Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !6 décembre 2020
Récit d'accouchement sans péridurale de Sarah

Récit d’accouchement de Sarah : « La nuit la plus intense de ma vie »

Sarah a donné naissance à sa première fille, Maxime, sans péridurale et à la maternité. Elle nous raconte ses sources d’inspiration, ses forces qu’elle ne soupçonnait pas et sa joie. Mais aussi, comment elle a réussi à se laisser porter par ses contractions grâce aux conseils qu’elle a reçus pendant sa préparation à l’accouchement, au soutien de l’équipe de la maternité et à l’amour inconditionnel de son mari, Axel.

« Il est aux environs de 7h ce jeudi 3 septembre lorsque je sens des tiraillements s’intensifier dans le bas de mon ventre.

Je le signale à Axel, mon mari, qui est sur le point de partir travailler.

Nous décidons de nous rendre à la clinique afin de faire un petit contrôle.

Il est 9h quand nous arrivons.

Les contractions sont aléatoires et le col, toujours bien fermé. Fausse alerte, donc. Nous rentrons et Axel part travailler en fin de matinée. 

Après le déjeuner, je décide d’aller m’allonger pour me reposer un peu. A peine couchée, la même sensation qu’au réveil s’empare de nouveau de mon ventre. 

À 16h, les tiraillements sont plus réguliers ; à 17h, plus intenses.

J’attends 18h pour contacter Axel et l’informer que dès son retour, je prendrai un bain.

Il est 19h lorsqu’Axel rentre. Je viens de perdre ce qui s’avère être le bouchon muqueux. Il appelle alors les urgences.

La sage-femme préconise de rester au moins 45 minutes dans le bain et de contrôler la proximité de ce qui s’apparente bien à des contractions.

Avant le bain, elle sont espacées d’une dizaine de minutes. Ce qui n’est pas encore suffisant pour aller à la maternité.

Mais à 20h, après le bain, elles sont rapprochées de 5 minutes et il commence à m’être difficile de parler et de bouger lorsqu’elles se produisent. 

Récit d'accouchement sans péridurale de Sarah
Sarah, rayonnante à la fin de sa grossesse.

À 21h, nous décidons de retourner à la maternité

À notre arrivée, je remets à l’équipe de garde mon dossier de maternité, avec, en première page, notre projet de naissance.

On m’installe pour la seconde fois de la journée le monitoring pour une durée de 30 minutes.

A l’issue des 15 premières minutes, la sage-femme constate que les contractions sont encore très aléatoires. Il s’agit donc pour elle d’un faux travail.

A ses yeux, il serait préférable de rentrer se reposer à la maison, dans un environnement plus calme et serein.

Le cœur de notre fille bat très bien. Au moins ce contrôle a le mérite de nous rassurer.

Au bout d’une demi-heure cependant, l’appareil relate des contractions régulièrement espacées de 5 minutes. En un quart d’heure, le col s’est dilaté à 1, presque 2 doigts.

La sage-femme revient sur son premier diagnostic et nous propose d’aller m’installer dans la salle « bien-être » afin de soulager les contractions selon la méthode naturelle que j’ai choisie.

Je réalise alors que ça y est, c’est parti, pour de vrai et de bon

Le travail a réellement commencé. Jusqu’à minuit environ, j’accueille les contractions avec philosophie et instinct. Je balance mes hanches à quatre pattes, appuyée sur le rebord de la chaise de suspension ou assise sur le ballon, ou encore installée sur le rebord du lit de détente.

Au départ, la chaise conçue pour accompagner la femme dans son travail m’aide beaucoup.

Mais ce sont surtout les massages et points de pression enseignés pendant la préparation à l’accouchement qui me soulagent.

Axel ne cesse d’ailleurs de me masser le bas du dos lorsqu’une contraction survient. Il est un soutien sans faille.

Il me dit que je suis forte, courageuse, que je m’en sors très bien, que je vais y arriver.

Lorsque Cécile, la sage-femme, revient, je perds un peu de sang. Le col travaille bien. Il est désormais dilaté à 3.

