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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !4 décembre 2021

Accouchement d’Amélie « J’ai découvert le terme Birth Junkie »

Sage-femme et maman de 2 enfants, Amélie nous raconte son deuxième accouchement sans péridurale dans la maternité où elle a travaillé. Son récit puissant et inspirant montre à quel point ce moment fondateur l’a transformée, autant dans sa vie de maman que dans son métier.

« Mon premier est né sous péridurale. J’ai été déclenchée à 41 semaines pour pré-éclampsie.

Le contexte de cette première grossesse était particulier, marqué par un manque de préparation et un refus catégorique de lâcher ce bébé que je voulais « garder dans mon ventre pour toujours », tellement j’étais bien enceinte…

J’ai accouché en position gynécologique. J’ai littéralement explosé mon périnée et fait une hémorragie de la délivrance…

Bref, même si je garde un merveilleux souvenir de la rencontre avec mon premier grand amour, Sam, j’ai vraiment eu du mal à accepter le fait qu’il ait fallu déclencher (même si la raison était médicalement justifiée, j’allais le faire naître alors qu’il n’était pas prêt).

Je n’ai pas eu de poussée réflexe, je n’ai absolument pas senti passer mon bébé, et n’ai pas non plus été en super forme après sa naissance.

J’ai beaucoup souffert de mon périnée les premières semaines, malgré les huiles essentielles en application. 

Pour ce deuxième bébé, j’ai donc choisi de mieux me préparer.

Je souhaitais éviter de revivre un déclenchement et surtout, me donner la chance de vivre l’accouchement de mes rêves.

Je voulais garder la maîtrise de mon corps et me prouver que j’en étais capable !

En fin de grossesse, j’ai donc pris des tisanes de feuilles de framboisier, des gélules d’huile d’onagre par voie vaginale, fait des séances d’acupuncture et d’ostéopathie.

ET SURTOUT, j’ai lu Le Guide de la naissance naturelle d’Ina May Gaskin  qui m’a énormément aidée et marquée.

Tout comme pour mon premier, j’ai eu une menace d’accouchement prématuré pendant ma grossesse.

J’ai du être alitée, passer un test de maturation pulmonaire… pour finalement arriver à 40 semaines en pleurs au téléphone avec ma gynécologue pour négocier un déclenchement à Terme + 12.

Je voulais vraiment laisser le maximum de chances à mon bébé de venir naturellement.

J’ai donc du me rendre chaque jour à l’hôpital pour un monitoring et une échographie de contrôle.

Mais tant que bébé allait bien, je voulais mon accouchement spontané !

J’ai souvent eu des épisodes d’une à deux heures de contractions régulières toutes les 3 minutes, et puis ça s’arrêtait…

Je mettais mon aîné au sein pour stimuler mon utérus, ça redémarrait un peu et puis flop, fini.

À 40 semaines + 6 jours, aux alentours de midi, je perds un peu de sang.

Les contractions me semblent différentes des épisodes précédents.

Je sauterais bien au plafond tellement je suis heureuse que bébé ait décidé de naître spontanément !

Vers 16h, je me décide à faire une sieste avec mon aîné pour faire le plein d’ocytocine.

Je ne dors pas vraiment. Les contractions sont là et je suis bien trop excitée de savoir que je vais vraiment échapper au déclenchement tant redouté !

Je fais un peu de ballon à la maison et à 21h, je fais un gros câlin à mon grand bébé.

Je lui propose de prendre le sein avant de partir.

C’est notre dernière tétée en duo avant le co-allaitement.

Les contractions sont là, toutes les 2 à 3 minutes, mais toujours super gérables. 

Mon bébé a décidé de naître !!!

Je suis excitée, heureuse, j’ai un grand sourire à chaque contraction, je suis sur mon petit nuage. 

21h45 – Ma maman arrive pour garder mon grand et nous partons pour l’hôpital (nous avons 45 minutes de route jusqu’à la maternité).

Sur le trajet, je sors de ma bulle. Les contractions s’espacent toutes les 5 à 6 minutes.

Je redoute que le travail s’arrête et qu’on me demande de rentrer chez moi une fois arrivée à la maternité.

22h30 – Une fois à l’hôpital, on ne se gare pas tout prêt. Je veux marcher.

On fait juste une petite pause avant d’arriver aux urgences, bloquée par une contraction, accrochée au bras de mon homme, les voitures qui passent klaxonnent pour m’encourager et je lève la main en guise de merci !

Lors de mon arrivée, je suis déjà dilatée à 5 bons centimètres.

Par contre, les salles nature sont prises.

Une va bientôt se libérer mais en attendant, je suis installée dans une chambre car « Vu ma tête et mon sourire (il ne me quitte pas celui-là ) ce n’est pas pour tout de suite ! », dixit mes collègues.

Au début je reste assise en tailleur sur le lit.

