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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !7 juin 2023
Le témoignage de Nora qui a accouché sans péridurale à la maternité sur Naturelle Maman

Nora raconte son accouchement à domicile à l’opposé de son premier accouchement à la maternité

Le récit d’accouchement de Nora, c’est une histoire de soleil après la pluie. De douceur après la tempête. Ou comment après un accouchement à la maternité où elle ne s’est pas sentie suffisamment préparée, informée et accompagnée, elle a fait un virage à 180 degrés en choisissant de donner naissance à la maison à son deuxième bébé.

« Bonsoir, merci de signer ces formulaires avant de pouvoir passer en salle d’accouchement. »

C’est l’une des choses qui me restera à jamais gravée en mémoire pour mon premier accouchement.

Je suis en plein travail, il est 23h, c’est notre premier enfant.

Mon travail a très vite commencé, et est devenu rapidement intense.

En 5h, je suis à dilatation complète.

J’arrive à l’hôpital, et on me demande de signer des papiers.

Comment peut-on faire une telle demande à une femme en plein travail ?

Mon mari demande à signer pour moi. On lui répond que ce n’est pas possible !

J’avais pourtant bien demandé auparavant si tout était en règle…

Clairement on aurait pu vendre mon âme au diable que je ne l’aurais pas vu.

On me passe en salle d’accouchement, mais je ne contrôle plus rien.

Le travail a pris possession de moi. Je hurle que je veux la péridurale.

Une équipe de 3 personnes fait irruption dans ma chambre pensant que quelque chose ne va pas.

Car on a plus l’habitude d’entendre une femme qui accouche. Ma sage-femme les renvoie.

Je comprendrais plus tard qu’elle souhaite que j’accouche sans péridurale. Mais elle respecte mon choix.

Pourtant, j’aurais tellement aimé qu’elle me dise « tu peux le faire, tu y es presque« .

Je suis à dilatée à 9 centimètres… et on me pose une péridurale.

Mon lien avec mon bébé est rompu, mais bon je n’ai plus mal alors tout va bien.

Une heure plus tard, on me dit que je peux commencer à pousser.

Mais après une heure de poussées, on m’injecte de l’ocytocine de synthèse car les contractions sont trop espacées.

Je ne comprends pas, je suis pourtant le schéma « classique » d’un accouchement non ?

Je ne le sais pas encore mais je m’apprête à vivre les cinq plus longues heures de ma vie.

C’est d’ailleurs impossible dans beaucoup de pays, jamais je n’aurais imaginé pousser pendant 5 heures… Et pourtant !

La sage-femme va et vient.

On est 3 ou 4 femmes à accoucher ce même jour pour une seule sage-femme

Mon mari est formidable, mais tellement naïf au final.

Après 4h30, la sage-femme souhaite me faire une épisiotomie.

Je refuse… Et on commence à me parler d’une césarienne. Il en est hors de question.

Je donne tout ce que j’ai et mon bébé finit par sortir. Tout le monde va bien, à ce moment-là.

Après tout, si la maman et le bébé vont bien, c’est le plus important ?

Dieu que de naïveté… C’est le post-partum qui m’enseigne une belle leçon.

Car l’accouchement, c’est bien plus que de faire naître son enfant.

Pourquoi personne ne m’avait dit ce que c’était vraiment de devenir mère ?

A quel point la naissance était un processus normal et naturel, un lien unique entre son enfant et sa maman.

Une expérience qui marque une femme à vie, mais qui marque aussi la vie de nos enfants pour toujours.

Plusieurs semaines après mon accouchement, je commence à me questionner

Pourquoi est-ce que ça s’est passé comme ça ?

Pourquoi mon corps a autant de mal à se remettre (car bien-sûr, 5h de poussées, ça laisse des séquelles) !

Quelques mois après mon accouchement, ma voisine vit un accouchement à domicile et me le raconte.

Au début, je me demande pourquoi elle prend tant de risque. Pourquoi les gens sont si bêtes ?

Car depuis qu’on accouche en milieu hospitalier, il y a beaucoup moins de morts non ?

Alors je commence à me poser des questions.

Je lis, j’écoute, je regarde, je cherche.

OH MY GOD ! Comment ai-je pu être aussi naïve ?

Pourquoi nous a-t ’on autant menti ?

Je comprends vite, que comme pour beaucoup de choses, c’est avant tout une histoire d’argent et de pouvoir.

Un accouchement n’est pas un acte médical !

Je m’en veux tellement d’avoir fait vivre à ma fille cet accouchement en rupture total avec ses besoins.

Je m’en veux d’avoir fait vivre cela à mon corps.

Alors que la réponse était à portée de main, mais en même temps tellement enfouie sous la pression sociétale et médicale…

Avant même de tomber enceinte de ma deuxième, c’est décidé, ça sera un accouchement à domicile ou rien d’autre.

Je décide de faire passer des entretiens à plusieurs sages-femmes à domicile (car nous avons ce luxe dans le Colorado).

Mes sages-femmes et moi accrochons directement.

L’une de mes 2 sages-femmes a vu naître plus de 4000 bébés, et elle compte sur les doigts d’une main le nombre de fois où elle a vu un accouchement transféré à l’hôpital.

Je me sens en confiance, on s’intéresse vraiment à moi.

On me conseille quand j’en ressens le besoin et rien ne m’est imposé.

Je décide de laisser mon corps faire, j’ai confiance en nous

Notre deuxième bébé n’aura eu ni échographies, je n’ai eu aucun toucher vaginaux, et pas non plus de test de glucose.

