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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !4 décembre 2021

Accouchement de Mélodie « Puissant, doux et harmonieux à la fois »

Mélodie nous raconte son accouchement à domicile planifié pour son premier bébé. Une histoire de naissance qui monte petit à petit en puissance, où on sent l’importance de la confiance en son instinct et l’importance de se sentir en sécurité et soutenue tout au long du processus. On mesure aussi, à travers son récit, l’étendue de ses connaissances sur le processus physiologique de la naissance. Même si elle accouche pour la première fois, on sent que Mélodie sait comment son corps agit pour donner naissance à son bébé. Elle sait quoi faire pour le laisser travailler. Et cette sagesse lui donne un pouvoir infini.

« Bébé a 2 semaines et 2 jours aujourd’hui… J’ai pu retracer le déroulement de sa naissance, dont ni le papa ni moi n’avions tous les détails (shootés aux hormones que nous étions ).

Il a fallu me replonger dans l’ambiance grâce au travail de la photographe pour pouvoir vous livrer ce récit.

J’en garde un souvenir tellement puissant, doux et harmonieux à la fois…

C’est ce que j’aimerais partager, car tant de femmes ont peur de l’accouchement sans péridurale que je voudrais les rassurer. 

La puissance qui nous envahit et nous submerge, le vertige qu’elle provoque, la douceur de la rencontre… Tout cela se mêle en une danse charnelle intense dont on découvre chaque pas à mesure que la musique progresse.

Le jour de mon terme

12 juin, 15h13 – Ca y est, je suis « à terme ». Sortie de la maternité pour le contrôle de routine des 41 semaines.

A l’échographie tout est OK. Bébé a une grande piscine pour gigoter. C’est pour ça qu’elle n’appuie pas encore bien sur le col.

Un col qui, quant à lui, est encore caché en postérieur mais tout mou, très court, presque effacé, et déjà ouvert à 2.

La sage-femme, adorable, m’a demandé si je veux tenter un mini-décollement, j’ai dit oui :

“Il ne manque que les contractions, vous êtes prête”

Ok, je croise les doigts pour ne pas revenir dimanche, même si tout le monde est sympa dans cette maternité.

A 18h, ma sage-femme répond au petit résumé de ma visite à la maternité :

“C’est super !! Bois bien… Souris… et passez une bonne soirée.”

Pile mon intention.

Avoir pu partir de la maternité en n’ayant eu que des bonnes nouvelles m’a déjà enlevé une bonne dose de stress.

De 19h30 à 22h, j’ai des contractions erratiques, pas très régulières…

Ca fait vraiment comme de petites douleurs de règles qui durent entre 20 et 45 secondes, avec des pauses de 3 à 9 minutes entre chaque.

Entre 22h et 23h15, les contractions se régularisent et se rapprochent enfin.

Elles durent 35 secondes et reviennent toutes les 5 minutes, puis 45 secondes toutes les 4 minutes…

Elles sont si “supportables” avec mes essais de respiration fructueux que je ne crois même pas encore que le travail soit vraiment lancé.

Mon homme lui, me regarde du coin de l’œil sur le canapé, les souffler l’une après l’autre puis me replonger dans mes jeux de logique à colorier. Il sait.

A 23h, j’envoie une capture d’écran de mon appli pour mesurer les contractions à ma sage-femme pour lui montrer la régularité.

J’envoie la même à la photographe de naissance que nous avons engagée, avec la mention :

Pour l’instant, regarder Barbie sur Gulli avec la grande est plus dur à supporter.

Ça la fait bien rire, elle se tient prête.

Aux alentours de minuit, on envoie ma belle fille faire son moment lecture dans sa chambre.

On se regarde… Oui, on va appeler sa mère pour qu’elle vienne la chercher, ça devient une bonne idée.

Mon chéri appelle alors notre sage-femme qui a du mal à croire qu’en 5h, je sois passée de contractions erratiques toutes les 8, 10, 5 minutes, à des contractions régulières de 45-50 secondes toutes les 3 à 4 minutes.

Elle conseille que je prenne une bonne douche chaude et qu’il la rappelle pour la tenir au courant de l’évolution.

Vers minuit trente, direction la douche.

J’envoie un message à la photographe au passage, car je sens bien que c’est vraiment pour ce soir et elle a une heure de route.

Je me déshabille, et je parle à bébé dans mon ventre une dernière fois en la caressant :

“C’est le moment. Je te fais confiance, mon bébé. Je sais que tu as confiance en moi aussi. Tout va bien se passer. On va le faire ensemble.”