Je finis par demander un ballon à mon homme car je me dis que ça aidera bébé à faire son chemin.

J’essaie de bouger pendant la contraction, de garder ma mâchoire et mon visage détendus (« bouche molle = col mou! »),… bébé bouge encore +++++

À 23h, les contractions sont encore très supportables.

Je fais des mouvements sur le ballon pendant que mon compagnon est sur le lit et je discute sur Messenger avec une amie en lui faisant croire que je suis toujours à la maison.

Ma maman m’envoie une photo et me dit que Sam s’est endormi dans ses bras. Je suis rassurée. 

23h45 – Les minutes passent et les contractions sont de plus en plus rapprochées et intenses.

Je n’arrive plus à regarder mon téléphone et je souffle profondément pendant chaque contraction.

Je m’enferme dans ma bulle, c’est parti….

Lorsqu’une nouvelle contraction arrive, je sens comme une brûlure dans le bas ventre et me dis que c’est peut être ma vessie.

Alors je vais faire pipi et j’en profite pour demander à mon homme de prévenir ma meilleure amie de venir prendre des photos sans tarder.

Je sens que les choses s’activent.

En revenant vers le lit, je m’accroche à son cou pendant une contraction et je grimace. Ça devient dur. 

À 23h50, je dis à mon compagnon d’appeler une sage-femme pour qu’on vienne me réexaminer.

Je veux savoir où j’en suis et j’espère que ça progresse parce que je me dis que si ça n’a pas évolué, je demanderai la péridurale (phase de désespérance bonjour !). 

Je me remets au lit et ma collègue arrive : je suis dilatée à 7 centimètres avec un col mince comme une feuille de papier. 

Je demande à essayer le gaz hilarant. 

Elle m’aide à me coucher sur le côté gauche, s’en va et à ce moment-là ma meilleure amie arrive, me fait un rapide coucou et part se changer. 

On se retrouve à nouveau tous les deux.

J’essaie le gaz hilarant mais ça me fait une sensation horrible : oreilles qui bourdonnent, visage qui picote et nausées !

Et surtout ça n’enlève pas la douleur !!

Je lance le masque à mon compagnon en lui lançant un « Vire-moi ce truc ! » 

Sauf qu’à la contraction suivante, alors que je geins doucement, PAF je romps ma poche des eaux.

Je sens un ballon qui explose et ce liquide chaud qui coule partout !

Je crie « METS EN ROUTE LA CAMÉRA !!! » parce que je sens que bébé plonge directement dans mon bassin !

Une sensation incroyable, incontrôlable, d’une puissance indescriptible, mais absolument sans douleur !!

Je suis toujours allongée sur le côté. Je pousse des cris graves, gutturaux, telle une lionne !

Ça s’active autour de moi. Mon compagnon est tout près, il doit se demander ce qui se passe et moi je geins de plus en plus.

Je crie tellement, c’est une force inimaginable, incroyable, énorme, qui me traverse !

Mon bébé pousse comme un fou.

Comment est-ce possible qu’un si petit être déploie autant de force ?

Je geins, je grogne, je jure, je ris même !

Et entre chaque vague, je ne cesse de dire que c’est incroyable, que c’est fou comme ça pousse.

À partir du moment où il a plongé dans mon bassin, je ne décrirais plus du tout ce que je ressens comme une douleur.

Cette poussée est libératrice, enivrante, incroyable !

Je suis clouée sur place par ce phénomène de dingue !

Alors je lâche prise et fais confiance à mon bébé, à mon corps, ils sont aux commandes et savent faire.

Je voudrais tant pouvoir toucher mon bébé pour sentir où il en est, mais j’en suis totalement incapable pendant la contraction.

Je suis ailleurs, les yeux fermés, droguée aux hormones !

Une contraction arrive, mon corps et mon bébé poussent tellement, je n’ai rien à faire !

J’essaie de contrôler, de le laisser un peu sur mon périnée pour éviter le même scénario que pour mon premier accouchement mais c’est bébé qui est aux commandes !

La contraction suivante, je sens que ça brûle +++, le grand couronnement, le cercle de feu, nous y voilà !

Et hop, sa tête est dehors.

Il y a alors cette accalmie qui me faire sortir de cette espèce de transe et je le touche enfin.  

Je pose ma main sur sa tête. Quelle sensation ! Quel rêve !

Sa petite tête toute ronde, chaude et douce sous ma main, alors que son corps lui, est toujours à l’intérieur.

Je pleure de bonheur. Je ne ressens aucune douleur.

Nous sommes ainsi suspendus entre deux mondes en attendant la contraction suivante. 

Elle arrive enfin, ses épaules sortent, j’ouvre enfin les yeux pour la première fois depuis que j ai perdu les eaux.

Je l’attrape par le bras et le colle sur ma poitrine. 

IL EST LÀ !

