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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !6 octobre 2022
témoignage accouchement par voie basse en siège

Accouchement d’Ophélie « On nous a remerciés de montrer qu’il est possible d’accoucher en siège sans surmédicalisation »

Ophélie souhaitait vivre un accouchement physiologique pour la naissance de son premier bébé. Elle s’est préparée, informée et bien entourée. Quand elle a appris que son bébé se présentait par le siège, elle est restée confiante en ses capacités, parfois déstabilisée, mais déterminée. Elle nous offre le récit de cet accouchement si particulier, entourée d’une équipe de soignants bienveillants qui ont fini par la remercier.

A la fin de ma grossesse, j’ai lu beaucoup de récits d’accouchements au déroulé le plus naturel possible. Cela m’a énormément appris, enrichie et préparée pour vivre à mon tour le plus sereinement possible, la mise au monde de mon premier bébé. Je voudrais donc partager le récit de mon accouchement pour rassurer ou encourager d’autres futures mamans.

Quand j’ai appris que j’étais enceinte, je ne connaissais strictement rien au déroulé d’une grossesse et d’un accouchement. Je n’avais qu’une vague idée, un peu effrayante, de comment cela se passait. J’ai appris au fur et à mesure via un suivi avec de merveilleuses sages-femmes et en lisant beaucoup.

Par contre, une chose était claire dès le début, j’avais peur de la médicalisation des accouchements et surtout des actes médicaux non désirés qui sont imposés « d’office » comme si un accouchement était une procédure standardisée.

J’avais peur aussi de la présence d’inconnus pendant l’accouchement

Le papa et moi avons rapidement décidé de nous orienter vers une solution « mixte » entre maternité et maison de naissance, qui est proposée par l’hôpital près de chez nous : un accompagnement à la grossesse et un accouchement les moins médicalisés possibles, accompagnés par une sage-femme en équipe avec un gynécologue de l’hôpital.

L’accouchement en tant que tel est prévu en salle d’accouchement physiologique à la maternité avec la sage-femme qui nous accompagne pendant la grossesse. C’est un système qui fonctionne assez bien ici (en Belgique).

Cela répondait vraiment à nos attentes : les personnes qui nous accompagnent pendant la grossesse sont celles qui nous assistent pour l’accouchement.

Il n’y a pas de personnes inconnues pour nous accompagner et les conditions pour vivre un accouchement physiologique sont réunies. Et malgré tout, c’est sécurisant car s’il y a un problème, on est déjà à l’hôpital.

Le seul critère pour pouvoir accéder à ce suivi c’est que la grossesse se passe sans problème… Et comme on m’avait prévenue (c’est d’ailleurs le meilleur conseil qu’on m’ait donné) : une grossesse et un accouchement ne se passent jamais comme on l’imagine… Mais ne se passent pas mal pour autant !

Il faut juste éviter de se faire une image précise du déroulé car il y a 99% de chances que cela ne se passe pas comme ça.

Pour nous, le « hic » a été une présentation de bébé en siège décomplété (arrivée les fesses d’abord, donc).

Ma grossesse s’est très bien déroulée : pas de nausées, pas de fringales, fatiguée mais pas trop, pas de douleurs particulières, pas de prise de poids trop importante (9 kg en tout), même pas de vergetures !

On voit notre sage-femme une fois par mois au début et une fois tous les 15 jours en fin de grossesse, la gynécologue pour les échographies uniquement. Et puis, à 32 semaines d’aménorrhée : bébé est toujours en siège. Bon, à ce stade, pas d’inquiétude. Bébé a encore le temps de se retourner.

On teste différentes choses : yoga, acupuncture, ostéopathie, parler à notre bébé, lumière sur le ventre, etc.

Rien n’y fait, bébé est toujours en siège

Là, le suivi de ma grossesse devient plus médicalisé.

J’ai des rendez-vous fréquents avec ma gynécologue. Elle écarte rapidement l’idée de faire une version manuelle de bébé car j’ai peu de liquide amniotique et un utérus tonique (c’est d’ailleurs surement pour ça que bébé est resté en siège).

Selon elle il y a 50% de chances que la manœuvre ne fonctionne pas. Elle ne préfère par tenter. Ca me convient.

Mais elle me prévient… Si bébé ne se retourne pas avant la naissance, je dois abandonner l’idée d’un accouchement physiologique juste avec ma sage-femme à la maternité.