Sous la douche le temps s’étire : je commence à entrer clairement dans ma bulle.

Chaque contraction m’oblige à trouver une position plus adaptée que la précédente à ce dont mon corps a besoin.

Mon souffle se pose sur un rythme adapté pour un écoulement optimum de chaque vague : grande inspiration sur la première montée en intensité de la contraction, expiration la plus lente possible sur les petites montées en puissance suivantes, inspiration courte puis expiration lent…

Et Rebelote si la contraction se maintient.

Et enfin, inspiration profonde – expiration soufflée quand la contraction redescend.

Oui, ça fait du bien… Sauf si j’inspire trop fort car mon diaphragme appuie sur l’utérus et accentue l’intensité de la contraction.

L’eau chaude coule sur moi, je prends le pommeau en main et parcours mon corps avec.

Nouvelle contraction. Respiration optimum, ça passe. L’eau chaude me fait un bien fou.

Mon homme passe me voir et chuchote : “Tout va bien mon amour ?

Oui, ça va. Je hoche la tête.

“Tu gères, t’es la meilleure. Tout est installé.”

Génial, c’est lui le meilleur.

Je change de position, j’appuie mes pieds et mon dos ça et là sans trop trouver mes marques.

Nouvelle contraction. Respiration posée. Ah ! un petit cran de plus en intensité.

C’est étrange mais l’image d’une exploitation minière en escalier me vient quand je pense à la représentation d’une contraction montante : des pentes et de petits paliers entre chaque. Et pareil quand ça redescend.

Euh… nausée. Merde. Passagère ou vraie de vraie ? Ah oui, ça veut remonter… Bon ben, je pose ça là.

Par habitude, je commence à nettoyer.

Chéri m’a entendue me vider et débarque en me disant :

Tout va bien, je m’en occuperai, je t’apporte une bassine si ça revient.

Mais je ne peux pas m’empêcher de nettoyer, et ensuite de mettre ce que je peux dans la bassine.

Je veux que ma douche soit propre. Je veux y rester encore, ça fait tant de bien…

D’autres contractions passent, d’intensité toujours gérable.

Clairement rien n’arrêtera bébé, c’est pour cette nuit.

Le temps file toujours, j’ai ma montre au poignet mais aucune idée de l’heure qu’il est.

Finalement, je veux sortir.

J’arrête la douche, me sèche, noue un paréo autour de moi.

Mon homme est dans la cuisine, les canapés ont été bougés, le matelas au sol installé, la piscine est gonflée et au tiers remplie, les bougies sont allumées et les guirlandes lumineuses aussi.

Je branche mon téléphone et mets en route ma playlist de musique viking.

Wardruna, Skald, Danheim, des musiques graves et guerrières pour me mettre dans l’ambiance.

J’éteins la lumière de la cuisine au passage – ah ça y est : la pénombre, sécurité, intimité, douceur.

Aux alentours d’une heure du matin, il est temps de rappeler notre sage-femme : « Je le fais tout de suite mon amour”

Je m’installe dans le salon. Oh qu’il est confort ce matelas ! Oh que je dormirais bien, là !

Nouvelle Contraction. Aouch, elle a pris du grade. On respire, on se relâche…

Elle arrive, elle a dit de poser ta respiration.

Hein ? Aouch, nouvelle contraction. Je tente un truc… argh, mais ça veut dire QUOI poser sa respiration ?

Tout au long du travail, j’aurai une petite pensée pour cette phrase au sens très flou…

Alors qu’au final, elle était déjà bien posée, ma respiration.

Je fais tourner ma toupie pour m’ancrer encore plus, je la regarde un moment puis j’enfouis mon visage dans le drap qui sent bon la lessive de maman et qui recouvre le canapé.

A quatre pattes, accroupie, fesses en l’air, je tente toutes les positions.

J’entends du bruit en bas. Je lève les yeux, l’heure est inscrite sur le four : 1h37.

Ce sera la dernière heure dont je me souviens avant bébé.

C’est l’arrivée de V, la photographe, que je pense à saluer mais que je crois que mon corps ne saluera pas.

La pensée “Oh je dois avoir l’air fine étalée comme une crêpe” est balayée par “Elle a l’habitude, regarde, elle prépare son matériel”.

J’accueille la contraction suivante. Plus intense celle-là, elle me donne envie d’un bain.

Chéri vient m’aider à entrer dans la piscine, me prévient qu’elle n’est qu’à 31°, qu’il fait bouillir de l’eau pour la réchauffer.

