Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !14 mai 2021
Témoignage d'accouchement sans péridurale

Récit d’accouchement d’Océane « Je ne peux que recommander le suivi global »

Une femme, une sage-femme. Le récit d’accouchement d’Océane est l’illustration parfaite de l’importance d’avoir une sage-femme à ses côtés pour vivre un accouchement physiologique. Grâce au soutien de SA sage-femme et de son amoureux, Océane a réussi à offrir à sa fille la naissance dont elle rêvait. Elle témoigne ici de l’immense sentiment de puissance et de la fierté qui en ont découlé.

« Ma grossesse a été suivie par une sage-femme libérale qui propose le suivi global.

C’est donc elle qui a accompagné ces 9 mois, pris en charge mon accouchement en plateau technique et est venue nous voir mon bébé et moi à domicile les jours suivant la naissance.

J’ai eu la chance d’être orientée vers l’accompagnement global avant même de décider de concevoir un enfant, par la sage-femme qui assurait mon suivi gynécologique à l’époque.

Le jour où mon compagnon et moi avons décidé de faire un bébé, je savais donc où m’adresser… et heureusement car ma grossesse a débuté quatre jours après le retrait de mon DIU !

Nous étions déjà dans une démarche de simplification, d’écologie, d’écoute du corps au quotidien.

Le choix d’accoucher de la manière la plus naturelle et physiologique possible était donc une suite logique.

Ajoutons à cela le fait que, ainée d’une fratrie de trois filles, je suis la seule à être née sous péridurale et que j’ai entendu toute ma vie à quel point cette dernière et donc ma naissance avaient été mal vécues par ma maman.

Autant dire que j’étais programmée pour souhaiter accoucher sans péridurale à mon tour !

Dès mon deuxième mois de grossesse, j’ai rencontré la sage-femme qui nous a suivi tout au long de cette aventure, avec qui le papa et moi avons pu lier une merveilleuse relation.

Grâce à elle et au programme Naissance Douce, ainsi qu’aux autres soignants que nous avons rencontrés et à nos proches qui connaissaient notre projet de naissance, même si mon troisième trimestre s’est déroulé pendant le confinement du printemps 2020, je me suis toujours sentie épaulée, guidée et soutenue dans ce projet d’accouchement naturel.

Encore aujourd’hui, je n’en reviens pas de la chance que j’ai eue d’être si bien entourée !

6 jours de pré-travail à la maison avant le départ à la maternité

Bébé était attendu pour le 15 juin.

Vendredi 12 juin au matin a commencé le pré-travail, avec des « cessions d’entrainement » de 2 ou 3 heures de contractions légères espacées de plus ou moins 10 minutes.

Ce pré-travail durera pendant 6 jours, avec des contractions chaque fois un peu plus fortes mais qui finissent toujours par s’arrêter.

Lundi 15 juin j’arrive à terme et passe par le check-up à la maternité.

Tout va bien, la tête de bébé est déjà fixée au plus bas, des contractions sont visibles au monitoring, mais le travail n’est pas encore lancé.

Alors que j’étais en grande forme, je commence à paniquer intérieurement à l’idée d’un déclenchement qui mettrait potentiellement à mal notre projet de naissance naturelle avec notre sage-femme adorée.

Mardi après-midi, après avoir passé la matinée à sauter sur mon ballon et à monter et descendre les escaliers sans résultat, je craque et je pleure sans pouvoir m’arrêter pendant une heure sous les yeux démunis de mon conjoint.

Ma sage-femme, toujours dans le bon timing, nous propose un rendez-vous le soir même.

Elle a le sourire jusqu’aux oreilles.

« D’après elle, on n’accouche pas en pleine forme et dans la bonne humeur, on accouche quand on est au bout du rouleau et qu’on lâche prise. »

Si je commence à accepter le fait que je serai peut-être enceinte pour toujours, c’est que je suis mûre, c’est pour bientôt !

Mercredi 17 juin, deuxième check-up à la maternité le matin, la situation reste la même.

Un déclenchement prévu pour samedi matin si rien ne se passe.

Deuxième craquage le soir, je ne veux pas être déclenchée car, plus que la médicalisation, c’est le fait de ne pas pouvoir être accompagnée par notre sage-femme qui m’angoisse.

Le papa et moi passons la soirée dans le canapé, à profiter sans vraiment en avoir conscience de nos derniers instants à 2, je passe du rire aux larmes en écoutant de la musique et alors que les contractions sont revenues.

