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Bonjour et bienvenue chez Naturelle maman !6 octobre 2022

Accouchement de Marie-Paule « 3 bébés, 3 naissances uniques »

Marie-Paule a déjà vécu deux accouchements physiologiques dont un à la maison en plein confinement. Alors qu’elle se préparait à un accouchement à domicile pour son troisième bébé, elle a dû être déclenchée à la maternité. Elle nous raconte tout ce qu’elle a fait pour que la physiologie de son troisième accouchement soit respectée malgré ce déclenchement médicalisé.

« Il y a 4 mois tout juste, le 19 mars dernier, j’ai donné naissance à mon 3ème enfant, Kylan.

Une naissance très différente de mes aînés.

Aujourd’hui je peux dire que j’ai eu 3 bébés, avec 3 naissances totalement uniques.

Mon aînée est arrivée au monde après un déni total durant les 8 premières heures du travail.

J’ai vomi tout le long en pensant qu’il s’agissait d’une indigestion.

J’étais à milles lieues d’imaginer que vomir pouvait faire partie d’un accouchement !

Encore moins que le travail pouvait commencer sans rupture de la poche des eaux. Quelle naïveté !

Malgré ça, j’ai vécu une première naissance douce en filière physiologique à la maternité, sous les soins de notre sage-femme assistée de mon mari et de ma maman.

Mon deuxième est arrivé en plein premier confinement en mai 2020 (lisez le récit du deuxième accouchement de Marie-Paule ici).

Nous avions de nouveau opté pour un accouchement en milieu hospitalier accompagnés par notre sage-femme.

Le fait d’être à l’hôpital rassurait le papa.

Seulement bébé a lu en moi qui paniquait à l’idée d’accoucher à l’hôpital en pleine pandémie.

Il a pointé le bout de son nez à la maison, après seulement 2h et demi de travail.

Je l’ai mis au monde seule, le temps que le papa aille ouvrir à la sage-femme qu’on avait appelée en catastrophe lui expliquant qu’il était trop tard pour se rendre à l’hôpital.

Notre 3ème bébé s’est annoncé tel un cadeau surprise

Comme pour les autres, le suivi de grossesse a été assuré par les sages-femmes.

La différence avec ma grossesse précédente, c’est que nous souhaitions cette fois tous les deux vivre un accouchement à domicile.

Le moment venu (12ème semaine de grossesse), on me demande si je veux faire le test de dépistage de la trisomie 21.

Le résultat tombe, il est positif avec un fort pourcentage d’avoir un bébé trisomique.

Nous sommes sous le choc mais prenons immédiatement la décision de le garder et de continuer cette grossesse.

Rapidement je suis harcelée (c’est bien le cas de le dire) par tout un tas de personnes (surtout mon médecin de famille qui avait reçu copie du résultat) pour effectuer des tests supplémentaires afin de confirmer ce résultat, dont notamment une amniocentèse.

J’avoue que durant des semaines après ce résultat, je fais l’autruche et me sens stressée par la nouvelle.

J’accepte le test sanguin poussé mais refuse catégoriquement l’amniocentese.

Le test s’avère négatif et on m’annonce que le premier résultat était en fait un faux-positif.

C’est le grand soulagement.

Vient ensuite l’échographie morphologique : nouveau stress, le bébé a un poids en dessous du 10ème de percentile.

Mon dossier est transféré à l’hôpital chez une gynécologue-obstétricienne.

C’est un coup de massue mais je comprends la nécessité de ce transfert.

Dès lors, je dois passer des échographies toutes les deux semaines

Aux examens suivants, miracle, bébé a un poids normal et tout va bien.

Je m’en réjouis et ne cesse de demander quand est-ce que mon dossier sera renvoyé chez les sages-femmes.

C’est finalement à la 38eme semaine que la gynécologue donne son accord pour l’accouchement à domicile et que je peux enfin être à nouveau suivi par les sages-femmes.

Cette nouvelle est accueillie avec un grand soulagement !

A 38+2 semaines, j’ai rendez-vous avec ma sage-femme et tout est bon.

Elle me remet le kit pour l’accouchement à domicile, ainsi qu’une liste des choses à avoir.

Nous parlons en détails de la procédure et de l’aménagement de la chambre pour la naissance.

Nous parlons de notre souhait d’être entourés des deux « grands » lors de cette nouvelle naissance.

Nous touchons enfin du bout des doigts notre projet d’accouchement à domicile

Je suis si heureuse d’avoir enfin la possibilité de m’y projeter.

A 38 semaines + 3, vendredi 18 mars, je quitte le boulot à 16 heures pour me rendre à une échographie de routine.

Comme énoncé plus haut, j’en avais toutes les deux semaines.