Je me sens soudainement un peu faible et face à la douleur qui croît, je vomis plusieurs fois. Je sens que j’ai besoin d’eau et de sucre.

Un bain m’est alors proposé. J’accepte. Mais comme à la maison, il intensifie les contractions. En sortant, Cécile déclare qu’il est temps d’aller en salle de travail. Il doit être aux environs d’1h du matin.

La nuit la plus intense de ma vie va commencer

Je suis raccordée en permanence au monitoring. À 2h, je suis dilatée à 5.

Cécile me confirme que c’est pour aujourd’hui : « Maintenant c’est certain, votre petite fille va naître le 4 septembre ! »

Quel bouleversement que d’entendre cela, comme si je réalisais seulement ce qui était en train de se produire !

Le travail progresse vite. Les douleurs aussi. Les contractions semblent plus longues, plus éprouvantes. Mais je rationalise. Il y a environ cinq vagues par contraction. En respirant correctement, je parviens à les surmonter assez aisément. Dans la douleur mais dans la force mentale.

Et puis je me focalise sur ce qui est en train de se jouer à l’intérieur de mon corps. Je l’imagine descendre, appuyer avec sa tête pour se frayer un passage.

Les « yuuu » (sons graves qui proviennent du fond de ma gorge) m’aident aussi. La musique également. La playlist défile.

Axel est mon soutien, mon supporter numéro 1, mon allié. Ses massages, ses pressions et ses encouragements m’aident à tenir bon.

Je suis forte, je suis belle, je suis pleine de ressources, j’y arrive très bien. À un moment, je lui propose même de danser ! Balancer les hanches est décidément ma technique. Sur la table, le ballon, accroupie, peu importe, il faut que je me balance.

Je visualise une algue en mouvement. Cette idée m’apaise. Je respire, toujours plus fort, surtout à l’expiration. J’y arrive.

Entre-deux, Axel m’hydrate de petits jus de fruits, d’eau et me nourrit de petits biscuits ! Mon meilleur soutien, à toutes épreuves, peu importe les circonstances, vous-dis-je !

Au milieu de la nuit, vers 4 où 5h, une autre sage-femme venue en renfort, m’annonce que je suis dilatée à 8-9 centimètres. Maintenant c’est à elle de trouver la voie, de s’engager dans le canal de naissance et de faire le grand saut.

À cet instant, la BO du Grand Bleu défile, comme un signe.

Mais le travail devient plus dur, plus fort, plus long, plus général au niveau de mon bassin.

Les contractions irradient dans tout le bas de mon corps

À 8h, Cécile vient m’annoncer que l’équipe de jour va prendre le relais mais qu’elle se tiendra informée de mon accouchement.

Avant de partir, elle me propose d’achever le percement de la poche des eaux, seulement fissurée. J’accepte.

Elle me dit que l’équipe soignante est impressionnée par l’absence de bruit depuis la salle d’à côté. Que je gère très bien et que je vais y arriver. Qu’elle me souhaite de tout cœur d’aller jusqu’au bout de mon projet.

Elle m’interroge d’ailleurs sur la position souhaitée pour donner naissance afin de transmettre l’information aux suivantes. Notamment à Caroline, qui va m’accompagner pour la suite.

Mais je comprends bien que c’est la folie à la maternité cette nuit-là quand vers 9h, après avoir commencé à changer de ton dans la gestion de la douleur, je vois entrer un visage familier dans la salle : Perrine, une amie de jeunesse avec laquelle j’ai animé des centres de loisirs ! Quelle surprise !

De façon assez naturelle, c’est elle qui prend mon accouchement en mains. Visiblement, la descente de ma fille est plus longue que prévue. À 10h, elle me propose de commencer à pousser pour l’aider à s’engager.

Les contractions sont justes insupportables. J’ai l’impression que je vais m’évanouir à chacune d’elles. Elles me paraissent de plus en plus fortes au fil des minutes, irradiant partout dans le bas de mon corps, me faisant pousser des cris que je ne soupçonnais pas pouvoir sortir de ma gorge.

