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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !19 mai 2024
Peau à peau maman bébé juste après la naissance à la maternité

Témoignage d’Inès « Mes 3 accouchements si différents m’ont appris à lâcher prise »

La plus belle façon d’accoucher est une question très personnelle et subjective. On peut adorer ou détester accoucher à la maternité. Redouter la péridurale ou l’envisager comme un anti-douleur incontournable. Chaque femme et chaque grossesse sont différentes. C’est ce dont témoigne Inès qui nous raconte comment ses 3 expériences de naissances à l’opposé les unes des autres l’ont transformée, lui ont appris le lâcher-prise et l’humilité.

Je m’appelle Inès, j’ai 33 ans et je suis déjà maman de deux garçons de 4 ans et 2 ans de demi. 

Je voudrais témoigner de la différence entre mes 3 accouchements et de l’importance de suivre son ressenti, d’écrire un projet de naissance qui nous corresponde mais aussi de lâcher prise quand ça ne se passe pas comme on le souhaitait !

Et je voudrais aussi donner un témoignage pour aider les mamans qui choisissent un accouchement voie basse pour un bébé en siège.

Mon premier accouchement à la maternité d’Antony (92)

J’ai suivi une préparation à l’accouchement très classique, la sage-femme ne nous a jamais parlé d’accouchement physiologique, elle nous a juste montré comment pousser en position gynécologique lors d’une séance à 38 semaines de grossesse.

Après cette séance, j’ai des contractions de Braxton Hicks irrégulières, rien qui n’annonce un accouchement immédiat.

La veille de mon accouchement (39SA+2), je passe toute la soirée à rebondir sur le ballon pour faire descendre mon bébé.

A 2h du matin, je le sens qui prend appui dans mon utérus, pousse avec ses jambes, et sa tête vient taper mon col.

J’entends un gros « pop » : j’ai perdu les eaux ! 

Tout de suite j’ai des contractions fortes et rapprochées, nous partons très vite pour la maternité qui heureusement est à 10 minutes en voiture.

La sage-femme regarde mon col, je suis dilatée a 5 cm.

Je passe en salle de travail, on me met la perfusion sur le poignet et on installe un monitoring ambulatoire.

J’alterne entre différentes positions : assise sur le ballon, marche, quatre pattes, pour vivre mon travail en étant active et accompagner la descente de mon bébé.

Je suis dans ma bulle, les contractions sont fortes et rapprochées (toutes les minutes).

Je n’ai pas trop le temps de reprendre mon souffle entre chaque contraction mais je me sens bien.

Je m’accroche aux mains de mon mari Joseph à chaque contraction

2h après avoir perdu les eaux, je sens que j’ai envie de pousser.

Sans trop réfléchir je m’allonge en position gynécologique.

Et là commence une longue poussée qui a été dure à vivre et à supporter.

Les sages-femmes sont très présentes et me soutiennent pour m’aider à pousser. 1h30 après, j’avais notre fils dans les bras !

Ce fut un bel accouchement, sur le moment j’en garde un beau souvenir !

Et je suis fière de moi d’avoir accouché naturellement en laissant mon corps gérer la douleur. 

Mais en relisant mon premier accouchement à la lumière de ce que je sais maintenant, je regrette de ne pas avoir entendu parler d’accouchement physiologique pendant ma préparation à la naissance et d’avoir poussé en position gynécologique.

Les poussées ont été longues et douloureuses et m’ont laissée un très mauvais souvenir et quelques séquelles (léger prolapsus de la vessie, deux déchirures et gros cephalhematome sur la tête de mon fils).

De plus, avoir un accouchement aussi rapide pour un premier enfant fut un peu traumatisant car personne ne m’avait dit que certaines femmes n’avaient pas de contractions annonçant le début du travail.

Je n’ai donc pas eu ce temps de transition en me disant « Ca y est j’ai des contractions régulières, mon bébé va naître, je vais être maman !« 

Récit de naissance douce d'Inès sur Naturelle Maman

Deuxième accouchement à domicile au Canada

Lors de mon deuxième accouchement, ma famille et moi vivions au Canada, où le système de santé est complètement différent !

