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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !16 avril 2024
Les bienfaits du réensemencement vaginal pour les nouveaux-nés nés par césarienne - Naturelle Maman

Le réensemencement vaginal après une césarienne pourrait améliorer le développement des bébés

Vous avez entendu parler du réensemencement vaginal, cette pratique qui consiste à frotter la bouche et la peau du nouveau-né avec une gaze stérile imbibée de sécrétions vaginales de sa maman ? Vous devez accoucher par césarienne et vous posez des questions sur cette technique ? Découvrez tout ce que vous devez savoir sur le réensemencement vaginal après une césarienne, preuves scientifiques à l’appui, dans ce nouvel article de Naturelle Maman.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Cell Host & Microbe (1), appliquer des sécrétions vaginales d’une maman sur son bébé né par césarienne dès sa naissance pourrait restaurer l’équilibre de son microbiote intestinal et améliorer son développement neurologique.

Pour parvenir à ces résultats, le Docteur Jose Clemente, spécialiste du rôle du microbiote dans la santé, a suivi 68 nourrissons nés par césarienne pour évaluer les effets de l’application des sécrétions vaginales de leurs mamans immédiatement après leur naissance.

Les bébés ont été divisés en deux groupes : 32 nourrissons nés par césarienne ont été enduits de sécrétions vaginales à l’aide d’une gaze imbibée, alors qu’une solution saline a été appliquée chez les 36 autres nouveau-nés.

Une heure avant la césarienne, la gaze a été placée dans le vagin de la mère qui avait été testée afin de déterminer si elle n’était pas porteuse d’une MST ou du streptocoque B.

Les sécrétions vaginales ont ensuite été appliquées sur l’ensemble du corps des bébés en partant de la bouche et du visage.

Dans un second temps, les chercheurs ont également évalué le développement neurologique des bébés. Les mères ont notamment rempli un questionnaire à 3 et 6 mois leur demandant si leurs enfants pouvaient émettre des sons ou ramper.

D’après les résultats, les bébés du 1er groupe ont présenté de meilleurs scores que ceux du groupe témoin.

« Nous pensons que cela s’explique notamment par le fait que certains microbes produisent des particules chimiques qui pourraient toucher des fonctions du cerveau », a précisé le Docteur Jose Clemente.

Cette étude récente aux résultats prometteurs mais menée à petite échelle vient relancer le débat de la communauté scientifique sur les bienfaits du réensemencement vaginal pour les bébés nés par césarienne.

Est-ce vraiment utile ? Quels sont les dangers ? Quelle est la balance bénéfices/risques pour les bébés ?

J’ai mené l’enquête pour vous donner de bons repères si vous devez accoucher par césarienne.

Qu’est-ce que le réensemencement vaginal ?

Le réensemencement vaginal est une technique qui vise à reproduire artificiellement le contact du bébé avec le microbiote vaginal de la mère lors de l’accouchement par voie basse.

Le microbiote, c’est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, champignons…) qui vivent sur et dans notre corps. Il joue un rôle essentiel dans notre santé, notamment dans notre immunité, notre digestion, notre humeur…

Or, le microbiote se forme dès la naissance, et il est influencé par le mode d’accouchement. Les bébés nés par voie basse sont colonisés par les bactéries du vagin et du rectum de la mère, tandis que les bébés nés par césarienne sont colonisés par les bactéries de la peau et de l’environnement hospitalier.

Ces différences peuvent avoir des conséquences sur le développement et la santé des enfants.

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Quels sont les bienfaits du réensemencement vaginal ?

Le réensemencement vaginal aurait pour but de favoriser un microbiote plus diversifié et plus proche de celui des bébés nés par voie basse chez les bébés nés par césarienne. Cela pourrait avoir des effets bénéfiques sur leur immunité et leur prévention de certaines maladies.

En effet, plusieurs études ont montré que les bébés nés par césarienne ont un risque plus élevé de développer des allergies, de l’asthme, du diabète de type 1, de l’obésité ou des maladies inflammatoires intestinales que les bébés nés par voie basse.

Ces maladies seraient liées à un déséquilibre du microbiote intestinal, qui entraînerait une inflammation chronique et une altération de la barrière intestinale.