Un accouchement en siège par voie basse implique la présence d’une équipe médicale plus fournie pour l’accouchement.

Là je commence à paniquer, j’ai peur, je n’ai pas envie de renoncer à l’accouchement dont j’avais envie.

De plus, elle ne « m’autorisera » à vivre un accouchement par voie basse que si tous les feux sont au vert :

Premier critère pour l’accouchement par voie basse en siège : le bassin doit être suffisamment grand. La vérification par pelvimétrie confirme que c’est ok pour nous.

Second critère, bébé ne doit pas être trop gros. Bébé est annoncé entre 2,7 et 2,8 kg, c’est donc bon aussi.

Troisième critère, mieux vaut un siège décomplété qu’un siège complet. C’est bon aussi pour nous !

Du coup, ma gynécologue est d’accord pour nous accompagner pour une naissance en siège, sans péridurale et dans la position qui me convient !

Ma sage-femme me rassure aussi, elle pourra être présente lors de l’accouchement si je le souhaite, en plus des équipes de l’hôpital.

Sauf que… le temps passe. Le terme est prévu le 1 er avril, veille de vacances scolaires ici en Belgique.

Alors que j’étais convaincue que bébé arriverait avant terme, il n’en est rien

Lors de mon dernier rendez-vous avec ma gynécologue, elle m’indique qu’elle sera en vacances à partir du 1er avril. Si bébé ne se décide pas, ce sera le gynécologue de garde qui suivra mon accouchement…

Et dans ce cas, la gestion d’une naissance en siège dépendra de son ressenti et de ses connaissances à lui.

On recommence à stresser, je me renseigne sur les gardes à l’hôpital et commence à calculer pour que bébé naisse avec un gynécologue consentant à ce que je puisse accoucher comme je l’entends.

Mais au fond, c’est bébé qui décide…

Je ne sais pas à quoi m’attendre comme « signal » du début de l’accouchement. Je n’ai pas la moindre idée de ce que sont des contractions. En fait, cela commence au petit matin du 1 er avril.

Vers 2h du matin, je me réveille avec une douleur dans le bas du ventre, comme pendant les règles, et je commence à compter. Cette douleur revient toutes les 10 minutes. Ok, là je comprends , ça doit être ça des contractions.

Je reste au lit, sans vraiment me rendormir, en regardant l’heure à chaque contraction.

Quand le réveil sonne marquant l’heure du lever du futur papa, je l’ informe de la situation. Mais pour moi, ce n’est pas possible que cela soit vraiment ça.

Ca ne fait pas si mal, je ne vais pas faire la douillette (c’est tout moi ça, minimiser ce que je ressens et surtout la douleur), à la limite c’est du pré-travail.

Vers 9h, j’envoie le futur papa travailler et puis j’appelle ma sage-femme, P.

Elle me dit de la tenir informée mais comme je n’ai pas l’air paniquée, elle me conseille de rester chez moi. A ce moment là, les contractions se sont un peu calmées. Je prends un bain.

Les contractions se calment mais sont bien là, toujours régulières

Je minimise toujours en me disant « nooon, c’est pas ça », et pourtant, à chaque contraction, à chaque vague, je me retrouve à quatre pattes.

Vers midi, le futur papa décide de rentrer à la maison pour télétravailler l’après-midi, se disant probablement plus que moi que les choses sont lancées.

Ma sage-femme me rappelle, je lui dis que tout va bien. L’après-midi avance, ça devient moins facile à gérer mais je ne me l’avoue toujours pas. Je commence même un nouveau bouquin.

J’essaie de dormir mais la douleur est plus difficilement gérable couchée.

Finalement, je me colle le dos au radiateur et profite de la chaleur. Vers 17h, j’annonce au futur papa qu’il faudrait peut être envisager d’aller à la maternité, que ça fait mal et que ça va être dur. On s’active alors. On termine la valise, on appelle P. en disant qu’on pense qu’il faudrait qu’on vienne à la maternité. Elle approuve.

Je n’arrive plus à parler pendant les contractions. Elles se sont rapprochées, moi je dis toutes les 5 minutes, le futur papa lève les yeux au ciel et indique que non, c’est toutes les 3 minutes. On met des croquettes au chat, et à 18h on part à la maternité qui n’est qu’à 10 minutes de voiture.

A l’hôpital, j’essaie de gérer les contractions, de ne pas montrer que j’ai mal.

Ça marche tellement bien que ni à l’accueil de l’hôpital ni à la maternité ils ne comprennent que le travail est en route, d’autant plus avec mon « petit ventre » de femme enceinte.

