Les montagnes russes des émotions pendant la grossesse

Une des nombreuses choses à laquelle on n’est pas toutes préparées lorsqu’on attend un bébé, c’est le nombre d’émotions contraires, surprenantes, voire bouleversantes, que l’on va ressentir pendant neuf mois.

Lors de ma première grossesse, je suis allée de surprises en suprises en découvrant par exemple que :

–  je pouvais me mettre à pleurer pour quelque chose d’absurde ;

–  j’apprehendais la relation avec ma mère sous un jour nouveau ;

– cet état émotionnel fragilisé induit par les hormones de la grossesse faisait ressortir des souffrances que je pensais réglées depuis longtemps ;

– et bien d’autres choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout.

Comment obtenir de l’aide ?

J’ai eu le bon réflexe (à cette époque où je n’y connaissais pas encore grand chose) d’aller consulter la psychologue de la maternité des Lilas.

Une femme d’une grande humanité, riche d’une expérience de plus de 25 ans en accompagnement des futurs parents par la psychothérapie et l’haptonomie.

Grâce à son accompagnement, j’ai pu me débarrasser d’un bagage émotionnel trop lourd, que je souhaitais à tout prix ne pas transmettre à mon bébé.

Si vous ressentez vous aussi cette fragilité, n’hésitez pas à faire comme moi en consultant le ou la psychologue de la maternité où vous êtes suivie.

Vous pouvez aussi vous confier à votre sage-femme qui saura vers qui vous guider en cas de besoin.

Vous trouverez aussi un soutien précieux en rencontrant une doula. Ces femmes expérimentées (souvent mamans de plusieurs enfants) et formées au soutien des futures mamans sont déjà passées par ces étapes et sauront trouver les mots pour vous accompagner.

Vous pouvez repérer la proche de chez vous sur les site des Doulas de France.

Et si vous n’êtes pas prête à franchir le pas d’une rencontre en face à face, vous pouvez aussi appeler la ligne « Allô parents bébé » au 0800 003 456 .

C’est un numéro vert, gratuit et anonyme, mis en place par l’association Enfance et partage

Des conseillers sont disponibles tous les jours du lundi au vendredi de 10 h à 13 h et de 17 h à 21 h.

 

Je vous rassure, il y a aussi pleins de femmes qui vivent super bien leur grossesse. Elle sont très heureuses et ne ressentent pas de profonds bouleversements émotionnels, sans pour autant être bien préparées aux grandes étapes que cette période si particulière de leur vie induit.

Si c’est votre cas, voici quelques grands repères par trimestre de grossesse.

 



Les grandes étapes émotionnelles de la grossesse

Au premier trimestre : l’ambivalence.

Une réaction de défense (consciente ou inconsciente) peut se produire contre les changements que fait subir la grossesse : modifications de l’apparence corporelle, changement de l’environnement (dans le couple, dans le travail, dans la famille), ambivalence vis-à-vis de la maternité (désir d’enfant), de la place de l’enfant dans la société. Mais il y a aussi des réactions positives : réalisation de la féminité, joie de mettre au monde, de continuer la lignée, rapprochement avec ses parents, ses frères et soeurs…

 


Au deuxième trimestre : l’harmonie.

Il peut constituer une phase de maturité pour la future maman qui est souvent mieux dans sa peau. Le fœtus bouge, le ventre se voit, faisant prendre conscience de la réalité de l’enfant à venir.

La vie sexuelle, perturbée au début, redevient normale. Les rêveries concernant le bébé à naître se développent.

L’énergie revient aussi, après trois mois compliqués perturbés par les nausées et les besoins de sommeil plus intenses pendant le premier trimestre.

 


Au troisième trimestre : l’échéance.

La grossesse devient gênante. La femme se trouve à part dans la vie sociale (on lui laisse sa place assise, on la ménage…). Des questions surgissent : comment se passera l’accouchement ? L’enfant sera-t-il normal ?

Selon la théorie du conflit, plus le but est proche, plus le niveau d’anxiété est élevé.

Ce conflit détermine en majeure partie la condition psychologique du dernier trimestre, marquée des niveaux d’anxiété et de dépression habituellement supérieurs à ceux des deux premiers trimestres.

 

Et vous ? Comment avez-vous vécu votre grossesse ? Est-ce que vous vous attendiez à vivre autant d’émotions ? Comment avez-vous réussi à les gérer ? Avez-vous reçu suffisamment de soutien ? Partagez votre expérience avec la communauté des mamans naturelles dans les commentaires ci-dessous !

