Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !5 août 2021

Accouchement de Laeticia « Je me suis sentie invincible »

Laeticia rêvait d’accoucher dans l’eau en maison de naissance. Elle a pu concrétiser son projet, mais au sein de sa propre maison ! Elle nous raconte son premier accouchement si intense et puissant.

« Une année est passée depuis la naissance de notre beau trésor et je suis heureuse de partager avec vous notre incroyable aventure, avec mon mari Stéphan et mon fils Isha. Un magnifique trio.

J’ai eu la chance d’avoir un suivi de grossesse réalisé exclusivement par des sages-femmes, comme cela est possible au Québec où je réside, afin de planifier mon accouchement en maison de naissance.

Car mon rêve depuis longtemps était d’accoucher dans l’eau !

A partir de 39 semaines de grossesse, et puisque je dépassais 40 ans au moment de l’arrivée de bébé, on m’avait recommandé de débuter un monitoring fœtal ainsi qu’un contrôle du liquide amniotique à l’hôpital car le risque de bébé mort-né, m’avait-on dit, était plus important dans ma tranche d’âge.

Comme je me faisais confiance et que le rythme du cœur de mon bébé était vérifié chaque semaine avec la sage-femme, j’ai débuté ce suivi au cours de ma 41ème semaine de grossesse.

Ce jour-là, douche froide : l’obstétricienne qui mesure mon niveau de liquide amniotique me dit que j’ai un oligoamnios (insuffisance du liquide amniotique) et que c’est une indication claire pour être déclenchée de façon artificielle, dès le lendemain.

Quelle tristesse de devoir abandonner mon projet de naissance, longuement préparé, rêvé…

Alors je me mets en tête que je dois absolument accoucher.

Nous parlons à notre bébé pour lui expliquer la situation.

Devant mon refus d’être déclenchée, on me laisse tout de même la possibilité de revenir pour un autre monitoring le samedi matin.

Mais je sais au fond de moi que les médecins ne me laisseront probablement pas repartir car leur limite médicale sera atteinte à ce moment-là. (41S+3j)

Nous nous mettons donc dans notre bulle, à la maison, en suivant tous les conseils de notre sage femme et en pratiquant nos cours de yoga prénatal (j’en ai fait pendant les 2eme et 3eme trimestre).

Petite cérémonie de blessing way personnalisée.

Le vendredi matin, je me rends à un rendez-vous d’acupuncture en urgence pour espérer l’arrivée de quelques contractions.

Je tente aussi la stimulation des seins au tire-lait pour produire de l’ocytocine, fais des squats, monte et descends les escaliers…

Ah oui, j’oubliais aussi que 2 jours avant, un décollement des membranes avait été tenté sans succès…

Notre bébé mignon ne veut pas descendre le toboggan…

Je commence à désespérer de le voir arriver et d’un autre côté, j’ai tellement envie de lui faire confiance jusqu’au bout.

Me reste la dernière chance pour un accouchement 100% naturel : l’huile de ricin

Je connais les pouvoirs de cette huile… et je sais que si cela ne marche pas, je dois me résigner à accoucher à l’hôpital.

Nous sommes vendredi soir, j’avale à deux reprises 2 verres de ma potion magique de déclenchement et… vers 23h30, tout s’accélère ENFIN !

Les contractions arrivent et nous tenons notre sage-femme informée de l’évolution de la situation.

Je pense bien avoir perdu le bouchon muqueux. Mais pour la poche des eaux, je ne suis pas sûre.

Bref, tout est flou, les contractions sont de plus en plus intenses, voir même extrêmement violentes car je subis les effets indésirables de l’huile de ricin.

Mais notre sage-femme n’entend pas les signes d’un début de travail et conseille à mon mari de tenter de me faire prendre un bain.

Il est peut-être 2h du matin, je ne sais pas, j’ai perdu la notion du temps….

Les douleurs sont insoutenables et j’oublie tout ce que j’ai appris pour me faire du bien.