Le réensemencement vaginal pourrait donc contribuer à restaurer un microbiote plus équilibré et plus protecteur chez les bébés nés par césarienne.

Quels sont les risques du réensemencement vaginal ?

Le réensemencement vaginal n’est pas sans risque. Il peut entraîner la transmission de germes pathogènes ou d’agents infectieux de la mère au bébé. Par exemple, si la mère a une infection vaginale (comme une mycose ou une vaginose bactérienne), une infection sexuellement transmissible (comme le VIH ou l’herpès), ou une infection urinaire (comme une cystite ou une pyélonéphrite), elle peut contaminer son enfant en lui appliquant ses sécrétions vaginales.

De plus, le réensemencement vaginal peut interférer avec le dépistage néonatal des infections congénitales (comme la syphilis ou le streptocoque B), qui se fait à partir d’un prélèvement sanguin au talon du bébé. En effet, le sang du bébé peut être faussé par les bactéries vaginales de la mère.

Enfin, le réensemencement vaginal peut avoir des effets imprévisibles sur le microbiote du bébé. Il peut modifier son équilibre naturel, favoriser la croissance de certaines espèces au détriment d’autres, ou induire une réaction immunitaire inappropriée. Il peut aussi entraîner une confusion entre le microbiote vaginal et le microbiote oral ou cutané du bébé, qui sont normalement différents.

Que dit la science sur le réensemencement vaginal ?

Le réensemencement vaginal est une pratique récente et peu étudiée. Il n’existe pas de consensus scientifique sur son efficacité, sa sécurité et ses indications. Les études disponibles sont peu nombreuses, de petite taille, de faible qualité et souvent contradictoires.

Une étude suédoise, publiée en 2016 dans la revue Nature Medicine (2) a comparé le microbiote de 18 bébés nés par césarienne, dont 7 ont bénéficié d’un réensemencement vaginal, à celui de 7 bébés nés par voie basse. Elle a montré que le réensemencement vaginal permettait de rapprocher le microbiote des bébés nés par césarienne de celui des bébés nés par voie basse, notamment au niveau de la bouche et de la peau. Cependant, cette étude était limitée par son faible effectif, son manque de contrôle et son suivi court (un mois).

Une étude australienne, publiée en 2020 dans la revue Frontiers in Pediatrics (3), a comparé le microbiote de 81 bébés nés par césarienne, dont 11 ont bénéficié d’un réensemencement vaginal, à celui de 62 bébés nés par voie basse. Elle a montré que le réensemencement vaginal n’avait pas d’effet significatif sur le microbiote des bébés nés par césarienne, ni sur leur santé à court terme (infections, allergies, croissance). Cette étude était plus robuste que la précédente, mais elle présentait aussi des biais (absence de randomisation, non-respect du protocole).

Une étude canadienne, publiée en 2021 dans la revue Cell Reports Medicine (4) a comparé le microbiote de 177 bébés nés par césarienne, dont 18 ont bénéficié d’un réensemencement vaginal, à celui de 157 bébés nés par voie basse. Elle a montré que le réensemencement vaginal avait un effet modeste et transitoire sur le microbiote des bébés nés par césarienne, qui restait différent de celui des bébés nés par voie basse. Elle a aussi montré que le réensemencement vaginal pouvait transmettre des bactéries potentiellement pathogènes de la mère au bébé. Cette étude est la plus large et la plus rigoureuse jamais menée à ce jour sur le réensemencement vaginal.

Le réensemencement vaginal est une méthode encore peu étudiée à employer avec beaucoup de précaution

Le réensemencement vaginal est une pratique qui suscite beaucoup d’intérêt et d’espoir chez les parents qui ont accouché par césarienne.

Il repose sur l’idée que le contact avec le microbiote vaginal de la mère est bénéfique pour le bébé, et qu’il peut être reproduit artificiellement.

Cependant, même si les études existantes ont des résultats très prometteurs (5, 6, 7) elles restent insuffisantes pour affirmer l’efficacité et la sécurité du réensemencement vaginal.

Il existe des risques potentiels de transmission d’infections ou de perturbation du microbiote du bébé.