Mes suivis sont très réguliers, mes sage-femmes sont douces.

Elles prennent le temps de m’écouter.

Nous décidons également de n’imposer aucun vaccin ni antibiotique à la naissance de notre fille.

Mon mari est à 100% avec moi, avec nous. Pour lui aussi c’est devenu une évidence.

Nous ne formons qu’un dans cette expérience.

Le jour J arrive… J’en ai tellement marre d’être enceinte que je me réjouis quand mon travail commence.

Comme ma première, il démarre vite… En 4h30 de temps je suis prête à pousser.

Cette fois-ci personne ne me dérange, pas de va et vient dans ma chambre, pas de paperasses à signer.

Je suis devant ma cheminée avec un bon feu qui crépite.

La chaleur me réconforte, le crépitement du bois me canalise.

Mon mari est devenu mon pilier moral et physique.

J’essaye la piscine que j’avais installée mais ça ne me convient pas.

Mes sages-femmes sont à l’étage, elles écoutent, et tricotent dans leur coin. Elles laissent mon corps faire.

En début de travail, j’avais demandé à mon mari de me faire une liste de blagues.

Entre les contractions, je lui demande qu’il m’en dise quelques-unes.

C’est un moment plein d’amour et de rires

Car l’arrivée d’un enfant ne devrait pas être stressant ou anxieux.

Quand le travail s’intensifie, j’oublie tout ce que j’ai lu, je suis complètement shootée aux hormones de la naissance.

Je ne sais plus où je suis, mon mari me rappelle de bien souffler, car même ça j’oublie.

Quelle intensité, quelle expérience !

Arrive la phase de désespérance et les contractions me semblent être en continu.

Et je finis par dire « je crois que ça pousse », car c’est la première fois que j’ai ce ressenti.

Mes sages-femmes veulent être sûres que je suis à dilatation complète.

Je leur dis que ça ne fera aucune différence, CA POUSSE !

Je ne contrôle plus, mon corps est en pilotage automatique.

Mon cerveau ne pousse pas, c’est mon âme qui le fait.

Naturellement, je me mets à quatre pattes. Mon instinct animal prend le dessus.

C’est impressionnant de découvrir la force que mon corps a.

Je sens mon bébé arriver après 20 minutes de poussées.

Elle est calme, vient au sein directement.

Je suis dans ma chambre, entourée des personnes que j’ai décidé d’avoir autour de moi.

Nous attendons que le placenta soit expulsé afin de couper le cordon.

Je le garde afin de le faire encapsuler… Mes sages-femmes me préparent un bain avec des herbes pour moi et mon bébé. Un moment absolument magique.

Nous sommes toutes les deux, on se découvre.

Il est 6h30, je suis propre, dans mon lit, mon bébé dans les bras, il est temps pour sa grande sœur qui se réveille de sa nuit, de découvrir sa petite sœur.

Nous sommes dans notre intimité pour ce moment unique

Pas d’heures de visites, de bruits d’ascenseur, de personnels soignants qui vont et viennent toutes les 3h, de « ne vous endormez pas avec votre bébé contre vous, remettez le dans son berceau ».

Mon bébé est blotti contre moi, on profite.

On ne pourra jamais savoir si c’est seulement dû à la personnalité, ou bien mes 2 expériences de grossesses aux opposées mais mes filles ne pouvaient être plus différentes.

Ma première a eu beaucoup (et a toujours) des soucis de sommeil, elle a beaucoup pleuré, j’ai beaucoup pleuré, ça a été compliqué pour nous deux.

Ma deuxième est un bébé de rêve !

Nuits de rêve, tétées de rêve, une « calmitude » à toutes épreuves !

Son surnom, c’est bébé « sourire ».

A présent, quand on me dit que j’ai eu bien du courage d’accoucher de la maison, je leur réponds que c’est elles qui ont eu du courage d’accoucher à l’hôpital.

Au départ, mes proches n’ont pas compris ce choix d’AAD.

Je leur ai expliqué, et ils ont été atterrés par cette vérité que peu connaissent.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de réflexions désagréables face à l’AAD, ou bien je ne les ai pas relevées.

Et clairement, je n’en avais rien à faire (pour rester polie) !

J’ai le projet de reprendre mes études pour devenir sage-femme à domicile.

C’est devenu une obsession, j’ai cette envie viscérale d’aider les parents et les bébés.

Autour de moi, j’encourage à s’éduquer autrement, ouvrir cette boite de pandore. Et a chaque fois que je parle d’accouchement physiologique, c’est la même peur : LA DOULEUR !

Je ne comprends pas, et en même temps, je me rappelle de mon discours avant mon premier accouchement.

Alors j’encourage à écouter, lire, s’éduquer, sur la chose la plus naturelle qui soit : l’enfantement ! »

Nora

3 Comments

    1. Anne-Laure Brunelle Post author Reply

      Merci à toi de l’avoir partagé, c’est un grand plaisir pour moi de pouvoir publier une expérience aussi belle et puissante. Et je suis certaine qu’elle inspirera pleins de futures mamans qui souhaitent emprunter le même chemin.

  1. Céline Reply

    C’est très beau de vous lire, merci Nora. J’attends mon deuxième pour mars 2023. Votre récit de naissance douce me donne de l’inspiration et étrangement aussi beaucoup de force pour arriver à vivre l’accouchement que j’aurais aimé aimé vive pour mon premier mais que j’ai l’impression qu’on m’a volé. Merci pour votre partage d’expérience.

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