A 22h30, je perds le bouchon muqueux.

Cette fois, à 2 jours du déclenchement, c’est enfin le grand moment !

Les contractions me réveillent à 4h30 le lendemain matin.

Pendant toute la journée, elles seront de plus en plus intenses, mais resterons espacées d’environ 10 minutes.

La journée passe, on est en contact régulier avec notre sage-femme.

Elle est habituée à des accouchements très rapides, alors même si les choses ne semblent pas imminentes, elle se méfie de peur d’arriver trop tard !

Le papa et elle se mettent d’accord et elle finit par venir dans la nuit de jeudi à vendredi.

Après 20h de contractions, elles sont toujours assez anarchiques, espacées de 10 minutes en moyenne. Mon col est ouvert entre 3 et 4 cm.

Je suis rassurée que le travail soit vraiment installé mais il reste du chemin à faire !

La nuit puis le jour se passent, les contractions sont fortes et me demandent toute mon énergie.

océane a vécu un très long pré-travail à la maison
On aperçoit au loin la valise prête pour le grand départ à la maternité.

Mon compagnon et notre sage-femme sont à mes côtés et me soutiennent pendant les contractions.

Massages en bas du dos et vocalises m’aident à gérer la douleur.

Nous avons la joie de téléphoner à la maternité pour annuler notre rendez-vous du J+4 comme le travail s’est lancé spontanément !

La dilatation se poursuit, je suis à environ 6 ou 7 cm.

Trois heures plus tard, nouveau contrôle.

Ma sage-femme ne m’annonce pas de chiffre, je ne demande pas car je ne veux pas savoir, mais j’ai compris que les choses n’ont pas avancé.

Le départ à la maternité accompagnés par notre sage-femme

Nous sommes vendredi midi, notre sage-femme nous propose d’aller à la maternité.

Elle m’expliquera après coup que, le travail étant bloqué, elle avait envisagé un possible blocage psychologique et voulait tenter un changement de lieu pour voir si cela aiderait à faire progresser mon col.

Je suis admise en salle de naissance à 13h30.

Trois nouvelles heures passent et toujours pas de progression, pourtant la tête de bébé n’est pas loin.

Notre sage-femme nous propose à contrecœur de rompre la poche des eaux.

Je suis effrayée par cette intervention que je souhaitais éviter et je mets longtemps à l’intégrer, mais le travail n’avance plus et l’équipe médicale de la maternité ne va pas tarder à intervenir, je finis donc par accepter.

Ma sage-femme me laisse le temps et n’intervient que quand je donne le feu vert.

La poche est très difficile à rompre, les membranes sont très épaisses, elle doit s’acharner, percer plusieurs trous et tenter de les agrandir manuellement, mais elle finit par y arriver.

J’avais peur que ce soit douloureux mais pas du tout.

A partir de là, le travail reprend, au bout d’une heure je suis à presque 8cm, les contractions s’intensifient et s’accélèrent.

Je m’accroche de toutes mes forces au papa, les bras autour de son cou, ou à la barre installée au pied de la table d’accouchement.

récit d'accouchement sans péridurale à la maternité en plateau technique
Océane se soutient à la barre du lit de maternité pour apaiser la douleur des contractions.

Le temps passe et je commence à arriver au bout de mes forces, pourtant mon bébé n’est toujours pas sorti.

Heureusement pendant tout ce temps et ce jusqu’à la fin, le cœur de bébé restera parfaitement stable.

L’envie de pousser commence à se faire sentir, je m’accroche et me retourne dans tous les sens pour m’aider de la pesanteur et supporter la douleur, mais bébé ne semble pas avancer.

Après une nouvelle vérification, le verdict tombe : le col est à 9,5cm et bébé s’est retourné face au ciel, je ne suis donc toujours pas sortie de l’auberge !

Une longue phase de désespérance

Je suis bonne pour une longue phase de désespérance, je suis persuadée que je n’y arriverai jamais, à bout de force après 2 jours de travail et plusieurs nuits sans sommeil.

Pour chaque nouvelle heure qui s’écoule, je dis que je ne pourrai pas tenir une heure de plus.

Arrive le moment tant redouté où je n’ai plus qu’une idée en tête : que l’anesthésiste et le gynécologue viennent finir le travail pour moi.

Je n’en peux plus, je veux rentrer à la maison et aller me coucher !

Le papa commence à avoir du mal à supporter ma détresse, mais notre sage-femme nous aide à tenir bon.