Je pense donc qu’il faut être prudent avec cette pratique, et ne pas la faire sans avis médical. Il faut aussi respecter certaines précautions : vérifier l’absence d’infection, réaliser un prélèvement vaginal stérile avant la césarienne, conserver le coton au frais pendant le transport, appliquer le coton sur le bébé dès que possible après la naissance…

Rappelez-vous aussi que le microbiote n’est pas figé à la naissance : il évolue tout au long de la vie, en fonction de nombreux facteurs (allaitement, alimentation, environnement, médicaments…).

Votre enfant ne sera pas forcément plus malade, même s’il est né par césarienne, si vous lui offrez par la suite un allaitement long et de saines habitudes de vie.

Et vous ? Avez-vous déjà accouché par césarienne ou avez-vous une césarienne programmée ? Avez-vous déjà entendu parler du réensemencement vaginal après une césarienne ? Qui vous a conseillé cette méthode ? Partagez votre expérience avec la communauté des naturelles mamans dans les commentaires ci-dessous.

Anne-Laure Wright

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Sources

(1) Effects of vaginal microbiota transfer on the neurodevelopment and microbiome of cesarean-born infants: A blinded randomized controlled trial. Cell Host Microbe. 2023 Jun 7:S1931-3128(23)00215-9. doi: 10.1016/j.chom.2023.05.022.

(2) Dominguez-Bello MG, De Jesus-Laboy KM, Shen N, Cox LM, Amir A, Gonzalez A, Bokulich NA, Song SJ, Hoashi M, Rivera-Vinas JI, Mendez K, Knight R, Clemente JC. Partial restoration of the microbiota of cesarean-born infants via vaginal microbial transfer. Nat Med. 2016 Mar;22(3):250-3. doi: 10.1038/nm.4039. Epub 2016 Feb 1. PMID: 26828196; PMCID: PMC5062956.

(3) Kim G, Bae J, Kim MJ, Kwon H, Park G, Kim SJ, Choe YH, Kim J, Park SH, Choe BH, Shin H, Kang B. Delayed Establishment of Gut Microbiota in Infants Delivered by Cesarean Section. Front Microbiol. 2020 Sep 11;11:2099. doi: 10.3389/fmicb.2020.02099. PMID: 33013766; PMCID: PMC7516058.

(4) Kelly JC, Nolan LS, Good M. Vaginal seeding after cesarean birth: Can we build a better infant microbiome? Med. 2021 Aug 13;2(8):889-891. doi: 10.1016/j.medj.2021.07.003. PMID: 35590163.

(5) Gensollen T., Iyer S.S., Kasper D.L., Blumberg R.S, How colonization by microbiota in early life shapes the immune system.Science. 2016; 352: 539-544 https://doi.org/10.1126/science.aad9378

(6) Bittinger K., Zhao C., Li Y., Ford E., Friedman E.S., Ni J., Kulkarni C.V., Cai J., Tian Y., Liu Q., et al., Bacterial colonization reprograms the neonatal gut metabolome, Nat. Microbiol. 2020; 5: 838-847

(7) Lynch CMK, Cowan CSM, Bastiaanssen TFS, Moloney GM, Theune N, van de Wouw M, Florensa Zanuy E, Ventura-Silva AP, Codagnone MG, Villalobos-Manríquez F, Segalla M, Koc F, Stanton C, Ross P, Dinan TG, Clarke G, Cryan JF. Critical windows of early-life microbiota disruption on behaviour, neuroimmune function, and neurodevelopment. Brain Behav Immun. 2023 Feb;108:309-327. doi: 10.1016/j.bbi.2022.12.008. Epub 2022 Dec 17. PMID: 36535610.

2 Comments

  1. Camille G Reply

    Bonjour,
    J’ai accouché par césarienne (non programmée) ce lundi, et j’ai demandé un réensencement vaginal. La SF de la salle d’accouchement a tout de suite accepté comme si c’était naturel. Elle a utilisé un écouvillon que mon mari a donné à téter à notre bébé pendant le peau à peau suivant l’opération.
    Je ne sais plus où j’ai entendu parler de cette méthode, mais ayant une grande famille d’allergiques, il était important pour moi que mon bébé profite de ma flore.

  2. Aimée SK Reply

    Où avez vous accouché ? Lors de ma première grossesse cela m’a été formellement refusée. Je vais encore retenter avec la seconde grossesse en espérant tomber sur des sages femmes compréhensives

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