« Ça fait trop mal. » Je dis à Axel que je ne vais pas y arriver. Que nous reprendrons plus tard. Que je veux faire une pause. Que tant pis, je vais craquer.

À chaque contraction, j’ai l’impression que je ne m’appartiens plus, que je perds le contrôle. Et c’est un peu vrai ! Car c’est l’instinct de vie qui prend le dessus, je n’obéis plus qu’à lui.

Je me laisse guider par cet élan naturel qui me guide depuis le début et qui m’indique comment accueillir toutes ces sensations et émotions.

Aux environs de 10h45, après d’ultimes efforts de ma part pour gérer au mieux la douleur et amorcer la descente de Crevette, je sens qu’il est temps pour moi, comme pour elle, que je l’expulse. Tout mon corps cherche à la délivrer, par tous les moyens.

Je rappelle alors Perrine qui m’annonce qu’on va procéder à l’accouchement dans cette pièce.

Elle installe tout le matériel nécessaire, fait appel à son auxiliaire. Elle procède à un sondage de ma vessie pour faire encore plus de place au bébé lors de son passage, et nous commençons à pousser fort, très fort.

À chaque contraction, j’ai l’impression que mon corps se déchire mais je sais qu’elle sera bientôt là. Je peux toucher ses cheveux. Cela me donne une force incroyable.

Mais voilà, mon périnée, trop tonique, l’empêche de progresser et sa tête repart à chaque fois que je relâche mes efforts.

Le gynécologue de garde vient alors en renfort et prend la place de Perrine. Elle tente d’accompagner la sortie de la tête de ma fille avec ses doigts lors de mes poussées. Rien n’y fait.

Elle demande alors à Axel d’appuyer très fort sur mon ventre et sur les fesses de ma fille pour la faire descendre. Cela fonctionne, mais pas suffisamment. La tête repart. Encore. Le rythme cardiaque de notre fille demeure constant. Elle est imperturbable.

Afin d’éviter la déchirure, le docteur m’explique qu’elle préfère procéder à une petite épisiotomie qui lui libérera ainsi le passage. Je sais que tout ira bien.

Aussitôt réalisée, à la poussée suivante, la tête de notre fille sort. Je peux la toucher. Un bras suit et l’on m’annonce que je peux aller la chercher. Dans un dernier élan de force, que je ne soupçonnais plus, je me redresse et vais attraper son petit corps tout chaud.

Elle pousse immédiatement son premier cri, très vif, dès que je la saisis. Posée sur mon ventre, elle est aussitôt frictionnée par l’auxiliaire, toujours aussi douce et bienveillante, celle qui m’a donné la main quand Axel appuyait sur mon ventre.

Anecdote amusante, alors qu’on l’essuie, Maxime, car ce sera Maxime, libère son premier petit échantillon de méconium : signe de bonheur ? A n’en pas douter ! 

Instinctivement, posée sur mon ventre, elle dirige sa petite bouche vers mon sein droit qu’elle tète aussitôt. Cet instant est juste magique. Comme l’instinct m’avait dicté quelques instants plus tôt comment donner la vie, il dicte à ce petit être ce qu’il s’agit de faire, peau contre peau.

Nous restons ainsi, à faire connaissance, à faire communiquer nos corps désormais distincts afin d’échanger toutes les hormones nécessaires à la mise en place sereine de son existence.

Je n’en reviens pas. Je répète à plusieurs reprises à Axel « Nous avons fait ça ! »

Je suis émerveillée par la puissance de la Vie, et de l’Amour surtout. J’ai réussi à créer puis à donner la Vie. Cette Vie. Maxime, notre Maxime. Si belle. Si belle. Si belle.

Pendant ce temps, on me recoud, à vif, mais je ne sens rien. Je n’ai même pas senti que le placenta sortait. Ces petits fils ou cette nouvelle sonde ne font pas exception. Je suis ailleurs.

Je suis loin, je suis avec ma Maxime, avec mon mari, ma famille, dans notre bulle de douceur.  Rien ne peut nous atteindre. Je n’ai déjà plus mal.