En dernier recours, après un passage aux toilettes, voyant que je n’ai plus la force de tenir sur mes jambes, elle me propose de m’allonger et de tenter la position gynécologique pour que je puisse me reposer.

Nous savons qu’il va peut-être falloir faire intervenir le gynécologue pour retourner bébé mais elle m’examine une dernière fois.

« Par miracle mon bébé s’est remis dans le bon sens et la dilatation est complète »

Notre sage-femme me dira par la suite que mon long passage aux toilettes et la pause dans les contractions qui s’ensuivit lui avaient fait penser que la phase de désespérance touchait à sa fin et que les choses seraient rentrées dans l’ordre toutes seules.

Elle avait raison ! On touche presque au but.

Notre sage-femme appelle l’auxiliaire de puériculture et installe le matériel pour accueillir bébé, ce qui me redonne du courage et me permet de rassembler mes dernières forces.

Mon bébé sera bientôt là !

Nous vivons ensuite une dernière heure intense, pendant laquelle je pousse de toutes mes forces tout en n’étant plus vraiment présente.

Je reste en position gynécologique, je souhaitais initialement pouvoir m’aider de la gravité dans une autre position mais je suis trop épuisée et être au repos sur le dos me permet de tenir.

Le papa d’un côté et l’auxiliaire puéricultrice de l’autre me tiennent les jambes pour accompagner l’effort.

Je n’ai plus mal, je suis toute à mes poussées !

Entre les contractions, je suis totalement déconnectée et je m’endors même souvent.

La tête de bébé arrive, je m’accroche à chaque contraction en espérant que chaque poussée sera la dernière.

Je sens ses cheveux sous mes doigts, sa tête fait le yoyo un moment, quand enfin j’entends la phrase tant attendue :

« Bébé arrive, quand je te le dirai il faudra arrêter de pousser. »

Le cercle de feu passe, je le sens mais la douleur ne me parait pas si forte.

Ma sage-femme me propose de toucher la tête, je réponds :

« Non, non, là je veux juste qu’elle sorte !!! »

Un dernier effort, et notre petite fille est sur mon ventre.

Je ne réalise pas tout de suite que c’est terminé, qu’elle est là.

Les deux jours les plus intenses de ma vie touchent à leur fin !

Après 42 heures de contractions, vendredi soir à 22h16, Callie est née.

Le travail ayant été très long, la sage-femme demande notre accord pour clamper et couper le cordon tout de suite, de peur que notre bébé montre des signes de fatigue et qu’il faille l’emmener rapidement, alors qu’elle sait que nous souhaitions un clampage tardif et qu’elle y est très favorable.

A ce moment-là, ni le papa ni moi ne sommes plus accrochés à ce qui nous parait un détail et nous donnons notre accord sans sourciller.

Nous avons toute confiance en notre sage-femme et savons qu’elle ne prendra aucune décision contraire à nos souhaits sans raison valable.

Cette naissance si éprouvante a de toute façon un peu modifié nos priorités !

Lui comme moi n’avons presque pas dormi depuis trois jours et sommes vidés de toute énergie comme jamais auparavant.

Nous sommes ensuite restés trois heures en salle de naissance.

Mon bébé est posé sur mon ventre et nous faisons doucement connaissance.

récit d'accouchement sans péridurale
La naissance douce de Callie après 42 heures de contractions.

La délivrance se fera sans mal malgré la pose tardive de la perfusion d’ocytocine car mon cathéter ne fonctionnait pas, il a donc fallu en poser un nouveau en vitesse car l’équipe médicale ne nous accordait que trente minutes avant d’intervenir !

Nous avons pu voir le placenta dont notre sage-femme fera une empreinte.

Notre petite fille prend une première tétée et le papa accompagne au bout d’un moment l’auxiliaire puéricultrice pour les premiers soins pendant que la sage-femme s’occupe de moi.

Je m’en tire avec une déchirure superficielle qui ne nécessitera pas de points de suture et qui guérira vite.

Je suis capable de me lever et d’aller aux toilettes sur mes deux jambes (le fauteuil roulant n’arrivant pas assez vite à mon goût) !

Nous montons enfin en chambre à la maternité.

Les restrictions liées à la crise sanitaire de la Covid-19 ont été allégées et le papa peut rester avec nous.

Nous n’y resterons qu’une nuit, nous avions demandé une sortie anticipée, qui a été facilitée par le contexte sanitaire et le fait que la maternité était pleine.