Si on choisit le suivi par un cabinet de sage-femmes, on rencontre toutes les sages-femmes du cabinet pendant la grossesse, et c’est une d’entre elles qui sera présente pour l’accouchement à l’hôpital.

Comme ça on connaît déjà celle qui va nous accoucher !

Dès le premier rendez-vous, les sages-femmes nous ont proposé un accouchement à domicile car le premier s’était très bien passé et avait été très rapide.

Notre situation familiale étant un peu particulière, car nous étions famille d’accueil pour 4 personnes handicapées avec 2 volontaires étrangers, j’ai commencé par hésiter.

Mais petit à petit l’idée a fait son chemin et nous avons opté pour un AAD.

Là-bas, quand la grossesse se passe bien, le suivi est beaucoup moins médicalisé : pas de prise de sang ni d’analyses d’urine mensuelles.

En plus comme c’était pendant le début de COVID, j’ai peu vu mes sages-femmes, souvent c’était via Zoom.

Je n’ai eu que deux échographies, l’échographie de datation et celle du 2e trimestre.

Un suivi très agréable et relax, complètement différent de celui en France !

Comme je savais que j’accouchais vite et que je n’avais pas de contractions annonciatrices, j’étais prête psychologiquement à avoir mon bébé dans les bras d’un moment à l’autre !

Puis a 40SA +3, comme pour mon premier, je n’avais toujours pas de contractions régulières, 

J’avais rendez-vous l’après-midi pour un monitoring.

On cuisine le déjeuner, je me penche en avant et je sens un léger pop, je perds les eaux !

De légères contractions régulières commencent, les contractions très fortes arrivent 30 minutes après.

La sage-femme arrive, s’installe, je prends une douche qui accélère le travail !

Je bouge sur le ballon pour gérer les contractions, puis je finis par m’installer à quatre pattes et je m’appuie sur mon ballon entre chaque contraction.

Je me rappelle très bien la phase de désespérance où je dis (en anglais car nous habitions sur la côte Ouest) « Pourquoi ai-je choisi d’accoucher sans péridurale !« 

Je ressens l’envie de pousser en suivant les contractions avec ma respiration

2h30 après avoir perdu les eaux je tiens mon bébé dans les bras !

C’est un magnifique souvenir : je suis assise par terre sur mon tapis de sport, avec mon bébé dans les bras, et mon mari est dans mon dos et nous prend tous les deux dans ses bras. Magique !!

Très rapidement, je vais m’installer sur notre lit dans notre chambre pour me faire recoudre et profiter de bébé.

Ce fut un accouchement magique, tout en douceur dans notre cocon familial !!

Le suivi post-partum a lui aussi été très doux, elles n’ont pas embêté bébé en le pesant tout le temps car elles savent qu’il perd forcément du poids les premiers jours.

Elles sont disponibles si besoin mais il n’y a pas tous ces protocoles souvent étouffants en France.

Magnifique souvenir !!

Inès avec son troisième enfant sur Naturelle Maman

Troisième accouchement par voie basse d’un bébé en siège à la maternité de Saumur

De retour en France, bébé numéro 3 s’annonce en février 2022.

Ayant adoré notre AAD canadien, je contacte tout de suite une sage-femme pour un AAD via l’association l’APAAD.

Le feeling passe très bien, ma grossesse se déroule toute seule.

Et là : grosse surprise lors de la troisième échographie à 32SA : bébé est toujours en siège…

Pas de panique, bébé a toujours le temps de se retourner !

Ostéopathe, acupuncture, pont indien et autres astuces, mais bébé ne se retourne toujours pas.

J’ai rendez-vous à la maternité de Saumur et là commence tout un marathon médical, exactement ce que je voulais éviter après le souvenir de cet accouchement magique au Canada : échographie supplémentaire, pelvimetrie, rendez-vous avec la gynécologue chef de service pour envisager un accouchement voie basse en siège, etc.

L’opposé de notre projet d’accouchement à la maison et de notre souhait d’avoir un accouchement non médicalisé… 

Je suis dégoûtée car au Canada, il n’y a pas de troisième échographie quand tout se passe bien, et les sages-femmes n’ont jamais évoqué la possibilité que bébé soit en siège.