 

Anne-Laure Brunelle

 



Sources

– Abdel-Baki A. et Poulin M.-J., “Du désir d’enfant à la réalisation de l’enfantement. II. Perspectives psychodynamiques du vécu normal durant les phases de la grossesse et l’accouchement”, Psychothérapies, 2004.

– Karst J., “Réactions aux changements corporels”, Trouvé sur : Sage-femme.ch

– Szejer M., “Pour une médicalisation raisonnée de la maternité. Protéger l’environnement de la naissance”, Informations sociales, 2006.

 

5 thoughts on “Les montagnes russes des émotions pendant la grossesse

  • 14 June 2018 at 9 h 37 min
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    Je suis dans mon sixième mois de grossesse, j’attends mon premier bébé et je suis comme vous complètement perdue par le flot de mes émotions. Je suis hypersensible depuis le tout début de ma grossesse et je me rends compte que je ressens les sentiments des autres de facon beaucoup plus forte voire agressive parfois pour moi.
    Merci pour vos conseils et votre soutien, je ne savais pas du tout qu’il existait un numéro d’appel de soutien aux femmes enceintes, c’est vraiment une super initiative et je suis la première à trouver qu’on en a vraiment besoin.

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  • 14 June 2018 at 11 h 46 min
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    Voila je suis une fille de 24 ans, je suis encore étudiante pour un an. Mon copain avec qui je suis depuis bientôt 2 ans est un homme adorable de 27 ans. Il m’aime j’en suis certaine et pour moi et mon bien-être il est prêt a tout. Il est sérieux et nous nous aimons d’un amour inconditionnel. Je viens témoigner ici parce que depuis 4 semaines je suis enceinte. J’ai fait 3 tests pour en etre certaine !
    C’est ma première grossesse et je n’y croyais pas parce que j’ai toujours voulu porter un enfant en moi, donner la vie et lui donner tout l’amour du monde car je suis tres tres maternelle comme jeune femme et avoir des enfants et les élever, les voir heureux et vivre pleinement a toujours ete mon plus grand désir. Et me voila enceinte ! Tout ce que j’ai toujours revé d’être. Mais je ne peux pas m’empecher de penser que je ne suis pas prête… je ne travaille pas encore, nos familles ne se connaissent pas, et nous ne voyons pas comment lui donner la meilleure vie possible au vue de nos conditions. je ne pensais pas ressentir tout ca le jour ou je deviendrai maman…
    Merci en tous cas naturelle maman pour votre site, c’est vraiment pleins de supers remédes naturels et conseils qui font du bien.

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  • 14 June 2018 at 13 h 52 min
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    Bonjour naturelle maman,

    J’aime beaucoup votre blog et je suis contente de trouvé aujourdhui un sujet qui me concerne autant. Je suis enceinte de 27 semaines et depuis deux semaines je vais mal, je n’ai plus envie de rien faire et je me sens abattue et triste en permanence. Je pleure aussi beaucoup. Je suis allee voire une psy mais ça n’a rien donner du coup maintenant je me méfie j’ai peur et pas envie d’allé voir quelaun d’autre.
    Je vais essayer d’appeler le numéro dont vous parlez, j’espre que ca va m’aidé et me soulager.

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  • 14 June 2018 at 14 h 02 min
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    Moi aussi je suis très anxieuse à l’idée d’avoir un enfant. Depuis que je sais que je suis enceinte, j’ai des idées noires et je pleure souvent. En même temps, je culpabilise car attendre enfant est la plus belle chose de la vie et je ne veux pas que mon bébé en souffre.
    Je suis à 5 mois de grossesse et c’est vraiment dur. J’ai peur de ne pas être prête au moment de l’arrivée du bébé.
    Mon conjoint, mes soeurs, mes amies… personne ne comprend mon état quand j’en parle, ils pensent tous que je devrais être heureuse et épanouie. Merci pour cet article, ca me fait du bien que je ne suis pas la seule à traverser des moments difficiles pendant la grossesse.

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  • 14 June 2018 at 14 h 43 min
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    Bonjour Anne-Laure,

    Je suis touchée par votre expérience car je suis enceinte de 15 semaines et aussi très déprimée. Je me suis meme mis en arret maladie pour pouvoir etre chez moi et ne pas en sortir, je n’ai plus envie de rien et j’ai souvent envie de pleurer. je pense que les hormones jouent beaucoup sur notre comportement, les nausees des 1ers mois, la fatigue, on se sent inutile, bonne a rien! au boulot c’est pareil je ne tiens pas le coup! :??:
    pour moi ca n’a rien a voir avec le fait de croire que je vais etre une mauvaise mere mais c’est tout ses changements dans mon corps qui est perturbant!!!!

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