Comble de l’ironie, ils nous disent : « Asseyez vous et attendez là, dans le couloir. »

Inutile de préciser qu’à ce stade-là, je suis bien incapable de m’asseoir.

Heureusement, on appelle notre super sage-femme qui vient nous récupérer et nous amène au bloc d’accouchement.

Je suis hyper stressée, je tremble de tout mon corps et pourtant, je suis toujours convaincue que ce n’est pas vraiment lancé.

J’ai d’ailleurs dit qu’on pouvait laisser nos valises dans la voiture, tellement certaine qu’on nous renverrait chez nous.

J’essaie de parler entre chaque contraction mais j’en suis incapable

Une fois le premier examen du col passé, la sage-femme du bloc d’accouchement m’annonce que « Non, non, vous ne rentrez pas chez vous, vous êtes à 3-4 cm de dilatation.« 

C’est à ce moment seulement que je réalise que c’est en route. J’avais peur d’un accouchement avec cette équipe inconnue. Notre sage-femme P. me rassure. C’est une bonne équipe et elle restera avec nous tout le temps.

Et de fait, P. est restée tout au long du travail et de l’accouchement et les 2 équipes de l’hôpital que j’ai vues étaient top.

Aucun geste n’a été posé sur moi sans qu’on me l’explique.

De même, j’ai dit dès le début que je ne voulais pas de péridurale et on ne me l’a jamais proposé (a posteriori, je me dis que si on me l’avait demandé plus tard lors du travail, j’aurais dit oui).

Chaque personne présente lors de l’expulsion s’est présentée à moi avant, tant que j’étais encore en mesure de les identifier.

En revanche, la gynécologue de garde a mis clairement les limites : ok pour un accouchement sans péridurale pour un bébé en siège mais lors de l’expulsion, je dois obéir à ce qu’on me dit et ne pas me laisser dépasser par la douleur. Pas vraiment le choix, on dit ok comme ça.

Le travail s’est déroulé comme attendu. J’ai commencé par un bain mais je me suis vite installée sur le ballon, en m’appuyant sur le futur papa derrière moi ou bien sur le lit devant.

P. me disait que je gérais parfaitement bien chaque contraction, moi j’avais mal.

J’avais retenu de mes lectures que les mamans se sentaient fortes et animal lors du travail et de l’accouchement

Moi je me sentais animal peut-être mais animal blessé.

Je ne m’attendais pas à ce que les contractions se ressentent autant dans le bas du dos. Pour me soulager, le futur papa et P. m’appuient dans le dos avec des bouillottes à chaque vague. S’ils s’éloignent un peu, je les rappelle à l’ordre, ce qui les fait rire.

J’essaie de discuter. P. me dit que je ne suis pas obligée de faire la causette entre chaque contraction. Je n’arrive pas à rentrer complètement dans ma bulle.

Minuit, je réalise que bébé ne naîtra pas un 1 er avril.

J’avais en tête le processus physiologique de l’accouchement, j’attendais la phase de désespérance puis le « sommet » plus calme et imaginais que les poussées réflexes arriveraient juste après.

Je ne ressentais rien de tout cela. Les contractions étaient régulières et fortes mais à des fréquences variables. Je me sentais désespérée depuis des heures. Je ne sentais aucune pause marquant le sommet.

A posteriori, P. m’a indiqué que quand je lui ai demandé « si vraiment il y avait une pause à un moment », j’y étais justement. Je n’avais juste pas compris que « pause » ne voulait pas dire « plus aucune contraction » mais juste « des contractions plus espacées ou de moindre intensité ».

J’en étais là donc, désespérée face à ces contractions interminables, cette douleur au dos, la durée, tout, je n’en pouvais plus, je voulais que ça change.

P. est partie un moment. Je voulais que ça change MAINTENANT, il fallait quelque chose de nouveau, il fallait que bébé naisse, j’en avais marre. Et ça a changé à cet instant.

Première poussée réflexe, incontrôlable, bébé descend !

Je le sens. Je dis au papa de rappeler P. Il ne sait plus où est le bouton. Je lui rappelle, là, appuie, vite !

P. arrive, je lui dis LA phrase « ça pousse ! ». P. vérifie, ah oui… ça pousse. Ça pousse bien !

Dans la salle, c’est le branle bas de combat.

Personne ne s’attendait à ce que bébé arrive si vite pour un premier !