J’ai bouffé toute l’eau chaude avec ma douche… pas grave, je veux flotter.

Contraction suivante. Elle aussi a pris du galon. Respire, respire, respire… Passée !

Bon, le bain ne calme rien j’ai l’impression que c’est même l’inverse.

© Vanessa Amiot Photographie

Les contractions deviennent plus intenses, plus rapprochées.

Je me perds dans ma propre tête, je flotte, je profite du calme seulement troublé par les cliquetis discrets de l’appareil photo.

Mais les contractions sont trop intenses dans l’eau, je veux sortir…

Paréo trempé retiré, je me lève, mon homme dégaine une serviette, nous nous enlaçons tendrement pendant que je sèche par capillarité.

Je passe dans l’écharpe de portage qu’on a installée pour les suspensions, je pose tout le haut de mon corps dedans, en laissant pendre mon bidon, et je balance mes fesses pour me bercer.

Mais ça ne va pas, je ne respire pas assez bien, je dois sortir de là.

J’enfile mon peignoir en pilou blanc immaculé (oui je me suis dit qu’il pourrait être tâché, mais qu’est-ce qu’il est confortable !).

Debout, une contraction me fait m’arrêter et agripper mon homme par le cou : inspire, souffle lentement…

Je retourne sur le matelas et m’allonge.

Cette envie de dormir qui me taraude ! Chéri s’allonge derrière moi et me câline. C’est si doux.

Bruit de clefs. De clefs ? Je sors un chouia de ma bulle, j’analyse.

Ce doit être Elisabeth, ma sage-femme, qui arrive.

Selon les données de la photographe c’était vers 2h15.

Je commence à entendre Elisabeth chanter des « Aaah » graves, et mon homme qui l’accompagne.

Ah oui, c’est vrai, ça peut aider, ça !

Et ça va si bien avec la musique viking qui continue…

Aux alentours de 3h du matin, Elisabeth sort le doppler pour écouter le cœur de bébé.

Je suis posée sur le torse mon amoureux, j’embrasse son bras, je le sens (j’adore son odeur !).

Tout va bien. Je me lève.

Ma sage-femme m’encourage à faire des ronds avec mon bassin, ça fait du bien !

Récit d'accouchement inspirant sur NAturelle Maman
Encouragée par sa sage-femme, Mélodie fait des mouvements avec son bassin pour favoriser la descente et l’engagement de son bébé.
© Vanessa Amiot Photographie

Retour dans l’écharpe de portage, Elisabeth me masse un peu les points sacrés avec de l’huile d’olive.

Ça fait du bien aussi, c’est chaud, mais décidément cette écharpe n’est pas ce qu’il me faut.

Sur le matelas, je recommence mes alternances 4 pattes, accroupie, fesses en l’air, dodo de côté.

Mon envie de dormir passe quand je m’allonge, même si clairement, chaque nouvelle contraction m’empêche de somnoler !

Chéri vient me caresser les cheveux, la tête, m’embrasser. C’est si agréable.

Argh, envie de vomir à nouveau. Bassine, bassine ! De la bile se fait la malle.

Je sens que ce n’est pas fini, et une contraction se rapproche !

Je vomis en même temps qu’elle arrive, je perds ma respiration, je crie, j’inspire comme si j’étouffais, mon diaphragme appuie sur l’utérus et se tend à nouveau pour vomir, put#@$ j’ai mal !

La contraction s’arrête, je respire en haletant, je me répète en boucle que c’était un concours de circonstances, que ça ne se reproduira pas, ça ne fera plus mal comme ça !

J’essaie de me détendre, de souffler, car je sens que ça reste en tension en bas… Le matelas est mon copain.

Une contraction me donne envie de poser ma main sur ma vulve et d’appuyer pour l’apaiser. Ça marche.

Ma main droite restera là jusqu’à la fin.

Aucune idée de l’heure qu’il est, aucune idée d’à combien je suis ouverte. Je ne demanderai pas.

Je suis à une contraction de moins avant bébé, c’est tout !

Je veux retourner dans la piscine, maintenant.

J’enlève mon peignoir en pilou et retourne dans l’eau.

Les positions se multiplient : accroupie la tête sur le boudin, allongée sur le côté avec les pieds qui poussent sur les bords, assise avachie en arrière, … je tente tout.

Mon homme et Elisabeth se dédoublent : à la fois à la cuisine en train de chauffer de l’eau, à la fois près de moi à me parler, me masser, me proposer à boire et à manger, faire des sons graves (chéri dira plus tard qu’il avait l’impression que nous étions une secte en plein rituel – pour moi c’était le cas).