Je me dis que si nous avions encore habité là-bas, j’aurais pu avoir un accouchement à domicile en siège sans le savoir et sans avoir toute cette médicalisation ! 

La gynécologue me dit que c’est possible d’accoucher par voie basse sous réserve que le poids de bébé à terme soit inférieur à 3,8kg… Hop, une autre échographie : poids à terme estimé supérieur à 4kg !

On me propose donc l’alternative suivante : un déclenchement à 39 semaines avec des comprimés d’Angusta ou une césarienne à terme.

Nous optons pour le moindre mal du déclenchement.

J’ai dû faire un énorme travail de lâcher prise depuis que j’ai appris que bébé est en siège, cela a été difficile car notre projet d’AAD et un déclenchement à la maternité sont à l’opposé !

Récit de naissance douce d'Inès : 3 accouchements à la maternité dans des conditions très différentes sur Naturelle Maman

La maternité essaie au maximum de respecter notre souhait d’une naissance physiologique : ils vont me donner 1 comprimé d’Angusta toutes les 2 heures pour que cela soit moins difficile à gérer (au lieu de 2 toutes les 4h).

Ils sont d’accord pour que je n’ai pas de péridurale, pour un monitoring intermittent tant que je ne suis pas dilatée à 4 cm, puis un monitoring ambulatoire.

Je peux utiliser la salle physiologique pendant la phase active du travail. Je peux sortir le lendemain matin de la naissance pour bénéficier du PRADO…

La seule chose qui coince est mon souhait de pousser en position physiologique car la gynécologue me dit qu’ils ne sont pas formés pour gérer une naissance en siège autrement qu’en position gynécologique.

Par contre elle est d’accord pour l’aménager autant que possible pour respecter la physiologie !

Mais, me dit-elle, la majorité du temps, la poussée pour un bébé en siège est très rapide, en 2-3 poussées bébé est sorti !

On ne passe donc en général pas plus de 10 minutes en position gynécologique.

Je finis par lâcher prise et suivre ses recommandations.

Pas facile de faire confiance et de ne pas être en contrôle quand on a suivi son instinct et accouché toute seule lors d’un AAD !

Pour préparer mon corps au déclenchement, je suis pleins de conseils de Naturelle Maman : dattes tous les jours, capsules d’onagre par voie orale et vaginale, mélange d’huiles essentielles appliqué sur le ventre et le bas du dos, séance d’acupuncture, etc ! 

Le matin du Jour J, le 18 octobre 2022, je commence à avoir de légères contractions irrégulières, puis toutes les 5 minutes, mon col est mou et en train de s’effacer, dilaté à deux doigts !

Ça y est ça commence le travail avant même le déclenchement !

Je dois rester à jeun tant qu’on ne sait pas comment bébé réagit aux comprimés d’Angusta donnés pour le déclenchement.

Arrivée à la maternité, monitoring pendant 30min, puis je prends deux comprimés d’Angusta à 10h et 12h.

Petite frayeur pendant le premier comprimé, le rythme cardiaque de bébé descend très bas, je change donc de position et je refais un monitoring d’une heure.

Les contractions commencent à être un peu intenses mais ça reste supportable

3 accouchements très différents pour témoigner de l'importance de lâcher prise pendant l'accouchement

Comme tout va bien, je peux enfin aller en chambre et manger !!

Et là, à 13h, les contractions s’intensifient et s’enchaînent toutes les 45sec-1min20.

Je n’arrive pas à m’asseoir sur le ballon, je préfère rester debout c’est plus supportable.

On repart pour regarder mon col, je suis à 3 cm.

A ce moment, je me surprends à émettre spontanément des sons très graves pendant chaque contraction, qui m’aident énormément à me concentrer sur ma respiration et à mieux supporter la douleur.

Je suis en phase avec mon instinct animal, c’est impressionnant !!

Pourtant je n’ai jamais suivi de cours de chant prénatal !

La sage-femme m’installe ensuite dans la baignoire, et là les contractions deviennent de plus en plus insupportables… à chaque contraction, j’ai l’impression que mon utérus va se détacher et va sortir par le vagin.

Inès raconte son accouchement dans l'eau à la maternité sur Naturelle Maman

Le bain m’a tellement détendue qu’il a intensifié encore les contractions !