La gynécologue est appelée.

Du côté du personnel, c’est un peu la panique, la gynécologue ne répond pas. On me dit de me mettre sur le lit, en position gynécologique, je n’ai pas le choix. P., la sage-femme du bloc, l’assistant gynécologue sont là.

On me demande de retenir les poussées parce que la gynécologue n’arrive pas. Autant dire que c’est parfaitement impossible.

J’émets des bruits bizarres à chaque poussée mais je ne crie pas.

La gynécologue arrive enfin, elle m’indique qu’on va me mettre une perfusion d’ocytocine de synthèse, pour être sûre que les contractions durent suffisamment longtemps pour faire passer la tête de bébé.

Pour la même raison, elle va me faire une épisiotomie préventive parce que c’est un siège.

Je n’en veux pas, je sais en plus que ce n’est pas vrai, on ne fait pas systématiquement une épisiotomie pour les sièges. J’avais dit au futur papa de se battre contre ça. Mais en fait, au moment de l’expulsion, on ne se bat plus contre rien. On souhaite juste que ça se passe bien et vite. Et de fait, l’expulsion va très vite.

Je sais directement comme pousser, ça se fait tout seul en fait, en tout cas sans péridurale.

15 minutes ont suffi pour que mon bébé soit sur moi. Tout petit, tout beau, tout parfait. Il est 1h du matin. Il reste le placenta à expulser, je ne m’attendais pas à devoir le pousser dehors, je pensais qu’il sortait un peu tout seul, sans qu’on s’en rende compte. On m’a recousue.

On nous a félicités en disant que c’était un très bel accouchement, on nous a même remerciés, pour la maternité, de montrer qu’il est possible d’accoucher en siège sans surmédicalisation.

Et puis on nous a laissé pendant 2h, tous les 3. Le temps de réaliser, de reprendre nos esprits.

J’ai beaucoup repensé à mon accouchement, cela ne s’est pas exactement passé comme nous l’avions voulu mais cela s’est très bien passé quand même.

Tout a été mis en place pour que chacun puisse être à l’aise avec la situation d’un bébé en siège. Cela vaut aussi pour le personnel soignant qui est moins habitué à ce type de naissance et qui doit gérer le risque avec sa propre perception et connaissance.

J’y ai longtemps pensé pour arriver à la même conclusion que ma sage-femme : oui c’était un bel accouchement et j’ai géré, on a géré, même si je pensais que ce serait moins douloureux que cela ne l’a été.

Pour autant, je m’en suis remise rapidement.

Ces petits moments et phrases marquantes du suivi de grossesse et de l’accouchement 

Avant de terminer ce récit, j’aimerais partager avec vous quelques-uns des moments qui m’ont le plus marquée pendant ma grossesse et mon accouchement et qui pourront peut-être vous aider.

✓ Alors que ma gynécologue m’avait listé tous les rendez-vous médicaux « obligatoires » de suivi de grossesse (test diabète, vaccin coqueluche, prise de sang dépistage trisomie, etc.), ma sage femme m’a rappelée que « rien n’est obligatoire, je choisis le suivi que je veux ! »

✓ Je n’ai fait aucune préparation à des respirations ou autre pour gérer la douleur ou l’expulsion. Ce qui a super bien marché pour moi, c’est P. qui soufflait quand je devais faire pareil et je l’imitais. Ca a mieux marché que n’importe quelle explication.

✓ La sage-femme du bloc m’a rappelé que l’épisiotomie avait été faire pour s’assurer que bébé naisse le plus vite possible et que sa tête ne reste pas coincée. Quand cette cicatrice me déprime, j’y repense. Ce n’était pas une épisiotomie préventive pour éviter une déchirure mais bien pour faciliter la naissance de mon bébé.

✓ J’ai beaucoup aimé que P. reste tout le temps avec nous pendant le travail et l’accouchement. P. et le papa étaient mes piliers. Sans eux, je ne suis pas sûre que j’aurais réussi à gérer toutes les vagues.

✓ Une question me taraudait avant le jour J : comment on s’habille pour l’accouchement ? Moi je portais une culotte en coton (quasi jusqu’au bout du travail), un débardeur et une chemise de nuit par-dessus.

✓ J’ai apprécié que pour les examens du col, je n’ai pas dû me mettre en position gynécologique. J’étais juste couchée, une jambe repliée et l’autre posée sur le côté sur la cuisse de la sage-femme. »

Ophélie

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