Les couleurs qui avaient disparu de mon visage les dernières minutes précédant la délivrance, l’ont retrouvé. En quelques secondes, celles nécessaires pour donner la vie, toute la douleur du travail a été  balayée pour ne laisser place qu’aux sentiments de gratitude, de bonheur, d’accomplissement, de force absolue, d’Amour. 

Bienvenue à toi, petite Maxime.

Née le 04 septembre 2020 à 11h34. 3, 710 kg. 51,5 cm.

Récemment on m’a posé la question :

 » Si c’était à refaire, accoucherais-tu de nouveau sans péridurale ? »

Sans aucune hésitation.

Je souhaitais « vivre mon accouchement », et ce vœu a été respecté, pour me permettre de connaître la plus absolue des aventures, celle de la naissance de ma fille.

Cet accouchement a en effet révélé un certain nombre de choses que j’ignorais sur moi. Et notamment cette force dont je me sentais intimement et humblement capable, mais dont j’ignorais si j’en saurais faire preuve le moment venu. 

Ce témoignage me donne la possibilité de dire aux femmes que, même au XXIème siècle, il n’est pas archaïque et prétentieux de vouloir accoucher dans la douleur.

Vivre son accouchement sans péridurale, afin de pouvoir accueillir toutes les sensations qui l’accompagnent m’était essentiel et il n’y a pas d’excès de zèle à clamer cela.

C’est la plus belle décision que j’ai prise et dont je suis la plus heureuse et la plus fière

Surtout quand j’ai constaté la rapidité avec laquelle je m’en suis remise. Deux heures après l’accouchement j’étais déjà sur pied et notre petite Maxime se portait à merveille.

Je pense que la rédaction d’un projet de naissance m’a également énormément aidée à projeter et à visualiser mon accouchement. Certaines disent qu’ils peut être source de frustration. Mais pour moi il a été une réelle source d’inspiration. 

Lorsque j’ai commencé à envisager mon accouchement, il m’a très vite paru évident que ce serait sans péridurale. Et quand j’ai contacté la sage-femme qui m’a accompagnée pendant la préparation à l’accouchement, mon choix n’en a été que conforté.

J’ai eu la chance de vivre une grossesse douce et sereine et je peux affirmer que j’ai adoré être enceinte. Je souhaitais que mon accouchement le soit tout autant.

Je gardais au fond de moi (grâce à ses propres récits, sans doute) le souvenir d’une mère parfaitement épanouie durant ses trois grossesses et parfaitement sereine au moment d’accoucher. Sans péridurale à chaque fois. Et elle a réitéré deux fois après moi.

Il ne devait donc pas être si insurmontable de donner la vie sans assistance médicale !

Et puis, si porter la vie est la chose la plus merveilleuse qui soit, la donner est la plus naturelle. Je sentais que mon corps saurait me guider et que je n’aurais qu’à écouter cet instinct de vie que je mentionne dans mon récit, cette petite voix intérieure qui me montrerait comment agir et réagir le moment venu.

Il fallait juste que je puisse rester focalisée sur mes sensations et mes émotions durant tout le travail.

Le rôle du partenaire est alors essentiel : il doit à la fois faire preuve d’écoute et d’attention, de bienveillance et de patience. Et en cela, le mien n’a pas failli.

L’équipe soignante a aussi joué un rôle majeur pour me permettre de rester concentrée sur mon projet et m’aider à aller au bout de celui-ci. »

Sarah Berna Marcille


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3 Comments

  1. AvatarElise T. Reply

    Je viens de terminer l’histoire de la naissance de votre fille et j’ai les larmes aux yeux. Merci infiniment de l’avoir partagée avec nous c’est magnifique.

  2. AvatarHelene Reply

    Mais c’est fou ! Je vous lis et je trouve qu’a quelques détails près, on dirait mon accouchement !
    Je trouve que ça donne beaucoup de force de se savoir capable de ça, pour soi et pour le couple. Je dis toujours qu’on a été 3 à accoucher, le bébé qui n’a pas flanché pendant tout ce temps, le papa qui a soufflé à chaque contraction et moi. Merci pour ce récit magnifique et félicitations !

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