je n’ai moi-même pas reconnu, j’entendais mes cris, je ne me reconnaissais pas, mais j’avais un besoin profond de m’exprimer.

Alors je laissais sortir, avec les encouragements et les mots très doux de l’équipe. J’étais alors allongée sur le côté.

Et puis, la phase de désespérance.

Je la connaissais, j’en avais lu des choses dessus, mais ce n’était « pas pour moi », ça n’allait pas m’arriver à moi.

Hum… Elle était bien là et pourtant je n’ai pas su la reconnaitre.

J’ai hurlé pour qu’on me donne la péridurale, j’étais résignée, certaine, c’était définitif, je voulais la péridurale.

L’équipe m’a alors encouragée, soutenue, portée à bout de bras.

Dans mon projet de naissance, j’avais été claire et directive, si je réclamais la péridurale en phase de désespérance, il fallait me la refuser.

Les sages-femmes m’ont expliqué que j’avais en moi toutes les ressources, qu’elles le savaient, qu’elles le voyaient, qu’elles allaient m’aider.

Mon mari, lui était plus inquiet, il savait que je le vivrais comme un échec au final si je prenais la péridurale mais avait du mal à me voir souffrir.

La sage-femme a percé la poche des eaux, et là tout a changé.

Les sensations se sont alors faites plus intenses mais moins douloureuses. Je savais qu’on y était presque.

Et puis on y était, c’était l’heure de la poussée.

J’ai eu besoin de me mettre à quatre pattes.

Cette phase a duré plus d’une heure. Partagée entre le besoin de pousser et la peur de me déchirer littéralement, de souffrir de cette brulure du cercle de feu.

Et à chaque poussée, retourner dans ma bulle et m’imaginer comme une longue coulée en natation, comme si je devais traverser toute la piscine par une seule coulée. Cette image m’a beaucoup aidée.

La tête de ma fille est sortie, nous l’avons entendue gazouiller, quelle étrange sensation d’entendre ma fille gazouiller alors que son corps est encore dans le mien.

Une dernière poussée et la voilà sous mon ventre. A me regarder avec ses petits yeux.

Bonjour Nine, bonjour l’amour de ma vie, bienvenue.

A ma demande, sur mon projet de naissance, la sage-femme a attendu que le cordon ombilical cesse de battre pour le clamper et proposer au papa de le couper.

J’ai enfin pu m’allonger sur le dos et profiter d’un premier peau à peau tout doux avec ma fille.

Aux futures mamans qui s’apprêtent à accoucher, je veux leur dire de se préparer à la douleur.

Il y aura très probablement cette douleur, qui secoue, qui fait chavirer et parfois perdre pied. Et cette douleur est ce qui vous permettra de vous mobiliser, corps et âme pour mettre au monde votre enfant.

Il y aura cette puissance qui vous mettra en transe, accoucher, d’un premier enfant en tout cas, se fait rarement en claquant des doigts, il faudra pousser comme si votre vie en dépendait pour accueillir votre enfant.

Et ce sera pourtant la chose la plus naturelle et la plus merveilleuse de votre vie.

La douleur, la puissance sont là pour vous aider. Courage, confiance et patience maman, le meilleur arrive très vite. »

Manon Edard – www.montpellier-hypno.com


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5 Comments

  1. Cath Reply

    Bonjour naturelle maman, merci pour ce beau partage. C’est un témoignage vraiment émouvant qui m’a fait des frissons par moments. Bravo à cette maman d’avoir tenu et de s’être laissée porter, quel beau premier accouchement !

  2. Caro Reply

    C’est très beau de lire cette expérience et en même temps très dur pour moi qui voulait tant vivre un accouchement physiologique et qui n’ai pas eu la chance de connaître l’accompagnement bienveillant dont cette femme a pu bénéficier. Je dois apprendre à en faire mon deuil mais ce n’est pas évident. Ça ne m’empêchera pas d’être contente pour celles qui vivent cette belle expérience.

  3. Céline Reply

    Que d’amour et de joie dans ce récit d’accouchement, c’est beau, lumineux, inspirant… C’est exactement ce que j’ai besoin de lire en cette fin de grossesse difficile pour moi. Merci du fond du coeur pour ce partage qui me fait le plus grand bien.

  4. Yousss Reply

    Je souhaite accoucher sans péri, je me dis que nos mères et grands-mères l’ont bien fait avant nous et comme bb a été conçu naturellement pourquoi pas l’accueillir naturellement. Je crains l’accouchement sur-médicalisé mais je crains aussi de ne pas savoir faire face à la douleur le moment venu et les beaux récits que je trouve sur votre site m’aide à avoir moins peur, ça me fait du bien et je trouve toutes ces femmes très courageuses et belles bravo !

  5. JuliaBiche Reply

    Aww super contente d’être tomber sur votre site !! Je vais accoucher très bientôt (DPA 12.03)et je vais accoucher en Maison de naissance! ce seras mon 2e accouchement , mais mon 1er Naturel!
    vous me donner tellement de forces avec vos Récits ‘accouchements merci !!! ♥️

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