Elles sont très rapprochées (45sec-1min) et durent très longtemps, plus d’une minute.

Je commence à désespérer de tenir cette douleur horrible sans savoir combien de temps ça va durer.

Nouveau contrôle du col à 16h : je suis a 4cm après 3h de contractions ultra intenses et douloureuses !

Pourtant j’ai déjà accouché deux fois sans péridurale et très rapidement !

Moi qui m’étais dit « jamais je n’aurai de péridurale », je finis par changer d’avis et la demander.

J’ai beaucoup de mal à sortir de la baignoire tellement les contractions sont rapprochées.

Dans la salle d’accouchement, on me demande de m’asseoir pour pouvoir poser la péridurale, j’ai horriblement mal.

Passage difficile en attendant que la péridurale agisse.

Puis, petit à petit, je ressens moins le besoin de faire des sons graves et je me détends enfin !

La péridurale a été un peu trop dosée du coup je ne sens plus les contractions mais la sage-femme m’assure qu’il y en a quand même.

J’ai l’impression d’être spectatrice de mon accouchement mais je suis tellement fatiguée que je me repose.

Je suis très fatiguée. J’ai eu le Covid deux semaines avant et je n’ai presque pas dormi la nuit précédente.

Puis d’un coup je ressens une chute d’eau tres impressionnante entre mes jambes : ça y est la poche des eaux s’est rompue !

Je suis dilatée à 8cm, 1h après la pose de la péridurale !

Puis 2h30 après avoir eu la péridurale, on me dit qu’on voit les testicules de bébé et qu’il est temps de pousser.

Je ne sens pas grand chose du coup je pousse en retenant ma respiration, guidée par l’équipe médicale.

Deux poussées plus tard, toutes douces, bébé est sur moi !! Et finalement son poids 2 semaines avant terme est de 3,955kg !

Peau à peau maman bébé juste après la naissance à la maternité

L’accouchement pour notre troisième enfant a donc été totalement opposé à ce que nous avions prévu, et a nécessité un grand et difficile lâcher prise de ma part pour arriver à accepter un déclenchement médicalisé à la maternité au lieu d’un accouchement dans mon cocon familial.

Et même pendant l’accouchement, j’ai encore dû changer de plan en revenant dans mon corps et dans ses ressentis, pour ne pas m’obstiner à souffrir le martyr juste pour ne pas avoir de péridurale.

Mais finalement je garde un magnifique souvenir de ce troisième accouchement !!

Et je me sens plus humble par rapport à mes convictions intimes, plus capable d’accepter des changements de projet de naissance et d’accepter ce que j’aurais voulu éviter !

Inès

3 Comments

  1. Enora Reply

    J’ai très envie d’accoucher a la maison pour ma 3eme et derniere grossesse. Votre récit me conforte dans mon projet, je le vois presque comme un signe pour effacer les derniers doutes qui me retenaient merci. Je dois normalement accoucher mi-juin. J’ai accouché naturellement pour ma derniere, et je me suis promis que plus jamais je n’accoucherais a l’hopital (a chaque accouchement, j’ai eu des deceptions et expériences negatives a toutes sorte de niveau, et j’aime pas le coté ultra medicalisé et stressant de l’hopital…). Apres 2 fois, j’ai pu me faire ma propre opinion je crois!! Enfin bref, je suis suivi par une sage-femme, et soit j’accoucherai a la maison, soit en maison de naissance (qui est a 30 minutes sans bouchon de la maison). Bravo et merci d’avoir partagé votre très belle expérience, c’était un grand plaisir de vous lire.

  2. Benjamine Reply

    J’ai eu énormément de mal à comprendre ce qu’était le lâcher prise. Moi qui étais stressée par la grossesse, je l’ai vécu comme une injonction à me détendre et ça me stressait encore plus. J’espère comme Inès découvrir peu à peu ce que c’est pour mes prochains bébés car je n’ai qu’un seul bébé pour l’instant (j’ai accouché il y a 4 mois et demi seulement donc ce n’est pas prévu pour tout de suite lol). Merci à elle pour son très beau récit de naissance douce en tous cas. C’est toujours un grand plaisir de lire ces récits inspirants.

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