J’y vais en traînant les pieds car 15 jours auparavant, comme les fois avant, tout allait bien.

Je tombe dans les bouchons et j’ai tant envie d’appeler pour annuler et reprogrammer.

Finalement j’y vais et je suis un quart d’heure en retard.

On m’annonce qu’on ne m’attendait plus mais qu’on va quand même m’examiner.

On m’installe et la radiologue commence l’échographie.

Ses gestes m’avertissent rapidement que quelque chose ne va pas.

Je finis par lui poser la question.

Elle me dit qu’elle doit d’abord parler à mon médecin puis revenir vers moi.

La panique s’installe en moi.

Elle sort de la salle et revient quelques minutes après pour m’annoncer que je dois immédiatement me rendre à la maternité où je suis attendue (immeuble différent, au sein du même hôpital).

Elle m’explique qu’il se trouve que je n’ai presque plus de liquide amniotique.

Je suis très fébrile en marchant pour aller à la maternité

Je me pose mille questions.

J’appelle mon mari pour lui dire ce que je viens d’apprendre.

J’arrive à la maternité, on m’installe dans une chambre et on me met directement sous monitoring.

Je ne comprends pas très bien ce qu’il se passe.

Une gynécologue arrive quelques minutes après et m’annonce qu’on a demandé à ma sage-femme de venir pour me soutenir moralement.

Je ne comprends pas pourquoi et je demande plus de détails.

Elle m’annonce que l’échographie montre que je n’ai plus de liquide amniotique du tout.

Je ne comprends toujours pas ce que cela signifie, ni comment c’est possible.

Je lui dis que la radiologue a parlé plutôt de peu de liquide.

Elle m’explique que c’était sûrement pour ne pas créer la panique en moi mais que les clichés ne montrent aucun liquide.

Elle me demande si j’ai perdu les eaux à un moment donné mais je lui réponds que non.

Je n’ai à aucun moment perdu du liquide. Jamais eu de culotte mouillée.

Alors elle lâche la bombe: « Nous ne pouvons pas vous laisser rentrer, vous allez avoir le bébé. »

Je fonds en larmes. C’est à ce moment qu’arrive ma sage-femme qui m’explique qu’avoir le bébé le plus tôt possible est la meilleure chose à faire.

Je suis inconsolable et dans le déni

Je ne comprends pas ce changement en l’espace de deux semaines surtout que je n’ai eu de perte de liquide à aucun moment.

On m’explique que cela peut être dû aussi au fait que bébé ne fasse plus pipi pour une raison quelconque.

Je suis toujours dans le déni et demande une autre échographie avant de prendre une décision. Il est maintenant 19h.

On m’annonce que la maternité ne dispose de machines aussi efficaces qu’en imagerie, qui est maintenant fermée pour le week-end.

La maternité ne dispose que de simples moniteurs mesurant les battements cardiaques mais qu’ils ne sont pas en mesure d’évaluer le niveau de liquide amniotique.

C’est le choc total pour moi.

Je pleure et je suis en colère.

La sage-femme essaie de me rassurer du mieux qu’elle peut.

La gynécologue est sortie pour nous laisser le temps de réfléchir si on déclenche immédiatement ou si on attend le lendemain.

Elle insiste sur le fait que nous ne savons pas depuis quand il n’y a plus de liquide amniotique et que bien que bébé respire bien d’après le moniteur, il ne faut prendre aucun risque supplémentaire.

J’appelle mon mari qui arrive assez rapidement à l’hôpital accompagné de ma mère.

On leur expose la situation. La sage-femme explique qu’on pourrait opter pour attendre un jour ou deux encore si on le souhaite mais qu’elle ne le recommande pas.

Nous comprenons bien les dangers d’une longue attente et faisons face à l’évidence.

La gynécologue revient dans la salle et nous interroge sur notre décision.

J’annonce alors que je souhaite être déclenchée seulement le lendemain (samedi 19 mars).

Je demande aussi à rentrer à la maison et revenir à l’hôpital après minuit : il est 20h30.

Dépassant d’habitude le terme (41sa+3 la première, 41 sa le deuxième), à 38 sa et prévoyant un accouchement à domicile, je n’avais pas fait de valise de maternité.

J’avais déjà acheté tout le nécessaire, mais le berceau n’est même pas monté.

Je veux rentrer à la maison choisir les draps de berceau moi-même, choisir quoi emporter à la maternité pour bébé et moi.

Je veux surtout me calmer, embrasser mes deux grands et leur expliquer que bébé va arriver plus tôt que prévu.