Stéphan tente de me soulager le bas du dos mais rien n’y fait…

Je comprends que je n’arriverai jamais à me rendre à la maison de naissance (située à plus de 20km…) et surtout…

Je sens l’envie de rester dans mon cocon

Je me dis simplement que je dois accepter la douleur pour que cette tempête qui s’abat sur moi se finisse rapidement.

Je ne suis que souffrance… Mes contractions ne durent pas 1 minute… mais heureusement !!!

A chaque nouvelle vague, je ne sais pas si je vais être capable de passer à travers.

Au téléphone, la sage-femme propose à Stéphan de retenter un bain…

Moi, je sens la pression immense du bébé sur mon périnée… Il est déjà très bas…

Je me rappelle une phrase pour tenter de survivre à cette tempête :

« Le meilleur moyen d’accepter la douleur, c’est d’y entrer »

Alors j’accepte, je lâche enfin prise et ce n’est pas peu dire !

A peine suis-je à nouveau dans le bain que je sens que tout se déchire, le fameux cercle de feu pour le passage de la tête.

Stéphan, qui avait visualisé ce moment, voit réellement la tête du bébé arriver…

C’est sûr, je n’accoucherai pas à la maison de naissance.

Une seconde poussée et bébé est accueilli dans le fond de ma baignoire !

Je ne comprends plus rien… Je suis sous le choc de cet accouchement si intense.

Stépan doit gérer notre bébé et la crainte que je n’ai pas fait une hémorragie (ce qui ne sera pas le cas) pendant qu’il doit appeler l’ambulance pour un transfert à l’hôpital (à ce moment là, j’ai envie d’y aller car je me sens terriblement seule).

Je me revois juste penchée sur mon bébé qui est sorti et dont je découvre le sexe… un petit garçon.

Je ne peux finalement le prendre dans mes bras en peau à peau qu’une fois installée dans l’ambulance.

C’est à ce moment que je réalise vraiment tout ce qui s’est passé… et que notre bébé est vraiment arrivé.

Nous n’avons pas eu le temps d’avoir peur.

J’ai fait confiance en mon instinct et malgré la brutalité de ce que j’ai ressenti, j’ai vécu une aventure extraordinaire.

Un premier accouchement à la maison, seule avec mon mari et notre bébé qui est arrivé.

On aurait dit qu’il s’était préparé pendant longtemps pour nous découvrir.

Il était parfait, le corps tout propre… Tellement beau.

Toute ma grossesse, j’ai été stressée par la croissance du bébé.

Beaucoup de personnes me disaient qu’il serait petit.

Isha a fait un pied de nez, un sacré, en arrivant au monde avec un poids de 4,070 kilos !

Un merveilleux petit garçon, dont le nom a été inspiré par les amérindiens qui ont peuplé, bien avant le peuple québécois, les terres de notre nouveau pays d’accueil.

Un pied de nez à l’hôpital où nous nous sommes bien rendus le samedi… mais avec mon petit bébé dans les bras !

Oui, cette fois, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie invincible et intouchable.

Car je l’ai fait malgré la peur de la douleur qui ne m’a jamais lâché durant ma grossesse.

Je repense à une vidéo d’Elisabeth Lathuille-Ferjani dans le programme Naissance douce qui parlait de l’utilisation du Rescue (fleurs de Bach) en parlant d’une maman qui avait accouché « comme une chatte » car elle était inconsciemment très prête à accoucher.

Je me suis dit qu’au final, je l’étais certainement aussi…

Je suis tellement fière de nous et de notre beau trio et je suis fière de partager ce moment d’intimité avec vous.

Merci à Anne-Laure et toutes les mères de cette communauté que j’ai côtoyé et que je continue à côtoyer virtuellement, avec qui je me sens toujours accompagnée, dans la bienveillance.

Je suis heureuse d’avoir pu accéder à vos programmes car en y repensant, quel autre accouchement de rêve aurais-je pu avoir ?

Avec tout mon amour. Maternellement vôtre, Laeticia

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