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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !9 décembre 2022
Le besoin d'intimité pour accoucher - Naturelle Maman

Ne pas déranger ! Ou l’importance de l’intimité pour accoucher

L’intimité est un besoin essentiel des femmes qui accouchent, encore trop souvent négligé dans les salles de naissance des maternités. Découvrez dans cet article comment préparer votre accouchement pour vous protéger des interventions inutiles, garantir votre sécurité et obtenir le soutien dont vous avez besoin pour vous permettre d’accoucher dans l’intimité et la sérénité.

Ce week-end on a fait une grande balade en famille dans la forêt.

On a découvert un beau sentier jalonné par des fontaines en bois, on a beaucoup aimé.

On a eu même eu la chance de voir une biche traverser le chemin juste devant nous.

Pour les enfants c’était magique.

Son passage m’a fait réfléchir aux ressemblances entre les animaux sauvages qui mettent bas dans la nature et les femmes qui accouchent en salles de naissance à la maternité.

Je suis d’accord, ça peut sembler un peu tiré par les cheveux.

Mais je vais essayer de vous prouver le contraire.

Après avoir fait quelques recherches, je trouve même ça très intéressant pour comprendre la physiologie de l’accouchement. 

Et surtout, ça met en valeur une vertu essentielle, si peu présente dans l’univers médicalisé des naissances : le respect de l’intimité.

Nous accouchons exactement comme les femelles mammifères

Dans la nature, lorsqu’une femelle en travail se sent menacée ou dérangée, l’hormone du stress, la catécholamine, stoppe ses contractions.

Cet arrêt temporaire du travail donne à l’animal le temps de s’éloigner du danger avant que ses contractions ne reprennent dans un endroit plus sécurisé.

La libération de catécholamines et l’arrêt temporaire du travail protègent sa vie et celle de ses petits.

Comme nous sommes des mammifères, il se passe exactement la même chose pour les femmes en travail.

Si elle ne se sentent pas en sécurité ou protégées ou lorsque la progression du travail normal est altérée, les niveaux de catécholamines augmentent et leurs contractions ralentissent ou s’arrêtent.

Au début du travail, les catécholamines (les hormones du stress) ont le potentiel de stopper les contractions.

Quand une femme a très peur – de la douleur, de l’hôpital, de l’inconnu – son travail ne peut pas progresser.

Ses contractions peuvent devenir très fortes et difficiles à gérer sans qu’elles soient efficaces sur la dilatation ou, plus généralement, elles s’affaiblissent voire disparaissent.

Dans les deux cas, les contractions deviennent inefficaces.

Pourquoi tant de femmes vivent cette expérience de stagnation de la dilatation ?

Tout simplement parce que ce besoin d’intimité est fondamental pour qu’un accouchement se passe bien et qu’il est encore trop souvent négligé dans les maternités.

Michel Odent note que « l’accouchement est un processus involontaire et un processus involontaire ne peut être aidé. Le but est de ne pas de le déranger. » (1)

Le processus physiologique de l’accouchement n’a pas besoin d’être amélioré, contrôlé ou assisté.

Nous, comme tous les mammifères, avons besoin de nous sentir à la fois en sécurité et protégées pour accoucher facilement.

Si nous ne nous sentons pas en sécurité et protégées dès le début du travail, quand les contractions sont encore fragiles et espacées, les niveaux de catécholamines augmentent et le travail s’arrête.

Un manque d’intimité dans les salles de naissance

Les derniers chiffres en France montrent 98,3% des femmes font le choix d’accoucher à la maternité. (2)

Les femmes choisissent d’accoucher dans une maternité parce que la société, leur entourage et les soignants leur affirment que c’est « plus sûr » que d’accoucher à l’extérieur de l’hôpital.

Pourtant, le simple fait d’avoir à quitter son domicile pour rejoindre une maternité induisent des réponses physiologiques qui se produisent lorsque le cerveau reptilien se sent en danger et sans protection.

Dans l’environnement hospitalier, les femmes sont sans cesse dérangées – avec des machines, des éclairages trop vifs, les va-et-vient du personnel soignant et un manque généralisé d’intimité.

Sans parler de l’ombre des nombreuses histoires d' »accouchements qui tournent mal » dont la majorité des femmes sont imprégnées au cours de leur grossesse.

Mises bout à bout, ces peurs contribuent à la libération d’hormones du stress, entraînant les femmes en travail dans une attitude de combat ou de fuite physiologique.

Sur le plan intellectuel, une femme peut croire que l’hôpital est un environnement sûr et protégé, mais son corps réagit tout à fait différemment.

Peu importe ce que dit sa tête, son corps reçoit le message haut et fort.