Le lendemain à 14h, nous rentrerons chez nous.

La présence et le soutien du papa et de notre sage-femme ont été déterminants pour réussir notre projet sans péridurale.

Je ne peux que recommander le suivi global et l’accouchement en plateau technique, grâce auxquels mon conjoint a été totalement impliqué dans la préparation à la naissance, et qui nous ont permis de prendre notre temps, sans que jamais on ne me mette la pression ou ne me propose une intervention si elle n’était pas absolument nécessaire.

Jamais la péridurale n’a été évoquée par quiconque (à part moi !) et c’est notre sage-femme qui m’a poussée à dépasser mes limites et à tenir jusqu’au bout.

Les touchers réguliers, le perçage de la poche des eaux, la position gynécologique et le clampage rapide du cordon ne faisaient évidemment pas partie de notre projet, mais chaque acte a été proposé, expliqué, j’avais toujours le choix et le temps.

Je l’ai donc très bien vécu et n’ai pas du tout la sensation d’un échec ou d’une déception.

Ma sage-femme a d’ailleurs été la première à être désolée de devoir prendre ces décisions car elle a pour habitude d’intervenir le moins possible auprès de ses patientes.

Elle l’a toujours fait en douceur et pour de bonnes raisons, ce qui a permis de préserver la santé de ma fille et la mienne et de rester en petit comité dans la salle de naissance.

Cet enfantement aura été un intense dépassement de moi-même.

Bien que je ne me sois pas préparée à ce que le travail soit si long, tout ou presque s’est déroulé selon mes souhaits et ceux de mon conjoint.

J’en suis ressortie bouleversée et transformée par la puissance que mon corps et mon mental ont déployé et l’incroyable travail d’équipe que ma fille et moi avons fourni pour qu’elle naisse.

J’en tire une grande fierté : si j’ai pu faire ça, alors je peux tout faire !

J’éprouve également un immense respect pour toutes les femmes qui ont donné la vie, quelle que soit la manière dont elles l’ont fait, tant cet acte me parait encore aujourd’hui incroyable.

Bien entendu, le plus incroyable reste ce merveilleux petit être qui depuis remplit notre vie et dont je peine encore à croire que nous l’avons créé de toutes pièces ! »

Océane


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5 Comments

  1. AvatarZoomette4 Reply

    Je suis très émue, ça me rappelle tant de souvenirs, merci pour ce beau récit. J’ai accouché de mes 3 premiers sans péridurale par choix et je vais remettre ça dans moins de deux mois pour BB4. ♥️

  2. AvatarServane G. Reply

    Merci Océane de m’avoir fait connaître le suivi global avec une sage-femme. Je suis en début de grossesse, à 6 semaines +5 jours et je suis perdue sur le lieu de naissance que je dois et peut choisir. Je n’aurais jamais pensé que ce serait si compliqué. Votre récit me donne envie de contacter une sage-femme libérale qui fait le suivi global, j’espère que je vais trouver la perle rare comme vous. Belle continuation et merci pour tout.

    1. AvatarOcéane Reply

      Merci ! Je vous souhaite de trouver la personne qui vous correspondra, c’est une expérience merveilleuse d’être si bien accompagnée. Belle grossesse à vous !

  3. Avatarmamandcie Reply

    les témoignages que vous publiez m’aident tellement car ma décision et déjà prise, je veux (dans le meilleur des cas) tenter l’expérience et vivre pleinement mon accouchement.
    Je compte associé le jour de l’accouchement l’homéopathie, l’aromathérapie (huiles essentielles) et la phytothérapie (plantes) pour m’aider à supporter la douleur…et je me dis que si toutes ces mamans y sont arrivées pquoi pas moi ? Je l’espère tant.

  4. AvatarMalaisiamina Reply

    Votre récit d’accouchement est tout à fait merveilleux. Ma date prévue d’accouchement est pour très bientôt, soit le 13 mars et j’ai pris la décision d’accoucher naturellement. J’y tiens dur comme fer, mais j’avoue que ça m’inquiète quand même. Ce sera un premier accouchement pour moi. Ce disant, vous lire me rassure énormément! Et j’ai trouvé ça tellement touchant, que j’ai versé plusieurs larmes, m’imaginant tenir moi aussi mon beau petit garçon dans mes bras! Oufff! Que d’émotions! J’espère vivre un accouchement aussi magique que le vôtre!

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