Je veux aussi me préparer mon cocktail de déclenchement naturel du travail et d’accouchement composé de tisane de feuilles de framboisier, de dattes, de granules homéopathiques, de nourriture très épicée, de gélules d’huile d’onagre et d’huile de ricin…

La gynécologue nous explique que le déclenchement consistera en la pose la perfusion d’ocytocine de synthèse, puis nous laisse aller à la maison. Je l’ai à peine écoutée.

C’est moins agitée que je retourne à l’hôpital en compagnie de mon mari : il est 1h30, samedi 19 mars.

On nous installe dans une salle d’accouchement et rapidement on me connecte au monitoring foetal.

En attendant la gynécologue, je me documente sur les différentes méthodes de déclenchement.

J’avoue que je n’y connais pas grand chose et n’y avais même jamais pensé.

Comme si j’étais convaincue que je ne pourrai jamais me retrouver dans une telle situation.

Je lis sur le net des articles à propos des médicaments, du ballonnet, du décollement des membranes…

Très vite, je comprends que l’ocytocine de synthèse est la dernière chose que je souhaite esssayer.

Quand la gynécologue arrive quelque temps après, je lui demande rapidement si elle peut d’abord procéder à un décollement des membranes.

Elle me le déconseille avec comme argument le fait que je n’ai plus de liquide amniotique.

Je n’ai pas très bien compris le rapport mais je rebondis en demandant alors les médicaments (misoprostol) comme j’avais lu.

Elle me répond qu’il n’y en a pas dans cette maternité.

La panique s’empare alors de moi.

Je demande ensuite s’il est possible qu’on me déclenche avec un ballonnet.

Je suis soulagée d’entendre une réponse positive.

Sa pose n’est pas aussi désagréable que je l’avais imaginée.

Une heure plus tard, le ballonnet tombe.

Je jubile intérieurement car cela veut dire que je suis déjà dilatée entre 3 et 4cm.

Depuis mon installation sur le lit, je bois ma tisane de feuilles de framboisier, prends mes gélules d’huile d’onagre, mange les dattes et suce régulièrement des granules homéopathiques dans l’espoir de déclencher naturellement le travail.

Je m’y accroche comme si ma vie en dépend.

De temps en temps, j’effectue des mouvements de stimulation de mes seins, toujours dans l’espoir de lancer naturellement le travail.

Une fois le ballonnet tombé, l’infirmière de garde reçoit comme instruction de poser la perfusion d’ocytocine de synthèse.

Quand elle revint pour la poser, je refuse catégoriquement.

Ma sage-femme est rentrée chez elle et la gynécologue s’occupe d’une césarienne d’urgence.

A 4h du matin, la gynécologue arrive dans notre salle et me demande pourquoi je refuse.

Je ne sais quoi dire, sinon que je suis angoissée à l’idée des conséquences sur mon bébé, notamment de provoquer un stress chez lui et d’accélérer son rythme cardiaque.

Le moniteur qui capte les battements cardiaques de mon bébé montre qu’ils sont assez réguliers et ça me motive à attendre encore.

La gynécologue m’explique calmement que la situation est assez critique et peut basculer d’un moment à l’autre.

Que le déclenchement est un meilleur dénouement qu’une césarienne d’urgence et se rapproche d’avantage du projet de naissance envisagé, le moins médicalisé possible.

Elle demande ensuite à l’infirmière de réduire de moitié la dose automatique habituelle de la perfusion d’ocytocine.

Cette option me rassure énormément.

A 4h30 du matin, la perfusion d’ocytocine est posée

Je ressens de petites contractions pendant 15 minutes mais rien de douloureux. Je décide alors de dormir un peu.

Les infirmières et la gynécologue de garde font la ronde dans ma chambre sans que cela me réveille pour autant jusqu’à mon réveil à 10h.

Rien n’a changé, pas de contractions et bébé va toujours bien.

J’ai très faim mais l’infirmière qui est là ne veut pas que je mange car pas conseillé si jamais je dois avoir une césarienne.

Je suis en colère car j’ai vraiment très faim.

Je papote avec mon mari et à 14h, aucune progression, je suis impatiente et j’ai surtout extrêmement faim.

Je le supplie d’aller m’acheter à manger, super extra épicé (c’est bon pour déclencher le travail, ça avait marché pour les deux premiers).

Il sort et quand il revient avec, ma sage-femme (qui avait marre d’attendre que les choses se bougent avant de venir à la maternité) vient d’arriver.

Je lui demande un ballon de naissance car je n’en peux plus de rester immobile sur le lit.

Je veux un peu bouger et voir si ça va faire commencer le travail.

Elle m’obtient aussi un moniteur mobile sans fil.

Ça me permet surtout d’oublier que j’ai faim car finalement tout le monde me recommande de ne pas manger avant… Si jamais ça finit en césarienne.

Je peux au moins bouger et circuler dans la chambre

J’alterne avec des mouvements du bassin et des sauts sur le ballon.