Je perds le son du “A” en question à chaque fois, heureusement qu’ils sont là pour continuer à me guider !

Si le bon son n’est pas posé, il ne résonne pas bien, ne vibre pas en bas, la respiration n’est pas optimum et c’est diablement plus intense !

Ma main est toujours entre mes jambes, j’appuie, je masse.

Elisabeth me propose de l’huile d’olive : “Ca te fera du bien.

Étonnant comme l’huile d’olive reste quand même sur une main dans l’eau…

J’ouvre un oeil de temps en temps, j’attrape la main de mon amoureux.

Il est là, sa présence adoucit tout, ses caresses me détendent et facilitent l’accueil de la contraction suivante.

D’ailleurs j’ai l’impression qu’elles n’augmentent plus en intensité, comme si elles “suffisaient”… ou bien le cercle hormonal vertueux s’est tellement bien installé que je sens moins la différence ?

Au milieu d’une contraction, allongée sur le côté, je sens un gros plop, puis un flot de liquide amniotique sort de mon corps comme un lâcher de barrage.

La poche des eaux est rompue. Bébé est arrivé sur le périnée.

Surprise à la contraction suivante : une poussée réflexe se glisse au milieu, me fait me perdre mon “Aaah” qui devient un râle guttural.

La vache, c’est tellement puissant !! Je n’imaginais pas ça aussi fort !

L’avantage, c’est que l’intensité de la contraction disparaît pendant la poussée. L’inconvénient, c’est l’impression que bébé va sortir par l’arrière…

Les contractions suivantes contiennent aussi une poussée, puis deux, parfois trois courtes.

Je ne sais combien passent, puis une euphorie totale me saisit :

Je sens ses cheveux, je sens ses cheveux !

Le couronnement arrive, je sens la tête de bébé étirer la sortie.

Ça brûle un peu… Ralentir ou adoucir les poussées est tellement difficile, elles sont si fortes en fait !

Mais c’est important, je m’en rappelle. Pour ne pas déchirer mon périnée.

Doucement bébé, doucement, doucement…

Une nouvelle poussée et la tête de bébé est dehors, dans l’eau, ma main posée sur elle.

La poussée suivante arrive si vite que bébé glisse hors de mon corps comme un petit savon.

Je perds le contact une seconde, puis récupère ma petite merveille et la porte à mon cœur.

Elisabeth me glisse un conseil à l’oreille : “Son visage vers le bas”.

Quelques secondes passent, elle crie un peu, je pleure, mon chéri dans mon cou pleure derrière moi :

Tu l’as fait ma chérie, tu l’as fait !! Comme elle est belle !

Il est 3h39. Maëlle est née chez nous.

Maëlle en peau à peau avec ses parents. © Vanessa Amiot Photographie

J’apprendrai le lendemain que pendant la seconde où j’ai perdu le contact, Elisabeth a fait faire un 360 dans la piscine à bébé qui avait un tour de cordon non serré autour du cou… Je n’avais RIEN capté.

Moments de joie, de plénitude…

Nous restons collés tous les trois pendant plusieurs minutes.

L’eau de la piscine rougit un petit peu.

Elisabeth installe des alèses sur le matelas.

Elle et mon amoureux m’aident à sortir de la piscine pour ne pas que je glisse, à changer la serviette en éponge bambou trempée qui enveloppait bébé pour une sèche.

Petite merveille est posée sur sa serviette devant moi, je m’agenouille au-dessus des alèses et pousse un petit peu.

Le placenta sort tout seul, en entier, et je le dépose dans une bassine prévue à cet effet.

C’est comme ça que je rêvais ce point final, cette délivrance : avec mon bébé déposé juste devant moi, près de son papa.

Nous nous installons adossés au canapé pour la première tétée, bébé se ventouse comme une cheffe au bout d’une petite minute de recherche.

Première tétée de Maëlle quelques minutes après sa naissance © Vanessa Amiot Photographie

Vient le temps du peau à peau avec papa, pendant qu’Elisabeth m’examine (2 petites éraillures), puis m’accompagne, car j’ai envie de prendre une douche.

Je me détends sous le jet d’eau tiède, me savonne doucement… à la sortie j’enfile une de ces couches pour adulte et me dirige vers le lit.

Elisabeth m’apporte bébé, enveloppée dans sa serviette bambou, et la colle contre moi.

Elle me borde. “Dors maintenant. On s’occupe du reste avec ton homme.

Et je plonge dans les bras de Morphée, comme bébé. »

Mélodie


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