Son corps réagit à un niveau primaire et intuitif, passant automatiquement en mode combat ou fuite et modifiant considérablement la progression de son travail.

En choisissant la « sécurité » médicale de l’hôpital, les femmes subissent un stress physiologique qui rend le travail et l’accouchement plus difficiles.

Comment garantir votre besoin d’intimité pendant l’accouchement ?

J’imagine que vous toutes vécu au moins une fois ce moment gênant où vous vous apprêtez à aller à la selle et où tout d’un coup quelq’un entre dans les toilettes juste à côté et vous vous retrouvez bloquée.

C’est ce même manque d’intimité qui vient complètement gâcher l’ambiance nécessaire dont vous avez besoin pour relâcher vos sphincters.

Si on replace ces mêmes dérangements dans le cadre de la naissance, avec des interruptions et les questions de la part du personnel soignant, les lumières trop vives, les machines, la perfusion obligatoire, on imagine bien l’impact potentiel sur le processus physiologique de la naissance.

Le secret pour garantir votre intimité est de vous préparer une bulle, un cocon, grâce notamment à votre partenaire qui sera préparé pour faire barrière à tous le dérangements potentiels.

Au sein de votre bulle, votre intimité est protégée : votre partenaire fait en sorte que les étrangers soient tenus à l’écart (autant que possible), que les informations soient filtrées et que les questions, interruptions et intrusions soient réduites au minimum.

Soutenue et protégée en permanence, mais pas dérangée, vous pourrez alors abandonner vos peurs, mettre votre cerveau pensant en mode « off » et lâcher-prise pour laisser votre corps et votre bébé travailler, même dans une maternité très fréquentée.

Les conditions pour garantir le respect de votre intimité pendant votre accouchement seront très différentes selon l’endroit où vous souhaitez accoucher (maison, maison de naissance, plateau technique ou maternité).

Pour cela, je vous encourage à rédiger assez tôt votre projet de naissance dont vous pouvez lire de nombreux exemples ici pour pouvoir en discuter avec une sage-femme lors de votre entretien du 4ème mois.

Plus vous préparerez les conditions optimales pour garantir votre besoin d’intimité pendant le travail, moins vous serez dérangée le jour J pour puiser dans votre sagesse intérieure et creuser profondément pour trouver la force intérieure dont vous avez besoin pour donner naissance à votre bébé.

Et vous ? Est-ce que vous avez ressenti ce besoin d’intimité pendant votre accouchement ? Est-ce que votre sage-femme vous en avait parlé pendant votre préparation à l’accouchement ? Est-ce que vous l’aviez noté dans votre projet de naissance ? Partagez votre expérience avec la communauté des naturelles mamans dans les commentaires ci-dessous !

Anne-Laure Brunelle

Votre accouchement approche et vous ne vous sentez pas prête ?

Rejoignez Naissance douce, le programme de préparation à l’accouchement en ligne créé par l’équipe de sages-femmes de Naturelle Maman en cliquant sur l’image ci-dessous.


Sources

(1) Odent M. The nature of birth and breastfeeding. Westport, CT: Greenwood Publishing, 1992.

(2) Enquête périnatale 2016 : https://www.xn--epop-inserm-ebb.fr/wp-content/uploads/2017/10/ENP2016_rapport_complet.pdf

(3) Newton, 1987 ; Newton, N., Foshee et Newton, M., 1966

(4) Richardson P. The body boundary experience of women in labor: a framework for care. Matern Child Nurs J. 1984 Summer;13(2):91-101. PMID: 6566953.

(5) Bergstrom L, Richards L, Morse JM, Roberts J. How caregivers manage pain and distress in second-stage labor. J Midwifery Womens Health. 2010 Jan-Feb;55(1):38-45. doi: 10.1016/j.jmwh.2009.05.001. PMID: 20129228.

(6) Lothian JA. Do not disturb: the importance of privacy in labor. J Perinat Educ. 2004 Summer;13(3):4-6. doi: 10.1624/105812404X1707. PMID: 17273393; PMCID: PMC1595201.

3 Comments

  1. Futuremama33 Reply

    Excellent, c’est un très joli article et aussi très très intéressant. J’aime bien quand vous parlez de vous de manière un peu plus personnel aussi, merci de votre générosité.

  2. Enora Reply

    Une des solutions est de connaître les lieux de la maternité afin de ses les approprier avant d’y accoucher. Ça me paraît essentiel et pourtant c’est très peu proposé aux femmes avant leur accouchement, il faut parfois lourdement insister ou alors profiter d’une visite éclair en groupe.

  3. Hermance Reply

    Vos mots me touchent beaucoup, c’est à chaque nouvel article un immense plaisir avec toujours une découverte utile et précieuse. Bravo pour votre travail pour les femmes et surtout continuez !

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