Il est 15h30 quand je commence à sentir des contractions assez douloureuses.

Sur l’écran, je peux voir quand elles arrivent et quand elles partent.

Elles sont assez rapprochées dès leur apparition.

Je suis partagée entre la joie que ça commence enfin et la peur de la douleur du travail et sa durée.

Point positif : le moniteur qui me permet de saisir la vague quand elle monte et de souffler quand je la vois descendre.

Je m’arme de courage.

J’ai presque fini tout mon stock de granules homéopathiques et d’huile d’onagre.

Je fais plusieurs tours aux toilettes pour vider ma vessie rapidement remplie par les tasses de tisane de feuilles de framboisier.

Je mange aussi quelques dattes en cachette.

Les contractions piquent de plus en plus et j’ai chaud. Très chaud. Je veux du silence.

Dans ces moments-là, je veux écouter juste ma voix, ma respiration.

Je suis debout, je m’accroche au pôle de la perfusion quand la contraction monte.

J’ai peur de le casser tellement je le serre fort.

Quand la vague passe, je me remets à sautiller sur le ballon de naissance.

Répit de très courte durée mais c’est nécessaire, c’est salutaire.

Vers 16h, la gynécologue du jour entre dans la salle.

On lui dit que ça fait 30 minutes que le travail a commencé.

Elle est contente pour moi et souhaite m’examiner pour savoir à quelle stade de dilatation j’en suis.

Elle m’annonce que je suis déjà à 6cm. Je n’en reviens pas. Je suis aux anges.

Je suis motivée, super motivée.

L’ocytocine naturelle prend le relai.

Elle annonce qu’elle va percer la poche des eaux pour accélérer le travail.

Je suis submergée par des vagues intenses de contractions et j’entends à peine ce qu’elle dit.

Le message finit par arriver au cerveau et je laisse faire car j’ai aussi l’intention de leur dire que j’avais raison, qu’il y avait encore quand même du liquide amniotique.

Je reste convaincue qu’il s’est renfloué même encore dans la nuit.

Une fois que les membranes sont rompues, il ne s’écoule aucun liquide du tout, vraiment rien.

Malgré les contractions encore plus douloureuses et toujours plus serrées, je réalise enfin la chance que j’ai eu d’avoir cette échographie de routine.

Je remercie le ciel et retourne à la réalité : il est 16h20.

La gynécologue est repartie.

La sage-femme, guidée par mes gémissements, comprend vite que le moment de la naissance arrive.

Elle m’implore et me supplie de me lever du ballon et d’ôter ma petite culotte.

Je suis dans un état second

Je lui réponds que je n’ai pas envie de monter sur le lit.

Je veux avoir le bébé debout ou assise.

Je l’entends presque en panique dire qu’elle n’a jamais attrapé de bébés hors du lit, que ça glisse les bébés avec le vernix et tout.

Les contractions m’empêchent de réfléchir de façon cohérente mais je ne veux pas que mon bébé glisse et tombe.

Par un effort surhumain j’arrive à monter sur le lit et me mets à 4 pattes.

Je crie et pleure. Dieu que ça fait mal. Je crie que c’est le dernier vraiment cette fois !

Je sens le bébé passer dans mon bassin, une dernière contraction me fait rougir comme un lion, la tête passe.

J’entends une infirmière entrer en panique disant qu’il fallait attendre la gynécologue.

La sage-femme qui lui répond comment dire à bébé d’attendre  L’infirmière bippe le gynécologue qui est en pleine césarienne.

Par l’interphone, elle donne son aval à la sage-femme pour réceptionner le bébé 

A ce moment-là, dans un dernier effort, je leur demande toutes de se taire, je veux rester concentrer sur moi.

A 16h50, bébé Kylan passe ses épaules et le reste du corps

Je suis haletante et soulagée quand on le pose sur moi.

J’aurai aimé m’être mieux préparée moralement (et avoir d’autres alternatives à l’ocytocine de synthèse) mais je suis reconnaissante envers la gynécologue de garde qui a offert de peu doser la perfusion.

A aucun moment il n’y a eu de détresse fœtale.

Du début à la fin, son rythme cardiaque est resté le même.

Aussi, je ne sais pas si c’est juste une impression, mais j’ai trouvé les contractions sous déclenchement moins douloureuses que les miennes quand elles étaient naturelles.

Il faut noter que mes contractions des premiers accouchements étaient espacées de 2-3min du début à la fin, pas de repos entre deux.

A moins que ce soit l’effet de l’écran du moniteur qui me permettait de me préparer mentalement à l’accueil de la contraction parce que je la voyais monter et que je célébrais chaque descente de la vague quand je voyais la contraction passer. »

Marie-Paule

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