Je suis en extase, tellement heureuse, tellement fière, tellement abasourdie !!

Je ris, je pleure de joie, je n’arrête pas de dire :

« Il est là ! Je l’ai fait ! C’est dingue ! J’ai réussi ! Mon bébé. »

À 10 minutes de vie, il prend le sein comme un chef en suivant son instinct.

Finalement, c’est l’expulsion du placenta qui a été le moment le plus plus difficile de mon accouchement.

J’ai eu une petite déchirure à suturer (merci mes massages du périnée à partir de 35 semaines pour détendre les adhérences du 1er accouchement ! Le fait d’avoir accouché sur le côté et d’avoir laissé pousser mon corps sans aucune directive !).

Et après 2h de peau à peau et de tétée intensive, je suis sur mes jambes pour faire les soins de mon bébé si paisible.

Tim est né avec 3 kg 475 pour 51,5cm, le 28 août 2020. 

Cette naissance m’a apportée tellement de fierté, d’assurance, de reconnaissance, de savoir et de pouvoir !

J’ai réalisé qu’il y avait une différence entre douleur et souffrance et je n’ai ressenti de véritable douleur que durant 10 minutes, pendant lesquelles mon corps a travaillé pour rompre la poche des eaux. 

J’ai découvert le terme Birth Junkie et c’est totalement ça !

J’ai découvert une drogue tellement puissante qu’alors que nous ne souhaitons plus d’enfant, je crois que je ne parviendrai jamais à faire mon deuil et me dire que plus jamais je ne vivrai une telle expérience ! 

14 mois plus tard, je revis à l’infini cette naissance qui m’a complètement chamboulée.

Je souhaite à toute femme de pouvoir vivre un tel accouchement.

LE CORPS SAIT ! AYEZ CONFIANCE ! VOUS ÊTES CAPABLES ! »

Amélie, sage-femme et maman de deux enfants.

© Marion Doumont Photographies.

Votre accouchement approche et vous n’êtes pas prête ?

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8 Comments

  1. Stéphanie DT Reply

    Canon ce témoignage vraiment. J’aurais été tellement heureuse d’être accompagnée par Amélie le jour de mon accouchement. A la place j’ai eu une sage-femme qui n’avait pas 30 ans, certainement pas d’enfant et qui n’était clairement pas formée ni sensible à la physiologie de l’accouchement.

  2. Caromango Reply

    Bonjour Amélie,

    J’ai eu beaucoup d’émotions et de frissons en lisant votre accouchement, un peu comme si j’y étais, qu’elle intensité on ressent dans ce que vous racontez ! J’ai pour ma part eu 2 accouchements ou je n’ai pas ressenti le plaisir et la force que vous racontez. J’ai eu la péri, je n’ai pas eu le choix on me l’a vraiment imposée en m’assurant que je n’y arriverai pas sans et qu’il fallait être raisonnable… J’ai eu les pieds dans les étriers pour pousser… J’ai eu l’épisiotomie… le tiercé gagnant lol. Si jamais c’était à refaire je choisirai sans hésitations d’accoucher sans péridurale pour ne plus me laissez voler la naissance de mes bébés.

  3. Mathilde65789 Reply

    Merci pour ce beau témoignage. Je suis dans mon 7eme mois et tous ces accouchements si beaux et intenses ça me fait un bien fou ! Ça me donne vraiment confiance et me donne beaucoup moins peur. Vous devriez en faire un livre, ce serrait tellement inspirant pour d’autres femmes qui ne connaissent pas Naturelle Maman. Merci à Amélie et à toutes les femmes qui témoignent ici !

  4. Maureen Reply

    C’est beau son histoire, ça me fait penser à ce qu’une de mes copines qui est sage-femme m’a dit : que les sages-femmes ne sont pas du tout formées pour accompagner les accouchements naturels. Et en plus elles ont tellement de taf dans les maternités que même quand elles se sont formées à côté, elles n’ont pas le temps de faire correctement leur travail. C’est triste mais heureusement il y a des supers sages-femmes comme Amélie !

  5. Mamanita Reply

    Quel joli texte, on a l’impression de vivre son accouchement en direct., c’est très émouvant, ça m’a mi les frissons. J’ai l’impression que cette sage-femme a su bien s’écouter et prendre soin d’elle. Ca a l’air facile raconté comme ça mais c’est quand même son deuxième et elle est entourée que des personnes qu’elle connaît donc on ne peut malheureusement pas toutes vivre ça. C’est pas pour critiquer que je dis ça parce que je trouve vraiment super beau son témoignage, juste pour remettre les choses dans son contexte.

  6. Céline Olivier Reply

    C’est un très beau témoignage. C’est ce que je recherchais pour préparer mon accouchement. Entendre de belles histoires qui nous font progresser et mieux nous préparer quand arrivera notre tour. Merci à elle d’avoir accepté de témoigner.

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